IV. SI
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guère compter sur les sympathies d'un triumvirat essen-* tiellement intéressé. Toulelois, la princesse Irina, quoique rêlég[uée au second plan, pouvait lui ménag^er accès dans cette sphère, et, au besoin, le couvrir de sa protection. D'ailleurs, les catholiques d'orig^ine étrang^ère jouissaient encore de la liberté confessionnelle dans la même mesure que sous Pierre V\ Réformés et Capucins étalaient leur bure dans les capitales et vaquaient sans entraves à leurs ■lîaistères.
Tout autre était la condition des orthodoxes qui passaient au catholicisme. Quelque flottante que fût à leur é|^ard la législation pénale, on inclinait quand même A en faire des criminels d'Étal. Un incident récent avait pro^ voqué de nouvelles mesures répressives contre ce qu'on est convenu d^appeler le prosélytisme romain etcontreses «gents. Voici le fait. Plusieurs habitants de Smolensk avaient embrassé la foi catholique. Un d'entre eux s'était réfugié en Pologne pour s'y faire ordonner prêtre. Le mouvement menaçaitde s'accroUre. Sur le rapport qu'en fit le générnl-major Potemkine, le suprême conseil secret releva de ses (onctions Philolliée, évéque de Smolensk, ordonna l'érection d'une école dans cette ville, et fit amener les convertis a Moscou. Condamnés d'abord à l'exil et à la perte de leurs biens, les mnllieureux furent presque aussitôt grariés, en septembre 1728, et gardés à vue par pure préciuilion. On mit plus d insistance àdésar^ mer la propagande catholique. Le nouvel évè(|ue Gédéoa proposa des mesures préventives qui furent sanctionnées p9r le conseil secret, et dont voici le résumé :
o Ordonner .«tous peines rigoureuses aux officiers et dragons de garde sur les frontières qu'ils ne laissent pas les prêtres romains passer de Pologne et de Lithuanie en Russie, ni la noblesse de Smolensk passer la frontière
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sans permis et passeport. Si quelque prêtre arrive pour ses affaires privées, le gouverneur doit en être prévenu, et, à son tour, il avertit Tévéque. Un terme sera fixé, à Téchéance duquel le prêtre sera tenu d'avoir régulé ses affaires, et il s'engag^era par écrit à ne pas confesser les Busses, à ne pas leur donner TEucharistie d'après le rite romain, à ne pas les attirer à sa foi par des raisonnements quelconques, à ne pas fréquenter leurs maisons soit en secret, soit publiquement, à ne pas porter d'autre costume que le costume ordinaire des prêtres.
tt Défendre à toute la noblesse de Smolensk, sous peines graves, d'avoir des relations secrètes ou publiques arec les prêtres romains, de les recevoir dans leurs maisons, d'aller se confesser chez eux et de prêter l'oreille à leurs persuasions. Les délinquants, prêtres et nobles, seront arrêtés, garrottés et envoyés immédiatement au sénat. Le sénat les interroge tous avec une égale rigueur, et fait immédiatement son rapport au conseil suprême.
« La noblesse de Smolensk ne laissera point ses enfants étudier à l'étranger, en Lithuanie ou ailleurs. Elle les enverra dans les écoles de Smolensk, de Moscou et de Kiev. Si quelqu'un, après avoir achevé les cours des écoles russes, désire visiter d'autres pays, il donnera caution et prêtera serment de ne pas se fixer à l'étranger, de ne pas trahir la religion du rite grec, de ne prendre service nulle part, ni chez personne, contre l'empire de Russie. La noblesse de Smolensk ne tiendra pas dans ses maisons de maîtres ou inspecteurs romains pour l'instruction des enfants ou des parents, mais elle prendra des inspecteurs parmi les sujets russes qui professent la foi grecque. Que s'il ne s'en trouve pas, l'on pourra, en cas de nécessité, en faire venir de l'étranger, pourvu qu'ils soient de religion orthodoxe du rite grec et munis d'un. attestât de
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Févéque. Mais, si les inspecteurs russes sont en nombre , suffisant, on ne prendra personne de Tétranger, de peur que des prêtres de foi romaine ne se fassent passer pour des orthodoxes.
« Si des demoiselles ou des veuves de foi romaine d*au delà de la frontière polonaise veulent se marier à des nobles de Smolensk, on pourra les y autoriser^ pourvu qu'elles embrassent la religion orthodoxe du rite grec; mais les nobles de Smolensk ne pourront pas marier leurs filles et leurs parentes, en pays étranger, à des catholiques ou à des unis.
a Si des nobles de Smolensk désirent se faire moines à • Tàge réglementaire, ou si, revenant de l'étranger après y avoir été ordonnés prêtres, ils veulent être moines ou frères con vers dans la foi grecque, on les recevra et on en informera le synode. Des écoles seront érigées à Smolensk, non loin du monastère de la ville. Les professeurs, conformément aux oukazes du synode, seront pris dans les monastères de Kiev et les écoles de Moscou. L'on enseignera le latin, le français et l'allemand, et à ceux qui se destinent au sacerdoce aussi le grec '. »
Le résumé de ce document n'a pas été reproduit sans motif : malgré son caractère local et ses origines fortuites, il peint à merveille l'attitude du gouvernement à l'égard des convertis. Nul doute que, pour parvenir au régime de liberté, il n'y eût encore du chemin à faire. Cependant l'exclusivisme officiel était en pratique tempéré par un correctif dont la polémique religieuse nous a gardé le souvenir.
Dans les dernières années du règne de Pierre T', la fraction cléricale en faveur était celle qui partageait les
' SoLOviBV, u IV, col. liOl.