‹ La Russie et le Saint-SiègeChapitre 32 sur 51 · SOURCES POUR L'HISTOIRE DE MANS SCHLITTE · texte numérisé non relu

SOURCES POUR L'HISTOIRE DE MANS SCHLITTE

M. Fiedler a été le premier à rajeunir, en 1862, l'incident de Schlitte, dont le nom traînait jusque dans les manuels d'histoire de Russie, sans que personne se donnât la peine de remonter jusqu'aux sources. Les Archives d'État de Vienne lui ont fourni de précieux matériaux pour son étude : Ein Versuch der Verei' nigtmg der russisclien mit der rœmischen Kirche im XV b Jahrhunderte. Elles possèdent trois séries de documents sur Schlitte. La première contient les papiers envoyés, en 1567, à l'empereur Maximilien II par Alphonse Gamiz : la plupart d'entre eux se rapportent aux nég[ociations de Steinherg^ à Rome. Dans la seconde rentrent des pièces assez disparates sur les mêmes sujets. Ces deux séries ont été mises en œuvre par M. Fiedler, mais il a complètement négligé la troisième, qui fait également partie des Russica^ se trouve à la suite des autres, et porte le titre : Die Mission Hans Schlittens belref fende il c/en, 1547-1555. Et pourtant cette série ne manque pas d'importance. On y trouvera des lettres autographes de Schlitte, des mémoires originaux des États livoniens, les quatre messages originaux également deHenri II, dont l'un, adressé à Suleyman 1, est sur parchemin.

Voici le texte de la lettre à Ivan :

u Très hault et très excellent prince, Notre hien aimé Jehan de Schelette, votre ambassadeur, s'est retiré par devers nous, et nous a fait entendre le désir qu'il avoit de vous aller retrouver pour vous rendre compte de son voiage et vous dire aucunes choses d'importance, mesmes les torts et oultraiges qu'il a reçus de l'empereur en la charge pour laquelle il avoit par vous esté dépesché devers lui, nous suppliant et requérant à cette cause le vouloir accompagner de nos lettres tant au Grand Seigneur que au Roy de Suède pour lui faire bailler par les pays de leur obéissance le passage seur et libre qu'il demande pour vous aller retrouver. Ce que nous avons bien voulu fiaire, estant question d'une occasion si bonne, si saincte et dévotte que celle pour laquelle vous aviez dépesché votre ambassadeur, et telle quel ne povoit, ne devoit estre aucunement esconduit d'un empereur <|ui, au contraire, la traite fort autremen que le devoir d'un prince

kU APPENDICE

chrétien ne requiert. Espérant bien que en la requeste que nous avons sur ce ^icte au susdit Grand Seig^neur et Roy de Suède nous auront esté gratiffiés, qui ne nous sera moins de plaisir que a vous de contentement pour revoir votre dit ambassadeur, par lequel vous entendrez la bonne amytié que nous vous portons et le désir que nous avons de fiaire pour vous et les vôtres en tous les lieux et endroits où vous voudrez nous employer. Priant à tant le créateur, très hault et très excellent prince, qu'il vous ai : en sa très saincte et dig^ne (];arde et soing^. A St Germain en Laye, le XV* jour de juillet 1555. Votre bon amy Henri. » (Au dos: a A très hault et très excellent Prince^ le garant prince des Moscowyes.n )

Les documents des Archives de Lttbeck ont été signalés par M. Forsten (Journal Min, Nar. Prosv., août 1890, p. 292). Ils sont classés dans les Miscellanea Ruthenica^ n« I, et intitulés : Acta in Sache Hans Schlitte contra Senatum Lubecensem, 1548. 11 est indispensable de les consulter pour éclaircir les rapports de Schlitte avec la Hanse, les États livoniens^ Gharles-Quint et le marquis Joachim II de Brandebourg^.

Très intéressantes les pièces déco vertes par M. Karge aux Archives de Kœniçsbergf (Herzog Albrechtvon Preussen vnd der Deutsche Orden^ p. 455, 48I),surtoutlalettre,datéedu26juin 154(5, où Albert de Prusse recommande à Ivan le unegociatorJohannes Schlitte » qui s'en vient à Moscou « negotiorum suorum mercimoniorumque causa n , et puis tout ce qui se rapporte aux alliances politiques hardiment projetées par Schlitte au détriment de la Pologne et même de la Prusse.

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