LE PONT DES MARÉCHAUX
aimable et le plus sympathique des consuls que j'aie jamais rencontrés. M. Ed. de Lagrené possède ces rares qualités de l'intelligence et du cœur qui faisaient des diplomates français du XVIIP siècle les diplomates les plus séduisants et les plus charmants du monde entier.
A mesure que nous nous éloignons du centre, cette physionomie gaie et animée des rues s'efface et se perd, les maisons deviennent petites et rares. Nous rencontrons un omnibus populaire. Oh ! le drôle d'omnibus! Figurez-vous deux canapés juxtaposés dos à dos, avec une toile en forme de toit et une simple planche pour soutenir les pieds. Ces omnibus — je veux dire ces canapés ambulants, sont outrageusement coloriés en jaune, en bleu de Prusse, en rouge ponceau ou orange.
Enfm, après une course d'une demi-heure, nous arrivons au pied de hautes murailles de briques qui cachent derrière elles un mystérieux édifice dont on ne voit que le toit. C'est la Perissilnii Zamok, la prison de passage ou de dépôt pour la Sibérie, — la tête de ligne du chemin de l'exil. Ceux qui sortent de cette prison prennent le « train des morts », ils s'en vont au pays d'où l'on ne revient pas *.
Les sentinelles nous laissent passer. Une porte massive, trapue, bardée de fer et encastrée dans un mur massif, s'ouvre devant noiis. Nous somme ;