partie la mieux conservée
Entré dans le mausolée par une porte latérale à g. de ravant-eour, on se trouve dans un passage couvert de dômes, ou se tiennent les moullahs de garde (30 à 25 k. par pers. à celui qui conduit) et Ton parvient par une porte à dr. dans la salle à coupole carrée de Tintérieur (100 m. car. de' Attperflcie). Des balustrades et marbre y entoui^nt huit pierres tumulaires; une neuvième est dftns une niche en face de rentrée (les tombeaux spni dans ui>6 c|rypte au-dessous). Au milieu, la *piei'r0 tumulaire d* Tamerlan (m. 1405, à l'âge de ÎO ans), composée de deuk
à Taehkmt. SAMARKAND. F///. R, US, 441
bloes de jade vert noir, adaptes Tun à l'autre, longs de 2 m. et hauts de 0 m. 90 sur 0 m. 36 de large ^ ce sont les deux plus grands fragments connus de eette pierre rare. Les autres pierres tumulalres, des parents ou des amis de Tamerian, sont en marbre gris ou en albâtre. Derrière, une sorte de candélabre funèbre, dit tchigar - minar, deux hautes piques. Tune avec la queue de cheval (toug), Tautre avec un étendard blanc. — Dans le bas des murs, des plaques en albâtre oetogones; plus haut, une bande de jaspe , où la généalogie et les exploits de Tamerlan sont
S raves en caractères arabes. Il y a de magnifiques voûtes à stalactites au s les niches latérales.
Entre la ville russe et la cité indigène se trouve la citadelle achevée en 1882 (visible seulement avec l'autorisatioii du commandant). Dans un anc. château, auj. le dépôt de Tartillerie, se voit le trône de Tamerlan (rpoRi THMypa; Kok-Tach), bloc de marbre gris noir, rectangulaire et long de 3 m. 26, avec des arabesques sur les côtés et des colonnes engagées aux angles.
La CITÉ INDIGÈNE cst rlche en monuments du temps de Vapogée
de Tarchitecture mahométane.
La plupart de ces édifices sont en briques cuites ou crues. La construction à coupole y domine. A l'extérieur les dômes sont en forme de melon. La décoration se compose de briques glacées blanches, vertes, bleu clair ou bleu foncé ou de carreaux de faïence multicolores, couverts d'ornements en bas-relief. Les couleurs en sont parfaitement conservées. Le grand portail (pichtàk) des mosquées (MeiéTb) se termine par un arc en earène. Les minarets ne sont pas à plomb, mais un pen inclinés.
Le *B6ghiitan (place du marché)^ à TO. de ce quartier, est un carré long de 70 m. sur 60 m. de large. On y a une bonne occasion d'observer les mœurs populaires. Du côté £. de la place, la mosquée Chir-Dar; du côté N. , la mosquée Tillah-Kari; du côté O., la mosquée OUloug-Beg, et du côté S., des boutiques. Aux trois mosquées se rattachent des médrésés^ Les cellules des élèves y entourent une cour carrée, pavée et munie d'un bassin pour les ablutions. — La mosquée Chir-Dar^ bâtie en 1616, a une façade richement décorée de mosaïques. Le pichtak atteint près de 23 m. de hauteur. On peut monter sur le minaret rond à g., ainsi que sur la plate-forme qui surmonte le pichtak (très Incommode pour les dames; les marches sont hautes et raides). En haut, beau coup d'œil sur la cité indigène avec ses édifices revêtus de briques glacées multicolores. Devant la mosquée, le tombeau d'un saint. — La décoration de la mosquée Tillah-Kari, construite en 1618, est mal conservée. — La mosquée Ouloug-Beg a été bâtie en 1434 par un
petit-fils de Tamerlan.
Non loin du Réghistan, le cimetière Tchil'Dùukhtary avec plus de 40 tombeaux de marbre de souverains de Tépoque antérieure à Tamerlan.
A l'Ë. du Réghistan s'étend le bazar, qui ne saurait rivaliser avec celui de Boukhara, dont il diffère par ses larges rues claires.
A l'extrémité E. de la rue du Bazar, à V2 V. du Réghistan, s'élèvent les imposantes ruines' de la moBîguée Bihi-Khanoum, construite en 1399 par Tamer^n en l'honneur de sa favorite et splendidement décorée. Un des deux minarets à côté du grand portail donnant sur la cour a conservé son beau revêtement en mo-
442 Vni.R.68. SAMARKAND. • De Bakou
saïque. Dans la cour se trouve un gigantesque pupitre pour le Koran: deux énormes pierres en forme de coin reposant sur un soubassement long de 2 m. 30 et large de 2 m. Les Mahométans attribuent à ce pupitre la propriété de faire cesser la stérilité des femmes, qui passent dessous en rampant. Le pichtak de la mosquée a un arc en carène haut de 56 m. La mosaïque est également bien conservée. — Entre la mosquée Bibi-Khanoum et. le Régbistan se voit le tombeau de Cheïbani-Khan : un bloc de marbre long de 6 m., large de 5 m. 30 et haut de 2 m. 15, et couvert de 30 pierres tumulaires.
A l'E. de la cité indigène, à env. 3 V. de la mosquée Bibi- Khanoum, le groupe de mausolées de *Chakh-Sinda sMchelonne sur le versant qui conduit au plateau de l'antique Maracanda. Ou en remarque beaucoup l'éclat des couleurs et Télégance de la décoration en plaques de faïence glacées et multicolore*. — Après avoir franchi le portail d'entrée érigé en 1434 par Ouloug-Beg (p. 441), on se trouve dans un passage, où s'élèvent de chaque côté dix-huit grandes constructions. A g., en haut de l'escalier, le mausolï^e d'OWcfta-Aïm, nourrice de Tamerlan. — Plus loin, à dr., le mausolée Chirin-Bika- Aka, élevé en 1385; à g., en face, lé mausolée Dchouchouk^Btka (♦portail), de 1371 -, ils contiennent les restes de deux soeurs de Tamerlan. ~ A dr., vers la Un du passage, le mausolée du Chakh- Sinda (Kasim-ibn-Abbas), avec un beau portail eh noyer sculpté et le tombeau du saint.
Au-dessus de Chakh^Sinda s'étend le vaste plateau, où se trouvait l'antique Maracanda (p. 440), appelée Afrossiab par les indigènes, du nom d'un schah légendaire de Touran. La partie antérieure d' Afrossiab sert de lien de sépulture aux mahométans. Le plateau, dont les bords s'abaissent de tous côtés à pic dans la vallée du Séravchan, a 5kiL de superficie. On y reconnait encore l'anc muraille d'enceinte, les passages montant d'en bas et quantité de réservoirs d'eau ronds (comme il y en a encore à Boukbara), ainsi que la colline de la citadelle, où se dressait le château des princes
de Sogdiane et où Alexandre le Grand tint sa cour.
Un ehemin de voit.p&rtant de la ville paase au milieu d'Afrossiab et deseend à l'autre extrémité dans la vallée du fleuve au tombeau de Daniel^ un compagnon de Kasim-ibn-Abbas (v. ei- dessus), d'après la tradition musulmane. — A 9 V. de la ville, dans la steppe, est le prétendu «camp de Tamerlan*, les ruines d'un château d'été de ce conquérant. — En aval d'Afrossiab, sur la rive g. du Séravchan, s'élève le pont de Tamerlan^ immense arcade en briques, semblable à un pont (une autre, formant angle droit avec celle-ci, s'est récemment écroulée)*, c'est probablement les restes d'une grande digue et d'écluses destinées à régler le «cura du Séravchan.
B. 3e Samarkand à Tadikent.
333 V. Chemin de fer en 13 h., pour G et 4 r. . Samarkand, v. p. 440. La ligne se dirige au N.-E. et franchit une chaîne de montagnes, en passs^nt d'abord dans une large à4 -
à Tachkent, KOKAND. VIIL R. 68, 443
pression, pnis en deçà de Djisak dans un col assez étroit et tortueux,
la prétendue «porte de Tamerlan», Il s'y trouve deux inscriptions
arabes relatives à des expéditions militaires des xv^ et xvi® s. qui
traversèrent ce défilé. — 107 V. DJiaak (390 m.; buffet), ville de
16000 hab. et chef-lieu de district, localité la plus malsaine du
Turkestan. — La voie pénètre ensuite dans la «steppe de la Faim».
La «steppe de la Faim* (rojiéxHafl crem) est un triftngle entre le Syr- Daria au K.-E., les contreforts des montagnes du Turkestan au S. et te Kysil-Koum (Sable Rouge) à VO. Grâce à des travaux d'irrigation grandioses, qui ont déjà commencé, on espère gagner plus d*un demimillion d'hectares pour la culture du coton.
130 V. Tckerniaïevo (360 m.; buffet).
De Tcherniaïevo à Andijan, 306 V., chemin de fer (ligne de Ferghana), en 13 h. Il ne sera pas difficile de trouver un logis chez des particuliers, mais il est bon d'avoir des recommandations pour les représentants des grandes manufactures russes de coton. Trajet intéressant jusqu'à Marghelan. Les champs fertiles de coton, de sorgho et de riz, les villages aisés et le vaste réseau des canaux d'irrigation donnent une bonne idée d'un système de culture particulier, basé uniquement sur l'action de l'eau courante. Aucun des torrents riches en eau qui descendent des montagnes d'Alaï n'atteignent le Syr-Daria, parce que toute leur eau est utilisée pour l'irrigation des champs. Quand le ciel est serein, belle vue au N. sur les monta Tchotkalj et au S., sur les monts Alaï, tous couverts de neige jusque bien avant dans l'été.
75 V. Khodjent (406 m.; buffet), l'anc. Kyropolis, sur le Syr- Daria, avec 30000 hab.
179 V. Kokand (417 m.; buffet; hôt.: RossUa), ville de 82000 hab., chef-lieu d'un khanat jusqu'en 1876 et depuis lors à la Russie, est située sur un canal du Sokh. C*est apfès Boukhata la seconde ville du Turkestan, en ce qui concerne l'animation de la vie populaire, la grandeur et l'activité de son bazar. L'anc. palais du khan a une belle façade en briques glacées multicolores. Dans la salle du trône on a installé une chapelle gréco-russe. Le commerce du coton commence à la mi-août (anc. style) de chaque année, et il vient alors à Kokand des représentants des grandes manufactures russes de cette branche.
252 V. Marghelan (558 m.; buffet; hôt.: Stephan), ville de
36600 hab. et chef- lieu du territoire de Ferghana.
Ghemitn carrossable (voit., 18 à 25 r.) pour (S6 V.) Namangan^ au N., ville de 62000 hab., d'où l'on peut aller à cheval en 4 à 5 jours à Tachkent ou bien en voiture particulière (préférable à la voit, publique) à (90 V.) Kokand.
306 V. Andijan (498 m.; buffet), ville de 46700 hab. Grande
culture de coton aux environs.
Une roîite postale conduit à l'E. d'Andiian à (43 V.) Och, point de départ des voyages sur le plateau de Pamir et dans le Turkestan oriental ou «binois. Une route militaire praticable au train d'artillerie mené sur
444 VJIL R. 68. TAOHKENT.
le Pamir par une série de eols très élevés et de vallées sauvages. L'autorisation de ce voyage est rarement accordée. Le droit de franchir la frontière indienne ne peut s'obtenir que par une entente expresse des gouvernements russe et anglais. — La route d'Oeh à Kachg€ir est prati^ cable aux voit, jusqu'à (50 V.) GouUehi^ d'où il y a encore 218 V. de chemin cavalier jusqu'au col de Terekdavan (3870 m.)-
La ligue de Tachkent franchit le Syr^Daria près de (257 V.) Syr-Darimskaïa (262 m.) et entre dans le territoire du Syr-Daria.
332 V. Tachkent (TaniKeETi; 437 m.; buffet; Orand-Hôtel; quantité de «noméras», dont les noms et les tenanciers changent fréquemment; dans ceux de Mme Tioumentseva on comprend l'allemand; izvochtchik, de la gare à la ville russe, 40k.), ville de 156000 hab., dont 25000 Russes, a été prise le 15 juin 1865 par le général Tcherniaïev. C'est la résidence du gouverneur général du Turkestan. On remarque l'absence complète de vent qui règne dans cette ville et ses environs. — Les rues de la ville russe sont larges et bordées de chaque côté de rangées d'arbres et de canaux. La bibliothèque Kaufmann est riche en oeuvres sur le Turkestan. En été, dep. le mois de juin, la société et les hauts fonctionnaires vont séjourner dans les datchi (villas) de la gorge de Tchimgan (HhmrancKoe yotejbe), à 80 V. de la ville (voit. 25 r.). — La ville indigène est étendue, mais elle ne peut rivaliser ni avecBoukhara pour l'animation de ses rues, ni avec Samarkand pour l'architecture.
Des routes postales conduisent de Tachkent à (3224 Y.) Orenbaurg (p. 322; chemin de fer en construction) et à (1275 V.) Sétnipalatinsk (p. 448) par (776 V.) Verny.