De Berlin à St-Pétersbonrg
1630 kil. (744 kil. et 836 V.), express, 32 h., 119 •* 45 et 81 c^/: 35. Nord-Express, 2 à 3 fois par sem., 29 h. 8//, 168 «^ 55. Passeport^ v. p. xv. — De Berlin (station du Métropolitain) à Virballeriy par Dirsehau et Kœnigsberg: 744 kil., express, 12 h. 1/2, 67, c^ 50, 50 «.<K 10 et 35 0^ 10; wagonslits, pour lesquels on paie 12 et 10 e de supplément aux conducteurs (il vaut mieux retenir sa place d^avance).
De VirballeH à Vilna: 178 V.; express, 3 h. 3/^^ 8 r. et 4 r. 80, et 1 r. 50 de supplément pour la place (p. xix); trains omnibus, 51i. V21 6 r. 15 et 3 r. 70.
De Virhallen à St-Pétersbourg : 836 V., express, env. 14 h., 24 r. 05 et 14 r. 45; wagons-lits, 5 r. 02 et 4 r. 18; trains omnibus, env. 27 h., 18 r. 50 et 11 r. 10.
S'il semble trop fatigant de faire tout le trajet en une fois, on peut coucher à Kœnigsberg, à Eydtkuhnen ou à Virballen. 'L'argent russe se cbange de préférence à Berlin, ou dans les l)ureaux de change d'Eydtkuhnen ou de Virballen. — L'heure de St-Péterebourg avance de 1 b. 1 min. sur celle de TEurope centrale (v. p. 1).
Grâce au tarif russe par zones le voyage de Berlin à St-Pétersbourg par Alexandrôw et Varsovie est d'env. 5 r. moins cher que le trajet par Eydtkuhnen, mais il dure plus longtemps.
30 II. R. 7. KOVNO. De Berlin
Bateau 1 vapeur: de StetUn à St-PHersbourg : 1 fois par sem., 65 h. , 60 «^ y compris la nourriture.
De Berlin à Eydtkuhnen, v. V Allemagne du Nord, par Bsedeker. — Eyâtkalinen (hôt.: Welter, ch. dep. 2 o^, déj. 75 pf. ; de Russie), bourg de 3400 hab., sur la Lepone, est la dernière station {Prussienne. Le train s'arrête à Eydtkuhnen env. ^/^ d'h. (1 h. en venant de Russie) et franchit ensuite la frontière russe.
1 V. Virballen (BepsôojÔBo; bon bvffet; il y a des ch. à coucher), bourg de 3300 hab. On demande ici leâ passeports et visite les bagages (v. p. xvi). Il y a env. 1 h. d'arrêt. Les employés supérieurs parlent français. — Les formalités remplies, s'assurer d'nn commissionnaire (p. xxi), à qui l'on confie ses bagages et qui vous les porte dans le train (lui indiquer le n° du billet de la place).
De Virballen à Kovno , on est dans le gouv. gén. de Varsovie ou, plus exactement, dans le gouv. de Souvalki, qui forme l'extrémité N. de la Pologne, et dont les habitants sont au N. des Lithuaniens, au S. des Polonais, un peu partout des Russes, des Allemands et des Juifs , ces derniers surtout dans les villes.
16 V. Wytkowyszki (BHJbKOBiiniKH), stat. à 2 V. de la ville de district du même nom, qui fut, le 22 juin 1812, avant le passage du Niémen, le quartier général de Napoléon. C'est de là que l'empereur lança la proclamation où il annonçait à son armée le commencement d'une «seconde guerre de Pologne».
28 V. Pilwiszki, — 63 V. Mawrucl. On atteint le Niémen, que la voie franchit sur un pont de fer de 400 m. de long, n y a un pont de bateaux dans le voisinage.
81 V. KOYXLO. — L* gare (buffet) est à l'E. de la ville. — Hôtels : Métropole (ch. de 50 k. à 3 r.), H. Lewinson^ H. de VerseUlles, tous sur la Perspective Kikolaïevsky, principale artère de la ville. — Kbstacs., au jardin de la ville. — Voitures : de la gare à la vieille ville, "^.k. ; à la ville neuve, 30: à l'heure, 30. — Tramway, de la gare à la ville (o V.), 10 et 6 k. — Bateaux à vapeur (trajet intéressant) pour Tilsit, par Georgenbourg.
Kovno (KÔBHo), ville d'env. 74 000 hab. , dont la moitié Israélites , est le chef-lieu du gouv. du même nom , avec une importante forteresse, dans un joli site, au confluent du Niémen et de la Viliia (BHjiâ). Elle est encaissée entre les rives du fleuve, qui ont env. 60 m. de haut, et elle se compose d'une vieille ville étroite, et d'une ville neuve, en amont.
La fondation de Kovno remonte, dit-on, au xi^s. Elle devint peu à peu au xivc et au xv^s. le centre du commerce sur les frontières entre la Pologne, la Lithuanie et la Russie; de 1384 à 1898 elle appartint à rOrdre Teutonique. Une armée russe, sous le tsar Alexis, la pilla et la brûla en 1655. Lors du troisième partage de la l'ologne, en 1795, Kovno échut à la Russie. Le 22 juin 1812, l'armée française atteignait la rive g. du Niémen en face de Kovno , et le 23 au matin Napoléon vint en reconnaissance à Alexoten, en face de la ville. Une hauteur près du village de Poniémoni (en face de Ohantsi p. 31-, à env. 8 Y. du pont) s'appelle encore eoUine de Napoléon. Kovno' fut occupée le 24 juin.
On remarque entre autres églises catholiques : celle de St-Pierre-
« VUna. VII.NA. //. R. 7. 31
et-'3t'P€ml, du xv® s., la plus grande église catholique de la Lithu-
anie; celle de St-Oeorges, de 1471, tt\K chapelle Ste-Gertrude, qui
existait déjà en 1503. L'église gréco-russe de St-Pierre-et^St-PatU
a été achevée en 1694. h'^glise luthi^rienne, hâtie en 1686 dans le
style gothique primaire, est située dans la vieille ville. Sur la grand'
place, en face du bel hôtel de ville, mie pyramide en fonte, élevée
en souvenir de la retraite des Français en 1812. Ce monument
porte l'inscription : «La Russie fut surprise en 1812 par une année
de 700000 hommes; 70000 seulement repassèrent la frontière.» —
Dans le faubourg de Chantsi, habité par des ouvriers, en face de
Poniémoni (p. 30), de grandes casernes.
A 32 V. de Kovno (diligence , 1 r. 20 ^ voit. , qu'on peut prendre à la poste, 5 r.) se trouve Byrohtany (BHpmràHbi^ hôt.: Staraîa Goêtinitta^ eh. 16 a 25 r., dîn. 12 à 17 r. par mois), qui a des bains d'eaux salines, dans un beau site. La saison dure du 15 mai au 1^' sept.
La voie passe ensuite dans un long tunnel et longe quelque temps le Niémen, puis traverse la partie la plus boisée du gouv. de Kovno.
115 V. Koc]iédar7(KomeAâpiii; buffet), où s'embranche le chemin de fer de Riga (R. 9 B) par Mouraviévo (Liban, v. p. 42).
162 y. Landvaroyo (JaHABapÔBO; buffet), où aboutit la ligne de
Varsovie à St-Pétersbourg (v. p. 39).
A 10 V. au S.-O. est la petite ville de Tréki (TpoKH). Elle a un vieux ehâteau, où le grand-duc Sigismond de Lithuanie fut assassiné en 1440 par les voïvodes Dolgierd de Vilna et Lelusz de Troki et le prince Czartoryski.
On se rapproche de la vallée de la Viliia, affluent du Niémen,
et passe dans un tunnel sous les Monts- Ponary. — 178 V. Vilna, où
il y a un long arrêt. Si Ton quitte sa place, faire surveiller son
bagage par un commissionnaire (nossflchtchik; 20 k.).
Vilna ( Wilno; Buji»HO). — Buffet, bon. — hôtels (omn. à la gare, 40k.): H.St-aeorge (TDl. a, A 2), Perspective Ghéorghievsky (ch. t. c. 1 »7r., dé^i. 40 k., dîn., de 2 b. à 6 h., 50 k. à 1 r.) ; ff. de l'Europe (pi. b, A B 4), au coin de la Németskaïa et de la Blagoviécbtchenskaïa (ch. t. c. 75 k. à 10 r., déj. 40 k., dîn., de 2 li. à 5 h., 50 k. à 1 r.)^ H. du Continent (pi. e, B4), en face du théâtre, beaucoup de marchands (ch. et b. 75 k. à 4 r., déj. 45 k., dîn., de 1 h. à 5 b., 75 k. à 1 r.), tous trois ont des bains; ff. Sokohvjki (pi. d, A4; hôtel garni), Niémetskaïa (ch. 80k. à 3 r., b. 10 k.). — RjBSTADRÀKT: Narouchivitch, Bolchaïa, près du théâtre (pi. B4). —Lieux DE divertissement: jardin de la ville (pi. D8), dans un joli site, il y a des concerts militaires en été; Ghweizaria (pi. D5), opérettes. — Poste ET TÉLÉGRAPHE (pi. B 3), Bolchaïa.
Voitures de plage (tarif): de la gare à la ville, 35k.; à la course,, en. ville, 20 k. ; à l'heure, 45 k. ; heure suiv., 40 k. — Tramways (5 k.) : de la gare au pont Zéliony (sejiëHuiî uoct-b) et à la cathédrale Pretchistensky (pl.C4), par la ville; de la cathédrale St-Stanislas (pi. B 2) au faubourg Antokolé; puis, dans les faubourgs Sarétchié et Loukichki.
Principales curiosités (3 à 3 h.) : chapelle Ostra-Brama (p. 32), cathédrale St-Stanislas (p. 33) et mont du Château (p. 33).
Vilna {IQO m.) , chef-lieu du gouv. du même nom et autrefoi.s
capitale de la Lithuanie , est agréablement située sur les flancs et
32 //. R. 7. VILNA. Histoire,
les sommets de collines hautes de 250 m., avec ses faubourgs d'Antokoléy Sarétchie, Pogoulianka et Loukichki, au confluent de la Vîliia et de la Vileika. Elle compte env. 160 000 hab. (Lithuaniens, Polonais et juifs). Cette ville est le siège du commandement du III® corps d'armée et d'un gouverneur, d'un archevêché gréco-russe et d'un évêché catholique. Elle a des rues étroites, malpropres et mal pavées, mais elle possède plusieurs hôtels magnifiques appartenant à de grandes familles polonaises, et beaucoup de vieux édifices, surtout des*'églises.
L'histoire de Vilna remonte aux temps les plus reculés, où elle était le centre du paganisme. On y entretenait un feu saeré , au pied de la colline sur laquelle Ghédimine, grand-duc de Lithuanie, bâtit la forteresse. Elle devint dès 1323 à la fois ville et résidence du prince. Vladislas Jagellon, grand-duc de Lithuanie et roi de Pologne (dès 1386), introduisit le christianisme à Vilna en 1387 et y fit élever la cathédrale St-Stanislas à la place du principal sanctuaire du paganisme (p. 33). La même année la ville reçut le droit de Magdebourg:- Elle est souvent nommée dans les luttes des Polonais contre les chevaliers de l'Ordre Teutonique, les Tatares et le grand-duc de Russie. Elle eut beaucoup à souffrir, 'au xvii^ s. et au xviii^ s. des pillages des Suédois, des Busses et des Cosaques. Elle fut bravement défendue pendant la guerre de 1794, mais elle tomba le 12 août au pouvoir des Russes. Au début de son expédition de Russie, en 1812^ Napoléon fit du Niémen le front de ses opéi^tions et de Vilna, où se croisent les routes de Kœnigsberg et 4e Varsovie à St-Pétersbourg et à Moscou, le centre de la ligne française. Il fit son entrée solennelle dans la ville le 26 juin. Durant la retraite^ après Tincendie de Moscou, Napoléon s'arrêta encore à Vilna et y quitta l'armée, sous un déguisement, dans la nuit du 6 dée. 1812. Les Français ne. purent défendre Vilna et se retii^èrent en ^pillant les magasins et en laissant dans la ville 20000 malades et blessés. L'empereur Alexandre y entra le 22 décembre. -
De la gare (pi. B 6), située au S. de la ville, suivre à dr. (E.) la Yoksalnaïa et tourner au bout de. 6 min. à g. dans l'Ostrovorotnaïa (pi. B 5, 6), où se trouve'^!' 0«^ryia Vorota, porte du xvi® s. Audessus de cette dernière, du côté N., où est aussi la montée, la chapelle d'Ostra-Brama" (pi. B CÔ), avec la grande image miraculeuse de la Vierge, révérée des gréco-russes aussi bien que des catholiques. La rue est toujours remplie de fidèles; toutefois l'image n^est visible qu'à l'heure du culte par les fenêtres de la chapelle alors ouvertes. Au delà de la porte, à dr., V église Ste-Therèse, aux catholiques, fondée en 1626, avec une riche façade en marbre. Plus loin, à dr., le couvent du Saint-Esprit (CBflTO-^^xoBCKifi xonacTupb), fondé en 1592, et en face, le couvent de la Trinité (Cbiîto- TpÔHURÎii KOHacTupi»), de la fin du^v^ s. : tous deux gréco-russes. L'Ostrovorotnaïa débouche sur la place du théâtbe (pi. B 4), un .square. Le théâtre est l'anc. hôtel de ville, restauré en 1783 sur les plans de Goutzévitch et transformé en théâtre en 1845. En face du théâtre, s'élève la cathédrale St-Nicolas, qui est imposante; bâtie de 1596 à 1604, aux Jésuites jusqu'en 1773, elle a été adaptée au culte gréco-russe. — A l'angle S.-O. de la place du théâtre commence la Niémetskaïa ou rue des Allemands, où n'habitent aujourd'hui que des Juifs, et où se trouve V église luthérienne (pi. A 4), qui n'est pas visible de la rue.
•^■^■Mg^c^À ,g . „
ZJÊmîvnude^Jiintrarier. .B3
Wagner & Débes Jjeip'sig.
Cath, St'Stanialas. VILNA. //. H, 7. 3B
Au N. de la plaee du Théâtre court la Bolchaïa, principale artère de la ville. A dr. d'abord, V église St- Nicolas (pl.BC4); en face, le vaste bâtiment de l'état -major du |diatrict militaire de Yilna (pi. B 4). Plus loin, à dr., au milieu d'une place, V/glise Piainit»' kaïa (pi. BC4), bâtie en 1845 et restaurée en dernier lieu en 1865. — De là on suit à TË. la Spaskaïa et Ton parvient à la cathédrale Pretchistensky (pi. G 4), renouvelée en 1867, après avoir subi différentes transformations. — Plus loin, dans la Bolchaïa, à g., St'Jean^ église catholique; fondée par Jagellou en 1388, achevée en 1426, elle a été restaurée en 1571 et eu 1826. La façade, décorée de statues , n'est visible que de la cour du premier collège. Le clocher
est la construction la plus haute de la ville.
Dans la Blagoviéchtchenakaïa s'élève Véglùe du St-JSsprit (Kocrejn. cb. Jlix.&\ pl.ABâ)^ fondée en 1441, elle a été cédée plus tard aux dominicains, dont le couvent avait été sécularisé ou 1844. Plus loin, à TO., dans la Zavainaïa, Véglisé réformit (pi. A 3, 4). — De la Bolchaïa, au delà de réglise St-Jean, la ruelle (péréoulck) Mikhaïlovsky conduit à la belle église Ste-Anne (pi. C 3), construite à la lin du xiv^s. dans le style gothique. A côté, Véçlise St-Bèrnard-et- Si- François , fondée en 1469.
La Bolchaïa aboutit à la vaste place de la gathédbale (pi. B 2, 3), où se voit, du côté N.-E., la cathédrale St-Stanislas , avec un haut clocher rond à la base et octogonal au sommet, dont le soubassement, daterait encore du xiv®s. Elle est dans un joli ton rouge clair. Cette cathédrale, fondée d'abord en 1387 sur l'emplacement du temple païen de Perkounas , dieu de la lumière (p. 32), incendiée à plusieurs reprises et restaurée à fond en 1801, a la forme d'uju temple grec. Six énormes colonnes de style dorique en forment le portique; dans le tympan, le sacrifice de Noé; au-dessus, les statues de Ste Hélène, tenant une croix, et des saints Stanislas et Casimir.
A Tintérieur, richement décoré, se voit, du côté S., dans une chapelle en marbre du style baroque, le cercueil en argent de St Casimir, qui pèse 12Û0 kilogr. Au-dessus du tombeau du grand-duc Vitovt (m. 1430), une image de la Vierge, qui lui a été offerte en 1386 par Tempereur grec Manuel Paléologue. Il y a, en outre, beaucoup de monuments funéraires de nobles lithuaniens et polonais issus de familles célèbres.
Non loin à l'E. de la cathédrale se voit un buste de poète Pouchkine (pi. 1), en bronze.
Sur le mont du château (aaNKcnafl ropà ; pi. C 2; on y monte commodément du jardin botanique), à env. 50 m. au-dessus de la Viliia, s'élèvent les ruines d'un château construit par Ghédimine. De la tour (rafraîch.) on a une *vue splendide sur la ville et ses environs. En face, sur la rive dr. de la Vileika, le mont de la Croix («pecTÔBaa ropà), avec une vue également belle.
Sur la Perspective Ghéorghievsky, qui part au N.-O. de la place de la Cathédrale, se trouvent le Nouveau Théâtre^ et plus loin, le tribunal du district achevé en 1898.
Au S. de la place de la cathédrale, la Dvortsovaïa conduit au château et aux bâtiments de l'anc. Université. Le château (pL B 3), résidence des archevêques de Vilna du xvi® au xviii^ s., est actuellement le siège du gouverneur. Napoléon y résida du i8 juin au
Bœdeker. La Russie. 3*» édit.