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CHAPITRE III

DES DEUX IVANS A 60BIESKI. — LA POLOGNE, LA MOSCOVIE ET LES COeAQUES.

Après avoir détruit les républiques slaves du Nord, le tsarisme moscovite poursuivit sa voie de concentration formidable, qui fait de tout un peuple une machine à millions de bras dirigée par la volonté arbitraire d'une seule tête. Ivan le Terrible entretint jusqu'à trois cent mille soldats. La disposition de cette immense force aveugle semblait assurer aux tsars des avantages décisifs non-seulement sur les Tartares divisés et déchus, mais sur des peuples tels que les Polonais et les Lithuaniens; les premiers, démocratie nobiliaire d'une liberté si peu organisée; les seconds dominés par une oligarchie de magnats ; les uns et les autres sans armée permanente.

De la fin du quinzième siècle jusqu'après le milieu du seizième, la Moscovie, en effet, déborde dans tous les sens : elle assujettit toutes les tribus finnoises et tartares jusqu'aux monts Ourals et jusqu'aux bouches du Volga, puis étend ses envahissements par delà ces montagnes et par delà ce fleuve; elle conquiert Kazan (1555), Astrakhan (1554), la Sibérie occidentale (1555).

Bien avant ces conquêtes d'Ivan le Terrible sur les Tartares, son aïeul Ivan III, vainqueur de Novgorod, avait entamé la Lithuanie (1492-1499). Partie par force, partie par séduction, en exploitant les dissensions religieuses du rite

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