‹ La Russie et le Saint-SiègeChapitre 4 sur 51 · INTRODUCTION. T · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. T

des facilités de rapports avec TOccident, et, à de rares intervalles, rintervention auprès de la Pologne. Cependant, malgré cette différence de situation, les projets d'union religieuse sont identiques avec ceux que Ton présentait autrefois à Byzance. Moins encore que les circonstances et le temps, le caractère personnel des Papes n'y apporte aucune modification intrinsèque ; que les messages partent d'un Alexandre VI ou d'un Grégoire XIII, d'un Léon X ou d'un Sixte-Quint, c'est, en substance, le même langage, car c'est toujours la même doctrine, immuable à travers les siècles.

En effet, les Papes partaient du principe de l'unité de l'Église et de l'unité de son pouvoir suprême. Si la vérité est une, il ne saurait évidemment y avoir qu'un ^ seul dépositaire infaillible de cette doctrine unique, c'est-àdire une seule vraie Église. Cette Église est-elle à Rome, ou à Byzance, ou peut-être à Moscou, qui aime à se dire troisième Rome? Les catholiques ne reconnaissent d'autre vraie Église que celle qui a été fondée par Jésus-Christ sur le rocher inébranlable de saint Pierre, et qui a été enrichie de promesses étemelles dans la personne du chef des apôtres et de ses successeurs légitimes, les évéques de Rome; telle est la doctrine des conciles généraux, des Pères de l'Église d'Orient et d'Occident, confirmée par la pratique des premiers siècles. Aux yeux des Papes, TÉglise de Moscou, à l'égal de celle de Byzance, n'était qu'une branche séparée du tronc ; en vertu de leur divine mission, ils se croyaient obligés de travailler au rétablissement de l'unité primitive. Or, comme l'Orient avait conservé la hiérarchie, les sacrements, les rites d'autrefois, il n'y avait qu'à s'entendre sur quelques points de doctrine, surtout sur la primauté non seulement d'honneur, mais aussi de juridiction du Pape. De là la formule ordinaire de conci-

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