LES ARYAS EUROPEENS
On fera peut-être, au nom de l'anthropologie, des objections à la théorie de notre introduction sur l'unité aryenne de l'Europe. Dans les .débris de l'humanité piimitive ou très-antique qui commencent à se nuiltiplier sous la pioche et le marteau infatigables des explorateurs, l'anthropologie constate des types divers, d'où elle déduit l'existence en Europe de races antéiieures à la famille aryenne. Les anthropologues inclinent assez communément à croire que ces races ont dû subsister et se mêler, dans une proportion quelconque, aux immigrants aryens. Nous pensons qu'il y aurait des distinctions à établir : que les hommes inconnus du premier âge de pierre (le monde de M. Boucher de Perthes), séparés de nous par des temps incommensurables, ont pu disparaître entièrement par suite de profondes modifications climatériques; que les hommes de ce qu'on appelle maintenant l'âge du renne, contemporains chez nous d'une période glaciaire et marquant, pour ainsi dire, la préface de l'histoire, appartenaient aux branches touranienncs de l'extrême Nord ; que ces tribus de Lapons et de Sarooyèdesj dont on trouve les vestiges dans certaines de nos cavernes avaient reculé, antérieurement à l'arrivée des Celtes, devant les peuples ibériens, venus du Sud à une époque très-ancienne et peut-être contemporaine de l'adoucissement de la tempe-
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rature en Europe; qu'enfin, les Ibères, sur le plus ou moins large développement desquels les historiens sont en débat, furent, à leur tour, refoulés par les Celtes et se mélangèrent plus ou moins avec eux. Ceci est certain pour le Sud-Ouest de l'Europe et pour une partie de l'Italie, et possible, dans une proportion quelconque, pour l'ensemble de la Gaule et les lies Britanniques.
Ceci regarde l'ouest de l'Europe : au sud-est, en Grèce certainement et peut-être jusqu'en Italie, les traditions laissent entrevoir, avant les Aryas, la présence de cette race chamitique que les Grecs qualifiaient d'éthiopienne ou de céphéne.
Nous ne nions donc point qu'il ait existé, en Europe, avant les Aryas, deux éléments différents, le touranien et le chamitique ; mais tout indique qu'ils étaient peu considérables, qu'ils ont disparu ou ont été entièrement absorbés dès les âges les plus antiques.
Quant aux Ibères, beaucoup plus importants en Occident, nous ne pouvons nous résoudre à les considérer comme étrangers à la race aryenne, et nous aimons à nous retrouver d'accord, sur ce terrain, avec M. Vivien de Saint-Martin : nous penchons à voir en eux des Aryas détachés, les premiers de tous, de la souche commune, tout en admettant la probabilité de leur mélange avec des éléments chamitiques, sémitiques et peutêtre d'autres encore, bien antérieurement aux expéditions phéniciennes.
En tout cas, les Ibères n'ayant conservé leur caractère original que dans les pays du Midi, où le mélange des Celtes les a modifiés, mais non point absorbés, il en résulte que l'élément aryen incontestable, le celtique, a eu tout à fait la prépondérance sur le douteux, l'ibérique, dans la Gaule et les Iles Britanniques, et qu'on ne pourrait disputer, jusqu'à un certain point, à l'unité aryenne, que l'Espagne et quelques provinces francoitaliennes, riveraines de la Méditerranée, ce qui, du reste, n'est pas notre sentiment.
SUR LES NOMS DIVERS ET SUR LES RELATIONS COMMERCIALES DES ANCIENS FINNOIS MOSCOVITES.
Il y a une rivière appelée Mokscha dans le gouvernement de Penza, une des provinces de la Moscovie orientale. Les riverains portent le même nom que la rivière : Mokscha, au pluriel Mokschad. Pallas [Voyages, t. II, page 1*22), dit que ce nom désigne dans leur langue (finnoise) toute la race mordvane.
Mokscha n'est qu'une variante de Moskva , le nom d'une autre rivière bien plus fameuse et de la capitale qu'elle arrose ^ Les Mokschad sont le même peuple que les Moski ouMaski du Volga, connus dès le sixième siècle, et dont le nom se trouve également écrit Mokscha. On donne encore aujourd'hui à ceux des Grands- Russes de l'ancienne Souzdalie qui ont gardé quelques parties du vocabulaire finnois le nom de Maski. La variante de l'o et de l'a dans ce nom provient de ce que les Finnois changent l'o en a. Moski se pi-ononce Maski : Moskva (Moscou) Maskva.
Les Mokschad ou Moscovites qui vivent sur la Mokscha de Penza ont la même oiigine que les Moscovites qui habitent les bords de la Moskva de Moscou.
Les uns et les autres sont identiques aux anciens Méra, Merd, Mord, Mordva, le nom de Mokscha, comme l'a dit Pallas, désignant toute la race mordvane.
Au sixième siècle, Jornandès, l'historien des Goths, connaît déjà la double forme Méra et Mordva. 11 appelle ces peuples Mereni et Merdeni. Parmi les dialectes finnois, les uns intercalent la lettre d, les autres, non ; d'où la différence de Méra et Merd ou Mord. Le v de Mordva est aussi une lettre d'inlercalation, ainsi que le v de Moskva; Méra-Mordva; Moska- Moskva.
Les peuples ouraliens ou finnois de la Grande-Russie actuelle,
1 Nous appelons la rivière Moskowa et. la ville Moscou.