XVIII INTRODUCTION
ques conquêtes. Les anciennes relations avec Rome furent interrompues brusquement, et jamais il ne consentit à Ie& renouer.
Quelque chose d'analogue se passait à la même époque en Lithuanie, État encore en formation aux dépens de ses Toisins et surtout des Russes. Mindovg se mit à la tête de cette nation belliqueuse. Homme de fer, il savait, au besoin, se plier aux circonstances pour en tirer parti* Recourant tour à tour à la force et à la ruse, il conquit des provinces avec son sabre et, dans un moment donné, accepta le baptême. Les chevaliers Porte-glaives y virent un gage d'amitié et d'alliance; ils obtinrent pour Mindovg la couronne royale, et, en 1251, elle fut posée sur sa tête, au nom du Pape, par Tévêque de Gulm. Le diadème ne changea pas la nature du barbare : lorsque ses intérêts l'exigèrent, il n'hésita point à reprendre les armes contre les alliés de la veille, et à renier sa foi en retournant aux idoles. D'autres princes étaient destinés à devenir, dans ces régions lointaines, les hérauts du christianisme et à jeter dans la vie des Slaves un problème formidable. Un jour, la Lithuanie avec ses Russes orthodoxes se réunira à la Pologne catholique. De quelle manière des élémentssi hétérogènes pourront-ils se fusionner dans une unité compacte et forte? Longtemps à Tavance, un synode célèbre avait indiqué les voies à suivre et les prmcipes à adopter.
C'est avec le concile de Florence que s'ouvrent nos études. Les grandes assises de Tannée 1439 ont traite plus
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de points doctrinaiix qu'ils n'ont trouvé decommentateurs^ En pleine efflorescence d'humanisme, Grecs, Russes et Latins y ont discuté l'union des Églises et adopté un programme dont les bases resteront inébranlables; aux prémisses de Florence, qui ont déclaré le Pape docteur de l'Église, se rattachent les conclusions Yaticanes sur l'infaillibilité, et cependant, à vrai dire, l'histoire de ce concile est encore à faire. L'œuvre est d'autant plus ingrate et difficile que les actes authentiques ne se sont pas conservés, et que les autres matériaux semblent à dessein fuir les chercheurs. Dans le cadre du présent récit, cette histoire entre pour autant que les Russes ont pris part au concile. Un seul personnage encore trop peu connu, le cardinal Isidore, parait ici sur l'avant-scène.
Des découvertes récentes nous le font voir sous un jour nouveau. M. Regel a publié, dans les Analccta byxandno^ russica^ six lettres grecques d'Isidore, écrites avant sa pro* motion au siège de Kiev. Les photographies des huit autres lettres et des quatre prières contenues dans le même manuscrit du Vatican nous ont été gracieusement commu* niquées par M. Emile Legrand, si connu du monde savant par ses belles études helléniques. Ces pièces ont d'autant pins de valeur qu'elles sont d'un caractère plus intime, et qu'elles nous montrent les plus secrets replis de l'àme d'Isidore.
Étrange coïncidence I Ge métropolite d'origine grecque a représenté les Russes au milieu des Latins de Florence, et c'est encore lui que le pape Eugène lY a chargé de promulguer à Moscou le pacte d'union. Telle était la mission providentielle d'Isidore. Ni la science, ni le courage ne lui ont manqué pour l'accomplir, mais plutôt, dans cer« taines circonstances, la mesure. S'il a eu des succès au concile, il a complètement échoué au Kremlin. Le grand