‹ La Russie et l'EuropeChapitre 17 sur 119 · IVAN LE TERRIBLE · texte numérisé non relu

IVAN LE TERRIBLE

tout aussi bien que celui de ses ennemis. Cette popularité n'a rien de commun avec celle du Néron d'Occident, agréable à la populace de Rome parce qu'il lui faisait part des dépouilles des patriciens. A Moscou, ce n'est plus de la corruption, mais du fanatisme, l'adoration de l'autocratie. Ceux que faisait égorger le tsar tendaient parfois la gorge aussi dévotement que les fanatiques indiens vont se faire écraser sous les roues du char de la déesse de la mort.

Il y a dans ce culte de la force quelque chose d'absolument incompréhensible pour l'Europe ^

* Il faut lire dans Karamsine l'étrange récit de la scène jouée par le faux Dmitri, le fils supposé d'Ivan le Terrible, auprès du tombeau de ce monstre de dépravation aussi bien que de férocité :

<r 0 mon père, s'écria Dmitri prosterné devant le tombeau du tsar, ô mon père adoré, par tes saintes prières je suis sauvé et je règne ! »

« Et le peuple pleura et dit : C'est le vrai Dmitri ! »

Histoire de Russie, t. XI, p. 280.

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