‹ La Russie et l'EuropeChapitre 92 sur 119 · LE LIVRE DU MILLEMUM · texte numérisé non relu

LE LIVRE DU MILLEMUM

En 1862, à l'occasion du millième anniversaire de la prétendue fondation de l'Empire de Russie par Rurik, a été décrétée l'érection d'un monument commémoratif à Novgorod, et publiée à Saint-Pétersbourg une DescrijHion etimographique des peuples de la Russie, par F. de Pauly, membre de la Société impériale géographique de Russie, avec le concours de MM. d'Erckert, Baër, Ritter,Kœppen, Kounik,Widerman,Brosset, Lerch, les savants les plus distingués de l'Empire. Quelques citations de ce livre nous paraissent offrir de l'intérêt, comme constatation ou de faits ou de points de vue.

« Page 4, — « La séparation des Slaves en Slaves de l'Est et Slaves de l'Ouest se manifeste principalement par l'antagonisme de Moscou contre laLithuanie.

« Le monde slave appartient à l'Europe, mais il forme l'élé-

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nient transitoire du monde européen au monde asiatique, essentiellement représenté parles tribus slaves de l'Est, c'est-à-dire par les Russes, et, chez ceux-ci, par leur tribu orientale et principale, les Russes proprement dits ou Russes de la Grande- Russie.

« C'est ainsi que les Slaves forment l'Orient européen : les Russes, l'Orient slave, et les Russes de la Grande-Russie, l'Orient russe. Ces véritables Russes trouvent, dans les Petits-Russes et les Russes-Blancs, un élément de tiansition aux Slaves de l'Ouest. »

Ainsi, d'après les savants de Saint-Pétersbourg, les Moscovites sont Slaves, mais les moins européens des Slaves, et c'est l'élément représentant l'Asie parmi les Slaves, qui doit dominer sur les éléments représentant l'Europe.

Les auteurs comptent, d'après les langues, 55 millions de Grands-Russes, 15 millions de Petits-Russes, dont 3 millions en dehors de l'Empire russe (dans l'Empire autrichien), et 7) millions de Russes-Blancs.

Page 5. — « Le tsar est le père naturel, légitime et absolu de toute la nation russe, et, en même temps, le chef suprême de l'Eglise. Son pouvoir est illimité sur le peuple russe : l'obéissance de ce peuple aux volontés du tsar est absolue ; la grâce ou la défaveur du tsar exerce sur sr-s sujets une influence sans bornes; c'est i,\ le rRiNciPE russe «.

« Il y a six nationalités russes: 1° Celle des Polanes du Dnieper. Ils perdirent leur nom par suite de la domination des Russes- Varagues (Varègues), tandis que le même nom de Polanes a continué de désigner les Slaves de la Vistule, qui comptaient aussi parmi eux une tribu nommé Polane. »

Nous ferons remarquer que le nom de Polanes n'a disparu que très-tard sur le Dnieper. On continuait de l'employer au seizième siècle, d'api es M. Maximovitch , professeur à l'université russe de Kief . On l'a employé plus lard encore.

(' 2' La nationalité des Sévériens et des Radimitches*.

(I Z" La nationalité des Grands-Russes dans les pays de Souz-

' Ancêtres des l'eiils-Russcs de la rive orientale du Dnieper.

dal et de Razan (Riaizan), procédant des Viatitches et des colons noYgorodiens.

« 4» La nationalité des Krivitches ;

<i 5° Celle des INovgorodiens, etc.;

« 6° Celle des Polotchans (pays de Polotzk.) »

La nécessité de maintenir que les Grands-Russes sont Slaves oblige les auteurs à écarter du berceau de cette nationalité les populations finnoises, c'est-à-dire vraiment moscovites, pour ne rattacber ses origines qu'aux colons novgorodiens, élément numériquement bien faible en Moscovie, et aux Viatitches, ancien peuple qui, d'après les solides considérations historiques de Muller, de Scblôtzer et d'aytres savants éminents, n'était pas slave, et, dans tous les cas, n'occupait que les gouvernements de Koursk, d'Orel, de Kalouga et de Toula, et ne s'est jamais étendu plus loin au Nord.

Les Krivitches, les Novgorodiens et les Polotchans peuvent être considérés comme ne faisant primitivement qu'un même groupe.

Page 100. — « La langue polonaise a exercé, à l'Est et au Sud, sur la langue russe, sa voisine, une influence qui est tréssensible dans le langage des Russes de la Russic-Rlanche. Le caractère de la langue des Petits-Russiens, dialecte slave demeuré assez en dehors de l'influence étrangère, rappelle fortement le polonais, qui en diffère plutôt par la forme que par le fond.

« Tandis que, cliez les Russes, les facultés intellectuelles paraissent assez uniformément réparties, il en est autrement chez leurs frères les Petits-Russes, où les uns sont doués de beaucoup d'intelligence, pendant que les autres en sont presque entièrement dépourvus. »

Nous avons déjà fait observer que l'uniformité est un des caractères des peuples touraniens, et la variété, au contraire, un des caractères des peuples aryens.

Les auteurs, comme M. de llaxthausen, distinguent, des Petits* Russes de la rive orientale du Dnieper, les paysans des gouvernements de Kief, de Podolie, de Volhynie, ceux de la Gallicie orientale, ainsi que les paysans de dialecte russien qui se rencontrent dans le nord-est de la Hongrie et dans la partie orientale et

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