Moscou
yeux, de distinguer quelque chose dans l'obscurité. Mais au bout de la grande plaine blanche, seuls quelques points noirs se détachaient, mis en relief par des feux qui ressemblaient à des feux de bivouac. On eût dit qu'on approchait d'un vaste campement.
Tout à coup, le train ralentit sa vitesse, un sifflement aigu déchira l'air, un grand vacarme de roues résonna sous un immense hall vitré, et la locomotive s'arrêta.
Nous étions à Moscou.
Sur le quai, beaucoup de gens attendaient, maintenus à distance des rails par des employés en casquette, qui se promenaient les mains dans les poches, très graves sous leur manteau fourré d'ilck.
Dans la salle d'attente, formant la haie, il y avait une foule de paysans et de paysannes, répandant une forte odeur d'eau-de-vie, de laine de mouton et de cuir humide.
Un gendarme, en faction sur le perron de la gare, appelait les traîneaux.
Ceux-ci étaient rangés en ligne. Debout, les rênes dans la main gauche, les islvoschiks agitaient la main droite dans des mouvements d'appel, criant, chaque fois qu'un voyageur se montrait : PaJaPs ! Gospodine ! *
Je remis mon bulletin de bagage à un commissionnaire et je fis signe d'approcher à deux moujiks barbus comme des moines, vêtus d'un long cafetan noué à la taille par une écharpe orientale.