‹ La Russie et les Russes; indiscrétions de voyageChapitre 35 sur 58 · Ils formaiwit U miliod oatioiud · texte numérisé non relu

Ils formaiwit U miliod oatioiud

lA PLACE ROUOE 399

mands. On leur avait dit que les niemtsi * s'étaient emparés de Moscou, que Pierre I*' était mort ; et ils étaient accourus. On les dispersa à coups de canon; on en fit beaucoup prisonniers. Et maintenant on les pendait ! La pendaison n'allant pas assez vite, on en décapita et on en roua un bon nombre. Le tzar se mit lui-même à l'horrible besogne. Et, pendant sept journées, on tua sur la place Roiige comme dans un abattoir ! Mille cadavres avaient été accrochés aux créneaux du KremUn, qui ressemblait à un immense charnier. Le dernier jour, comme il ne restait plus que deux condamnés à exécuter pour arriver à un grand et beau jeune homme qui se distinguait parmi ses camarades par son attitude calme et fière, le tzar, frappé de tant d'énergie, s'approcha de lui :

— Tu n'as donc pas peur de mourir? lui demandat-il.

— Je n'ai peur de rien, répondit simplement le prisonnier.

Pierre causa quelques instants avec lui, et, soudain, il lui ordonna de sortir des rangs et lui dit qu'il lui faisait grâce.

Ce soldat s'appelait Orlof.

C'était l'aïeid de l'ambassadeur actuel de Russie à Paris. Il devint officier. Plus tard, la faveur de Catherine porta ses fils aux plus hautes dignités de l'empire.

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