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chancellerie secrète, et jty ^-m^ in^ ^nformA rlnnc }u fortèic resse, où un terrible, maUneiur. vint le frapjper deus^^oms^ après. Accusé de crimes très graves : lèse-itiajesté, cor-: respondance avec Rècfailov, parjure devant les tribunaux; il fut dégradé et condamné à la réclusion dans la forteresse de Wybourg. Un sous-officier avec six soldats devaient le suryciller nuit et jour. Il avait défense de communiquer avec qui que ce fût. Ni encre, ni papier ne pénétraient dans son cachot. Réduit à ce misérable êtaty Tarchevéque de Tver était assez à plaindre, mais Tinfor-t tune s'acharnait' contre lui. Nouvelle dénoùciàtîon, en 1739, de la part d^un de ses diacres. Oh le rappelle à Pétersbourg, on le traîne devant les tribunaux, et il passe encore de tristes jours au fond des casemates. Son acquit-r tement ne fut prononcé, et les insignes de ses dignités ne lui furent rendus qu'en 1740. La princesse Elisabeth,* alors déjà bien près du trône, vint le voir et demanda s'il la reconnaissait. « Je sais, répondit le vieillard, que tu es une étincelle de Pierre le Grand, o Les épreuves qu'il avait traversées et les maladies contractées abrégèrent ses jours de tardive liberté. Il mourut 1^ 6 inai 174l> et son nom fut inscrit dans les dyptiques de Tver.
Un sort également triste attendait rarchimandrite Golettî. Au cours de l'enquête Lopatinski^ le nom de Liria ayant été prononcé, Théophane se rappela fort à propos qu^en lui faisant ses adieux le noble duc lui avait parlé d'une lettre papale sur l'union des Églises. Une lumière soudaine se fit alors dans l'esprit de l'enquêteur : Tamba»sade d*Espagne n'aurait-elle pas encouragé sous main le; pamphlétaire? Il se livrait assidûment à ces combinaisons, lorsque le Responsum de Ribera, tombant entre ses mains,: renforça ses- plus hardies hypothèses. Goletti avait commis; l'imprudence de prêter le volume à un faux frère qui
s'était empressé de le passer â Théophane. Ce fut Torigrine de ses nouveaux malheurs. Déjà un haineux compatriote, sur le seuil lui-même du cachot, Tavait dénoncé comme suspect d e cath olicis me, pour avoir prié à g[enoux en croisant les mains sur la poitrine, vénéré les images latines, l^sité sûr la question du Filioguç, et pourvu de notes malsonnantes une récente édition grecque du Nouveau Testament. 11 était surpris maintenant en flagrant délit de détention et de propagande d'un livre d&ngcxeiUL Une i&cheuse présomption en résultait contre lui. En conséquence, le 10 août 1732, ses papiers furent saisis, luimême fut livré à la justice. On n'eut pas de peine à découvrir qu'il avait échangé des visites avec l'ambassadeur d'Espagne, entretenu avec lui une correspondance secrète, surveillé la traduction du livre de Ribera : autant de crimes irrémissibles aux yeux de Théophane. Une double série de soupçons, les uns politiques, les autres religieux, naissent alors dans son cerveau d'inquisiteur. Il les creuse à fond, et il les communique à l'Impératrice. Le duc de Liria et son aumônier, écrit-il, rompaient des lances en faveur du Prétendant. N'auraient-ils pas cherché à gagner la Russie à la cause des Stuarts, et la brouille avec l'Angleterre n'en aurait-elle pas été la conséquence inévitable? Quant au livre de Ribera, Théophane le tient pour une arme à deux tranchants, car les éloges du clergé russe s'y mêlent aux reproches qui lui sont adressés, et c'est avec une arrière-pensée évidente de prosélytisme qu'on le fait passer pour latinisant. L'archevêque de Novgorod en conclut que Goletti devait être un espion au service du duc de Liria et de Ribera, un ennemi de la Russie et de l'Église orthodoxe, et sur la tête du coupable il appelle les vengeances impériales. Son désir ne fut que trop bien exaucé. £n 1734, Goletti se vit privé de ses
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dignités, ses fonctions d'archimandrite et de membre du synode passèrent à d'autres. Bientôt la chancellerie secrète exigea sa dégradation. D'ordinaire, la torture Tenait après. Le malheureux y fut soumis, en effet. On voulait lui arracher des aveux qull semblait n'avoir pas encore faits. Les détails ultérieurs du procès nous manquent. D'après le journal de la forteresse où il était interné^ Goletti y mourut à la fin de 1.738 ou, au commencement de 1739. Bref renseignement qui ne dit rien des souffrances et des tourments que dut endurer le pauvre prisonnier.
Tbéophane avait devancé ses victimes dans la tombe. Il^xpira le 8 septembre 1736, à l'âge de cinquante-cinq ans, avant d'avoir terminé ses multiples enquêtes, sans en avoir fait jaillir la pleine lumière. Des tracas policiers remplissent les dernières années de son existence. Entouré d'honneurs, comblé de richesses, connu des savants, con* suite par les hommes d'État, chargé des affaires d'Église, il préFéra se dépenser en mesquines rancunes personnelles, à la poursuite d'un complot imaginaire. La vérité est que les orthodoxes, fidèles à leur Église, avaient ses doctrines en horreur et réprouvaient son genre de vie.
Ni la Sorbonne, ni les Jansénistes, on s'en doute bien, ne se souciaient de renseigner le Saint-Siège sur leurs tentatives d'apostolat en Russie. Les successeurs immédiats de Clément XI ne semblent pas non plus avoir attaché autant d'importance que lui aux affaires du Nord. Il est vrai que les circonstances ne s'y prêtaient guère. L'héri-
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iage de Pierre le Grand était lourd à porter, et aucun de ses héritiers n'a eu, avant Catherine H, assez de génie et de force pour s'acquitter dignement de sa mission. Les hommes qui détenaient le pouvoir, au nom des empereurs incfipables ou des impératrices frivoles, n'avaient pas le sens politique assez développé pour apprécier les bons rap-» ports aveode Saint-Siège. Ils étaient, d'ailleurs, absorbés par les difficultés sans cesse renaissantes à l'intérieur, au Vatican on ne parle plus de diplôme spécial pour les catholiques; l'idée même d'une nonciature à Pétersbourg est abandonnée. Il n'y a guère que les dUettanti en diplomatie qui font encore des projets pour la conversion des pays du Nord. Le baron de Bruggen est de ce nombre» mais sa voix ne pénètre pas au loin, et son mémoire reste enseveli dans les bureaux romains ^
A mesure que se ralentit l'activité de la secrétairerie d'État, celle de la Propagande redouble. C'est de son autorité que relèvent les Réformés de Pétersbourg et les Capucins de Moscou. Elle s'intéresse à leur sort, leur donne dès subventions et leur envoie des ordres. Les fils de saint François travaillent avec persévérance et non sans succès. Parmi les Réformés, on remarque le P. Antoine Bruckenthal, d'origine tchèque» ancien aide de camp de Menchikov, religieux exemplaire et généralement estimé. Mais, comme du temps de Pierre I", Réformés et Capucins ont de la peine à vivre en paix côte à côte. Il y a des fîrot* tements et des dissensions qui permettent au synode d'intervenir en vue du rétablissement de la concorde. Toutefois^ en dernier appel, c'est toujours à la Propagande que l'on s'adresse, et même en temps ordinaire, lorsque rien ne trouble l'entente mutuelle, on lui fait parveniir
' Archive» de la Propagande, Scritt. rif\, t. V.