INTRODUCTION. IX
On comprend maintenant le terrible embarras des rois de Pologne, sollicités de prêter leur concours aux ambassades pontificales à Moscou. Persuadés que la foi n'y gagnerait rien, que la politique y perdrait beaucoup, ne voulant ni s'aliéner le Saint-Siège, ni favoriser un ennemi, peu pressés de faire la guerre aux Turcs, ils trouvaient le plus souvent des prétextes spécieux pour décliner les offres romaines. Un besoin urgent de conclure la paix, ou des projets d'annexion, faisaient seuls prévaloir un système plus large, et ouvraient le cbamp à de nouvelles combinaisons. A mesure que l'histoire se déroulera, les traits généraux que nous avons indiqués ici se laisseront saisir dans les événements.
Une mystérieuse attraction a souvent, dans le cours des siècles, rapproché du Saint-Siège les Aryas fixés en Europe dans les vastes plaines du Nord-Est. C'est le grand kniaz Vladimir, a Rouge soleil » des rhapsodes, qui a été, vers la fin du dixième siècle, le Glovis des Russes. Marchant sur les traces de son aïeule sainte Olga, a qui avait aimé la lumière et rejeté les ténèbres » , il embrassa non seulement lui-même le christianisme, mais, brisant l'idole de Péroune, fit baptiser le peuple dans les eaux du Dnieper. Les chroniques ont entouré ce fait de récits légendaires. Ce qui relève de l'histoire, c'est le siège de Kherson par Vladimir, son mariage avec Anne, sœur des césars byzantins, et la présence des missionnaires grecs à Kiev. Désormais le futur empire faisait partie de l'Église