POLOGNE NOUVELLE
la protestation de l'État organisé et arméde Pologne en 1 850, la protestation du gouvernement sans armée, sans places fortes, sans résidence, sans feu ni lieu et sans noni, obéi de toute une société durant dix-huit mois, a été décisive, en 1865, contre les faits prétendus accomplis et a montré qu'une nation en puissance, qu'un ordre latent existait sous le désordre régnant.
C'est cet ordre latent que l'Europe devra dégager par le fer et mettre au jour, à moins qu'elle n'accepte le testament de Pierre le Grand, c'est-à-dire sa propre déchéance. Que devra être cet ordre nouveau?
Il a dessiné lui-même ses principaux traits durant son effort héroïque pour se produire au dehors.
1° Démocratie, impulsion insurrectionnelle donnée par les classes démocratiques, petits nobles, bourgeois et artisans, en dehors de l'aristocratie, qui ne s'est ralliée que plus tard au mouvement. Propriété conférée aux paysans. 2° Liberté et égalité religieuse : association fraternelle des ministres des cultes divers lors des premiers mouvements à Varsovie et ailleurs. Rejet de l'esprit jésuitique, ce fléau de l'ancienne Pologne.
5" Individualité : âme de l'ancienne Pologne transmise à la nouvelle : sa raison d'être en face du communisme et du despotisme asiatiques.
4" Fédéralisme à un degré et sous une forme quelconques. Etat polono-lithuano-ruthène '.
pothécpier à d'autres qu'à des Russes. Ainsi, des propriétaires, les uns sont dépouillés de leurs terres; les autres, encliaînés à la glèbe de leurs terres, sans en pouvoir disposer qu'au profit de leurs ennemis. Une troisième catégorie, dont les oukases ne parlent pas, est celle des biens purement et simplement confisqués : ceux-là, on les livre à vil prix, aux tchinovniks. D'après le Golos, il y a eu 57 grandes propriétés confisquées et 97 séquestrées dans la seule province de Kovno.
* Le Comité central a décrété et décrète .
« La garantie aux nations sœurs de Lithuanio et de Rutliénie .
Ils sont montés, eux aussi, les chefs de la Pologne nouvelle, sur le gibet de John Brown, le glorieux précurseur; mais leur entreprise leur survit tout entière , et ce sera leur éternel honneur devant l'histoire que, si l'Europe agit enfin, en d'autres termes, s'il subsiste une Europe, elle ne pourra rien faire d'autre pour leur patrie, que ce qu'ils ont voulu faire; ils ont été prophètes aussi bien que martyrs.
Tl n'y a pas, pour la Pologne, deux manières de renaître, et il n'y a pas, pour l'Europe, deux" manières de faire la guerre de Pologne. Si cette guerre se fait, elle sera plus qu'une guerre politique : elle sera une guerre de race et de civilisation et une guerre sociale. Elle sera ce que la font d'avance les Moscovites. Ils travaillent à extirper, de cette portion de la terre d'Europe qu'ils ont conquise, la race et la société européenne. L'Europe devra nécessairement répondre en rejetant sur la Moscovie les éléments moscovites introduits à l'occident du Dnieper depuis la conquête. Il est bon que les intrus auxquels le gouvernement usurpateur livre les propriétés confisquées ou vendues par force,ne dorment pas tout à fait tranquilles sur l'oreiller des victimes égorgées, déportées ou expulsées de leur terre natale, et qu'ils sachent bien que, si jamais l'Europe recouvre et à quelque époque que l'Europe recouvre ces provinces, il ne peut y avoir pour eux ni prescription ni transaction. Si , par impossible, il n'y avait plus un Polonais en Pologne, il faudrait la repeupler avec des Européens.
Mais, en face des intrus et des tchinovniks, il restera toujours des paysans polonais, lithuaniens, ruthènes en Pologne, antipathiques d'instinct au Mos/m/: ceux-là seront les
réunies à la Pologne, du développement le plus étendu de leur nationalité et de leur langue. »
Proclamation du 10 mai 1805; voy. Affaires de Pologne, etc ; Paris, décembre 1863; page 51.