‹ La Russie et les Russes; indiscrétions de voyageChapitre 44 sur 58 · S'il vous plaît · texte numérisé non relu

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cul » — le souan-pan chinois, sur lequel, le long de tiges horizontales, on fait glisser plusieurs petites boules noires mobile percées au centre. Les doigts des marchands russes opèrent avec une dextérité incroya ble, sur ce simple instrument, les additions et les problèmes les plus compliqués.

Quand c'est un confrère, un marchand en gros qui se présente, le maître de la boutique l'invite à venir prendre le thé au traktir *. En Russie, aucune affaire ne se conclut sans une tasse de thé en main. Chaque marchand a son traktir préféré. Quelquefois ce restaurant est très éloigné du bazar, mais le « marchand à barbe », pour rien au monde n'irait autre part; là il est chez lui, il a son po/o roi' (garçon) attitré; on lui sert autant de « paires de théières » qu'il veut. Une « paire de théières » {pari tchaïou), se compose d'une théière de thé, d'une théière d'eau chaude, et de deux morceaux de sucre. Un morceau de sucre suffit à un marchand pour prendre dix à quinze tasses de thé. Il place son sucre au coin de sa bouche, et lo liquide passe en l'effleurant. Le marchand vide cinq ou six théières tout en causant; la sueur coule à grosses gouttes de sa figure; il s'essuie avec son mouchoir à carreaux et ne continue pas moins de boire la brûlante liqueur, jusqu'à ce qu'il ait enfin conclu son marché.

Il y a une quinzaine d'années, le marchand moscovite avait une manière à lui (Je se réjouir quand il avaif

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