LE CHANT D ATTILA
Dans l'article qui précède, nous avons parlé de l'école pauslaviste du temps de Nicolas. On nous connnunique la traduction d'une pièce qui est à la fois son manifeste et son chant de guerre : c'est une remarquable réponse au beau chant de Déranger :
Fils d'Attila, ton régne recommence !
Et de sa hache il montrait l'Occident !...
C'est une ode adressée aux savants panslavistes Moroschkine et Savelief, et publiée, en 1845, à Saint-Pétersbourg dans le recueil intitulé : Travaux historiques contemporains de MM. Katchenovski, Pogodine, Oustrialof, Polevoï, Boulgarine, Moroschkine, Savelief, etc.
« C'en est fait ; votre pensée s'est fait jour. Votre haut génie est compris. Nulle parole ennemie n'ébranlera vos fortes conclusions.
« Il y eut un temps où la Russie vivait de l'esprit étranger ; mais ce temps est loin de nous; la grande rénovation s'est accomplie. Maintenant, l'idée russe, pleine de vie, dissipant les nuages de l'idée allemande, jaillit comme une source d'eau limpide.
« Il y a longtemps déjà que Dieu a lavé notre gloire des affronts de l'étranger. Les Suédois se souviennent de Poltava, et nos baïonnettes n'ont pas brillé pour une vaine parade sur les remparts d'Ismaïlof.Les Italiens ont vu, dans leurs belles campagnes et sur les cimes altières de leurs monts, le héros qui y passa comme un orage ^. L'Europe connaît la terrible journée de Borodino, et l'incendie de Moscou, et le passage de la Bérézina, et les trois jours de carnage de Leipzig, et la journée de Paris, quia décidé de son sort. L'avenir s'en souviendra ! L'assaut de Praga '
* Souvarof.
2 Le massacre de Praga par Souvarof,