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CHAPITRE VIII

I. Les sociétés secrètes en Russie. Leur formation et leur développement. Leurs relations avec la franc-maçonnerie. Alexandre participe à ce mouvement. Michel Orlov et « les Chevaliers de la croix. » Autres collaborateurs occultes du tsar. Dolgorouki et Troubetzkoy. « Les vrais et fidèles fils de la patrie ». Evolution dans un sens plus radical. « L'Alliance du salut. »

— II. Les sociétés secrètesetles groupes littéraires. «L'Arzamas.» Pouchkine. La littérature clandestine. — III. Progrès des idées révolutionnaires. Velléités de régicide. Crise dans « l'Alliance du salut » et reconstitution du groupe. Triomphe momentané du parti modéré. « L'Alliance du bien public. » Ses statuts, « Le livre vert. » Traits de ressemblance avec le Tugendbund et différences d'inspiration. — IV. Les chefs du mouvement. Les Mouraviov. Rôle historique de cette famille. Ombres et rayons. Les Allemands russifiés. Le premier bolchevik russe. Pestel. Son tempérament, ses idées et ses ambitions. — V. Sujétion de la jeunesse aristocratique à son influence. La tradition révolutionnaire en Russie. Traits caractéristiques des révolutionnaires à cette époque. Instruction élevée et exaltation, générosité et naïveté. Nulle trace d'internationalisme. Intentions louables, mais défaut d'esprit pratique. — VI. Dissensions au sein de « l'Alliance ». La « Direction du nord » et la « Direction du sud ». Minimalistes et Maximalistes. Le parti extrême tend à l'emporter. Un poète lui apporte son appui. Ryléiév. — VII. Pestel au sud. Un projet de charte républicaine. « La vérité russe. » Nikita Mouraviov au nord ; contre-projet de constitution monarchique. L'auteur le défend faiblement. L'idée républicaine gagne du terrain. Le sort de la famille impériale en* discussion.

— VIII. Contact pris au sud avec les sociétés secrètes polonaises. Leur origine et leurs épreuves. Lukasinski. Entente sur la base de l'indépendance polonaise. « Les Slaves réunis. » Naissance de l'idée panslaviste. Fusion des deux sociétés et projet d'action immédiate. — IX. Accord entre le nord et le sud sur le principe du régicide. Les agents d'exécution. Iakoubovitch. Kakhovski. Absence de tout autre plan. Le tsar disparu, tout s'arrangera. Difficultés de l'entreprise, hésitations et ajournements. Les précurseurs de l'action révolutionnaire et l'avenir qu'ils préparent. La responsabilité d'Alexandre.

La diffusion, en Russie, des idées libérales à l'issue des guerres napoléoniennes (1) y a déterminé naturellement la formation de

(1) V. ci-dessus, p. 12 et suiv.

sociétés secrètes, pour lesquelles le maçonnisme local fournissait des modèles et des cadres (1). Dans tous les pays d'Europe, des groupements de cette nature pullulaient depuis la fin du dixhuitième siècle. « On s'y trouvait enrôlé sans le savoir », a dit Chateaubriand (2), et, en Russie, à défaut des autres formes de sociabilité, liberté de réunion, liberté de presse, parlementarisme, qui, en Occident, répondaient au même besoin, celle-ci exerçait une force d'attraction en quelque sorte compulsive. Dans ce pays, pas plus qu'ailleurs, si secrètes qu'elles fussent, ou prétendissent l'être, les sociétés ainsi nommées ne s'inspiraient pourtant pas indistinctement de tendances subversives, et, à cet égard, dans ses Mémoires sur le jacobinisme, qui, de 1805 à 1806, ont été deux fois traduits en russe, l'abbé Barruel a certainement forcé la note, de même que l'abbé Georgel, qui taxait de jacobinisme Rastoptchine lui-même. Ce fut, cependant, le cas du plus grand nombre. Jusqu'à une époque récente, cette partie de son histoire a été, au pays des tsars, couverte d'une ombre impénétrable. Au cours des dernières années seulement, une plus grande liberté de recherches a permis, sinon de lever entièrement le voile, du moins de mettre en lumière certains aspects d'un passé auquel le présent donnait en même temps un très grand intérêt.

Les premiers initiateurs de ces groupements, en Russie, ont été des officiers de la garde, ce qui s'explique aisément : ils appartenaient tous à cette classe de la société russe qui, intellectuellement, était la plus évoluée et qui avait pris le contact le plus intime avec le monde de l'Occident. Déjà affiliés, pour la plupart, aux loges, ils y avaient, d'autre part, contracté le goût et appris la technique de ce genre d'associations. Ils ont, enfin, reçu dans ce sens des encouragements venant de haut.

Divers indices permettent, en effet, de croire qu'avant même de reprendre, avec Novossiltsov, l'œuvre réformatrice entamée au Comité secret, Alexandre a beaucoup plus tôt et en vue d'une entreprise beaucoup plus radicale encore, cherché des concours dans ce milieu d'agitateurs occultes, et, sinon par un mandat positif, du moins par des sollicitations suggestives, mis en frais

(1) V. t. II, p. 329 et suiv., de cet ouvrage.

(2) Œwres, édition de 1857, t. XIX, p. 108.

de conceptions, à cette fin, Michel Orlov, en premier lieu, puis d'autres militants du même bord : le prince Paul Lapoukhine, le prince Ilia Dolgorouki et les frères Alexandre et Michel Mouraviov. A ce moment, il se faisait encore appeler « empereur des Jacobins ». Mais, même au retour de Laybach et en s'engageant, sous l'influence des impressions qu'il en rapportait, dans les voies d'une réaction des plus violentes, il ne devait pas cesser entièrement de stimuler dans la même sphère le développement de l'esprit non seulement réformateur mais révolutionnaire (1). Ainsi le voulait son dualisme constitutionnel qui s'apparentait en ce point à un des traits les plus déplaisants de ce chapitre de l'histoire russe. Les agents provocateurs y ont toujours joué un rôle qui, exagéré par la légende, n'a pas laissé d'être assez important, et, bien qu'à défaut de documentation directe, on soit réduit, en ce qui le concerne, à des données conjecturales, l'élève de La Harpe semble bien avoir figuré dans le nombre.

Avec le négociateur de la capitulation de Paris, il pouvait estimer que le risque n'était pas grand. Élève, lui, de l'abbé Nicolle et admirateur de J. de Maistre, Michel Orlov semblait tout juste propre à entreprendre, sous ce haut patronage, la mise sur pied de quelque façon de Tugendbund russe. 11 manquait cependant de docilité et un séjour prolongé qu'il fit à Moscou, après son retour en Russie, eut pour effet d'élargir le fossé qui le séparait du souverain. A l'ombre du Kremlin, dans une atmosphère où se maintenait, vivante encore, la tradition des anciens boïars à l'humeur turbulente, ses idées évoluèrent. D'un projet de constitution à base aristocratique, un peu dans le sens de la tentative que le parti oligarchique avait esquissé en 1730, à l'avènement de l'impératrice Anne (2), elles passèrent, en 1816- 1817, au dessein d'une réorganisation fondamentale de l'empire sous forme de république fédérative. Orlov semble s'y être inspiré des indications qu'il recevait de l'un des représentants les plus éminents de la franc-maçonnerie locale, le comte Dmitriév-Ma-

(1) Rosen, Mémoires, p. 57 ; Siémiévski, les Idées des décembristes, p. 290 ; Pypine, le Mouvement social, p. 326 et suiv. ; Mme Sokolovskaia, dans Messager universel, mai 1904, p. 21 et suiv.. 146; Archives russes, 1906; t. VIII, p. 539 ; 1908, t. I, p. 103-104.

(2) K. WaliszewskIj l Héritage de Pierre le Grand, p. 131 et suiv.

monov, très fortement impressionné lui-même, à ce moment, par la lecture d'un des journaux français datant des premières années de la Révolution : la Bouche de Fer, organe des révolutionnaires mystiques, publié de 1790 à 1792 par Bonneville. Une société de « Chevaliers de la Croix », destinée à rester secrète, même pour Alexandre, devait servir à préparer la réalisation de ces velléités aventureuses.

Sans qu'il fût instruit des témérités où son collaborateur s'égarait, Alexandre ne tarda pas à enlever sa confiance à Michel Orlov ; mais, avec l'assentiment du souverain et même sous son impulsion, d'autres officiers francs-maçons s'occupèrent de l'organisation, dans le même but, d'une autre société secrète, qui, constituée en 1816, prit le nom de « Vrais et fidèles fils de la Patrie » et se donna des statuts, pour la composition desquels les princes Ilia Dolgorouki et Serge Troubetzkoy réclamèrent la collaboration de Paul Pestel. Membre très actif de la loge des « Trois Vertus », ce jeune colonel d'origine allemande se distinguait par une érudition peu commune, unie à un tempérament ardent et à une grande ambition. Sous son influence, se portant promptement à prendre un autre nom, emprunté au vocabulaire des révolutionnaires français : « Alliance du salut, » la société accusa partiellement des tendances qui y répondaient. Les affiliés restaient, cependant, attachés en majorité à des idées modérées, assignant à l'action commune des objectifs où ils avaient lieu de supposer qu'ils demeuraient aussi en communion d'esprit avec le souverain : extension de l'instruction, adoucissement de la discipline dans l'armée, répression de la corruption dans les services publics et, d'une manière vague, préparation du pays à des formes d'existence politique plus libres (1).

(1) Siémiévski, les Idées dés decembristes, p. 366 et suiv. ; Borozdine, les Dépositions des decembristes, p. 145 et suiv. ; Dovnar-Zapolski, la Société secrète des decembristes, p. 1 et suiv. ; Pypine, le Mouvement social, p. 365 ; Tourgueniev, la Russie et les Russes, t. I, p. 221 et suiv. ; Czartoryski, Mémoires, édition de Mazade, t. II, p. 349 ; Ancienne Russie, 1877, t. XX, p. 661 et suiv., Mme Sophie Bogatina, Beitraege zur russichen G., p. 9 et suiv. Sur Dmitriév-Mamonov, Ancienne Russie, 1890, LXVI. Sur M. Orlov, Rapport de la Commission d'enquête de 1826, p. 9 ; Herrschensohn, dans le Passé (« Byloié »), octobre et novembre 1906.

Comme avec la franç-maçonnerie, ce mouvement se trouvait en relation étroite avec le monde littéraire de l'époque et les sociétés qui y pullulaient également, sans que, d'un camp à l'autre, il y eût, cependant, communauté de programme, encore moins concert en vue d'une action quelconque. Pouchkine n'a fait partie ni de « l'Alliance du salut », ni d'aucun groupement analogue, et, quand il publia ses premières poésies, dont « la hardiesse civique » lui valut une large popularité, Ryléiév n'appartenait également à aucune société secrète. Gomme des loges maçonniques, la politique se trouvait exclue, en principe, des sociétés littéraires. Mais d'autre part, Michel Orlov était membre de « l'Arzamas », cénacle qui eut pendant quelques années le privilège de recueillir l'élite des jeunes écrivains du temps. De même, Nicolas Tourgueniev, qui fut, au début, un des chefs de « l'Alliance » et qui créait un trait d'union entre elle et le monde officiel. Élève de l'Université de Gôttingen et ayant eu des relations suivies avec Stein, les idées de ce futur condamné à mort se rapprochaient beaucoup de celles que l'homme d'État allemand a portées au pouvoir, et, collaborateur d'Alexandre, volontiers aussi Tourgueniev eût imité ce modèle (1).

Réformateur ou révolutionnaire, le mouvement entraînait d'un même rythme et tendait à confondre dans un même désir de rénovation politique et sociale tout ce qui pensait en Russie. A Moscou, de la maison de Nicolas Nicolaiévitch Mouraviov, le savant et universellement respecté fondateur de YEcole des guides, où, sous la présidence de Simon Raïtch, le docte traducteur des Géorgiques, se réunissait une société exclusivement vouée au culte des Muses, le poète Kucheîbecker passait à une autre, voisine, où, plus ou moins secrètement, étaient discutés les avan-

(1) Wischnitzer, « Nikolai Turgenews polit ische Idéale », dans Beitraege zur russischen Geschichte (édition Hôtzsch), p. 214; Notice biographique sur N. Tourgueniev, dans Ancienne Russie, 1901, t. CVI, p. 235 et suiv.

tages respectifs de la monarchie et de la république (1). En outre, comme celles de Michel Orlov, les idées de ses amis appartenant au monde des lettres évoluaient rapidement et dans le même sens. En 1815, Pouchkine célébrait encore le retour d'Alexandre en Russie par des vers où il traduisait le sentiment du plus pur loyalisme. Quelques années plus tard, il devait se targuer de n'avoir jamais cessé de « siffler » le même souverain, qui, aux termes d'une épigramme célèbre du poète, « élevé au son du tambour, était devenu un foudre de guerre, fuyant à Austerlitz, tremblant en 1812, puis se distinguant comme caporal instructeur, mais avait pris ensuite en dégoût le métier des armes et était passé au département des relations extérieures, avec le rang d'assesseur de collège (2). » En fait, l'auteur de ce morceau s'est vanté et il n'a pas « sifflé » toujours, même après sa conversion, assez peu décidée, aux idées libérales (3). Pourtant, en 1819 déjà, quelques-unes de ses poésies, mises en circulation sous le manteau, lui faisaient encourir un ordre d'exil.

Dans le développement du mouvement en cause, comme agent d'excitation sinon source d'inspiration, cette littérature clandestine a joué un rôle considérable.

« L'Alliance du salut » n'a eu qu'une existence éphémère, bien que les circonstances favorisassent ses débuts. A l'automne de 1817, tous les régiments de la garde furent réunis à Moscou pour les cérémonies auxquelles donnait lieu la pose de la première pierre du monument chimérique, conçu par Alexandre en compagnie de Witberg. En même temps, l'affranchissement des serfs dans les provinces baltiques, d'une part, et, de l'autre, le projet annoncé par le tsar de réunir les provinces lituaniennes au royaume de Pologne, produisaient en sens divers une grande

(1) A. Kochélév, Mémoires, p. 8 et suiv.

(2) Pouchkine, Œuvres, t. I, p. 332.

(3) V. ibid., t. I, p. 57, 63, 103, 360; t. II, p. 192 ; t. V, p. 38, 351 ; t. VIT, p. 174, 411.

effervescence des esprits (1). Des idées de rébellion et des velléités de violence se faisaient jour dans divers milieux. Les plus exaltés parlaient de déposer, ou même de tuer le tsar. Un des plus récents affiliés de « l'Alliance », le capitaine Iakouchkine, se prononçait énergiquement pour ce dernier parti et s'offrait comme agent d'exécution. Mais, répugnant à la majorité, ces emportements devaient précisément avoir pour effet de provoquer une crise au sein de la société. Un des Mouraviov qui y figuraient en nombre, Michel, fils de Nicolas, mais ne ressemblant en rien à son père, la quittait avec fracas. Gouverneur général de la Lituanie plus tard et destiné à y acquérir un triste renom, il devait se targuer d'être « des Mouraviov qui font pendre et non de ceux que l'on pend ». D'autres défections suivaient celles-là et déterminaient une reconstitution du groupe, qui, changeant encore de nom et se muant en « Alliance du bien public » (Soiouz Blagodiénstvia), parut d'abord assagi, en même temps qu'énervé et tournant à une académie. Nicolas Tourgueniev, qui en fut pendant quelque temps à cette époque, représente ainsi les séances auxquelles il a pris part : « On commençait ordinairement par déplorer l'impuissance où se trouvait l'association d'entreprendre quelque chose de sérieux. La conversation tombait ensuite sur la politique en général, sur les circonstances dans lesquelles se trouvait le pays, sur les maux qui l'accablaient, sur les abus qui le dévoraient, sur son avenir, enfin. Les gouvernements de l'Europe étaient passés en revue et l'on saluait avec joie les progrès que les pays civilisés faisaient dans la voie de la liberté (2). »

Des traits de ressemblance ont été observés entre les statuts de la nouvelle « Alliance », le Livre vert, comme on les a appelés d'après la couleur de la reliure, et ceux du Tugendbund, et, bien que Tourgueniev ait traité de « brutes savantes » les publicistes allemands qui ont relevé cette similitude, elle ne saurait être niée. Elle se laisse reconnaître, cependant, dans la forme plutôt que dans le fond. En 1817, le Tugendbund se trouvait dissous depuis quatre ans ; mais l'un des rédacteurs des statuts de 1' « Alliance », Michel Mouraviov, venait de recevoir de Paul

(1) A. Kochélév, Mémoires, p. 8 et suiv.

(2) N. Tourgueniev, la Russie et les Russes, t. I, p. 104 ; cf. Wischnitzer, Die Enlwickclung der liberalen Ideen in Russlands, chap. ni, iv et v.

Lapoukhine un numéro de la revue Freiwillige Blaetter, où les statuts de l'association allemande étaient reproduits (1). Lui et ses compagnons ont copié partiellement ce modèle, sans se pénétrer de son esprit. L'œuvre allemande a un caractère beaucoup plus pratique. Les adhérents du Tugendbund contractaient, par exemple, l'engagement de libérer leurs serfs, en leur attribuant un lot de terre (§§21 et 22). Les statuts russes se bornaient, dans cet ordre d'idées, à une recommandation d'humanité. Sans envisager aucun changement dans le gouvernement du pays, ils faisaient seulement appel à l'initiative privée et à l'action commune pour en améliorer le fonctionnement, notamment dans le domaine de l'instruction publique, par la diffusion, en particulier, de l'enseignement mutuel. Le Livre vert n'a d'autre part pas emprunté aux statuts du Tugendbund certaines clauses, qui y portent la marque prussienne, comme l'obligation pour les sociétaires de défendre la maison régnante contre « l'assaut de l'esprit immoral du temps » et de dénoncer aux autorités les attentats de cette nature (2). « L'Alliance » russe n'a pas incliné à devenir une officine d'espionnage. Nicolas Tourgueniev a cependant exagéré quelque peu le platonisme de ses tendances.

Les Mouraviov et les Mouraviov-Apostol eux-mêmes n'y portaient pas tous figure de simples philosophes. Si, sous l'influence dépravante du despotisme, cette famille s'est en dernier lieu inscrite souvent aux pages les plus sombres de l'histoire russe, son passé y appartient en grande partie à un autre chapitre, et des plus honorables. Les deux aspects en sont ainsi typiques et éminemment instructifs. Futur gouverneur à poigne, lui aussi, le frère de Michel, Alexandre, n'était pas plus épris que son aîné

(1) Kropotov, Biographie de M. Mouraviov, p. 200 et suiv.

(2) V. les deux textes, accompagnés d'un commentaire comparatif, dans Pypine, le Mouvement social, p. 378 et suiv. Cf. Herschensohn, Histoire de la jeune Russie, p. 10 et suiv.

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