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MOSCOVITES PRIMITIFS

Au huitième siècle, les caravanes qui venaient des pays soumis aux Arabes poussaient jusqu'au Volga, et, de là, au noi"d, jusqu'à Bolgar, la cité des Bulgares Noirs, qu'a remplacée Kazan ; puis le commerce passait, par les Bulgares, à leurs voisins les Mokscliad ou Maski, qualifiés de Bourtas par les historiens arabes, qui n'ignorent pas cependant le nom de Mokscha. Les Bulgares, convertis à l'islamisme, propagèrent cette religion parmi les Mokschad des bords de la Soura, de la Mokscha, de l'Oka.

« Au commencement du neuvième siècle (un demi -siècle avant la venue des Varègues), reprend le journal russe, dans l'étendue de la Russie actuelle, existaient deux alliances commerciales ; celle d'Orient formée par les Bulgares , les Mordva et une partie des Vès ; celle d'Occident formée desVès, des Méra, des Slaves Xovgorodiens, des Slaves-Krivitches et des Tchoudes (Finnois proprement dits)^. Ces deux associations se touchaient dans le pays des Vès et aux sources du Volga.

« Les richesses des Finnois et des Slaves, résultat du développement du commerce, attirèrent les regards des Normands (Varégues-Russes), qui, depuis longtemps, traversaient les contrées habitées par ces peuples en allant à Constantinople. Dans la seconde moitié du neuvième siècle, d'après le témoignage de la chronique, ils firent une invasion sur le territoire de l'alliance slavo-finnoise, mais ils en furent bientôt chassés. L'anarchie qu

suivit décida les peuples alliés à louer lesserviccs des

Varègues, comme on les louait à Constantinople. Les Russes Scandinaves, parmi lesquels furent élus nos premiers princes, furent appelés par les tribus finnoises et notamment par les Finnois ou Tchoudes proprement dits, qui avaient des rapports directs avec les Varègues^. »

Cette analyse des travaux d'un savant moscovite, travaux conduits par une solide méthode historique, suffirait, indépendamment du grand témoignage de Nestor, à renverser l'hypothèse arbitraire d'une Russie déserte, qu'auraient peuplée des

' Les Mordva, les Méra, les Tchoudes, étaient tous Finnois, elles Bulgares étaient une braiicbe touranienne qui semble intermédiaire entre les Finnois et les Turcs.

- Les Tchoudes occupaient là côte de la Baltique, au nord des Lithuaniens;

colons slaves, faisant disparaître devant eux quelques sauvages

épars dans les forêts.

Ajoutons à ces notions sur les anciens Finnois que le nom du peuple des Vès, qui signifie blancs dans leur langue, se retrouve dans Yésiegonsk (gouvernement deTver), et dans le nom de la ville qui s'appelait en finnois Yessé-Yevoï avant de s'appeler en slave Bielozersk, le second de ces noms n'étant que la traduction de l'autre : la ville du Lac-Blanc. Vessé-Yevoi était la cité des Yès : Rostof celle des Méra ; Mouroma , celle du peuple de même nom. Le nom de Souzdal appartient également aux Finnois.

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