SOLUTION
des cùles de l'Allemagne et son avant-garde maritime.
L'animosité actuelle de l'Allemand contre le Scandinave, le plus pur type de la famille teutonique, cet emportement aveugle, excité par tant de perfides manœuvres et de passions réactionnaires, est contre nature et doit tomber devant la raison publique et le retour aux affinités naturelles.
Détruire la Scandinavie serait, pour l'Allemagne, la répétition du crime et de la folie qui ont détruit la Pologne. A l'Allemagne, non de renouveler le vieux crime, mais de le réparer.
Entre la région danubienne et la Scandinavie, sur la frontière orientale de l'Allemagne, nous voici revenus à notre point de départ, à la question décisive, à la Pologne.
Quel voisin vaut mieux pour l'Allemagne, de l'empire de Russie grandissant incessamment sans obstacle, ou de la Pologne reconstituée?
C'est à la démocratie allemande de répondre.
Depuis qu'il n'y a plus de Pologne, depuis que l'Europe a perdu la frontière du Dnieper et de la Duna, « il n'y a plus de frontière véritable que la ligne des Karpathes, continuée par l'Ei'zgebirge et aboutissant par l'Elbe à la mer du Nord^ »
A l'Allemagne de voir s'il lui convient que l'empire des tsars atteigne quelque jour cette frontière naturelle.
» V. ci-dessus, p. 19-20.
La lointaine utopie de la Fédération européenne sera une réalité le jour où la France et l'Allemagne seront réconciliées :
Le jour où l'Allemagne brisera le pacte de ses princes avec l'EiSNEMi de l'Europe et donnera les mains à une réaction radicale contre les faits prétendus accomplis en Pologne depuis un siècle.
Il n'y a de faits réellement accomplis que ceux qui ont constitué un ordre nouveau à la place de l'ancienne condition des choses.
Or, les faits qui se sont passés en Pologne, depuis 1772, n'ont constitué qu'un désordre croissant: de période en période, l'occupation moscovite en Pologne est devenue une violation plus éclatante des principes de notre civilisation, une perturbation plus profonde de l'Europe, une menace plus prochaine pour la société européenne tout entière; commencée par la destruction du droit de nationalité, elle aboutit à la destruction du droit de propriété '.Bien plus que
' Depuis que nous avons écrit le premier chapitre de notre deuxième parlie, sur l'état actuel de la Pologne, ont paru les oukases d'expropriation qui divisent les propriétaires polonais et catholiques de neuf grandes provinces, c'est-à-dire les neuf dixièmes des propriétaires n'appartenant pas à la classe des paysans, en deux catégories; la première, forcée de vendre ses biens, dans l'espace de deux ans, à des acquéreurs russes (moscovites) ; la seconde, autorisée à garder ses biens, mais avec interdiction de les vendre ni les hy-