‹ La Russie; manuel du voyageurChapitre 6 sur 175 · CHEMINS DE FER · texte numérisé non relu

CHEMINS DE FER

Rtnséign.

un passage au milieu ou sut le côte, avec dès portes à chaque extrémité, ainsi qu'un cabinet de toilette avec water-closets (yôépsafl, yvuBàibiiHK'B). La plupart des wagons sont insuffisamment éclairés la nuit avec de la bougie. On apportera un oreiller, un essuie-main et du savon, ainsi qu'un chandelier qu'on peut accrocher à la fenêtre. Le Russe prend avec lui dans le coupé autant de menus colis que possible. — Les voitures de l'*^ classe ont de larges banquettes sans accoudoirs ; en relevant le dossier du siège, on obtient quatre places où l'on peut se coucher (s'adresser pour cela au conducteur oq à son aide, le provodnik). Les voitures delà ligne Nicolas (de St- Pétersbourg à Moscou) ont des fauteuils, qui peuvent se transformer pour la nuit en un lit. — Il y a aussi des banquettes avec dossier pouvant généralement se relever dans les wagons de 2^ classe, qui sont souvent combles, et où il n'est giràre possible de dormir. On peut souvent retenir deux places ptr l'entremise d'un commissionnaire (nossilchtchik. 15 à 30 k. ; v. p. xxi). Le Russe ne se dérange guère quand il monte quelqu'un, à moins que ce ne soit une dame. — Sauf dans les provinces Baltiques et la Finlande, il faut absolument éviter 4a 3^ classe. — Il y a sur toutes les lignes des wagons pour ceux qui ne fument pas (ajh HeKypâwHX'B) et pour dames {HM abv'b).

En hiver, il y a partout doubles fenêtres et des poêles, qui chaufTent au point que la chaleur est intolérable dans la partie supérieure, tandis qu'on sent un courant d'air glacial sur les pieds.

Les prix des billets sont calculés d'après un tarif des tone». La Finlande a son tarif calculé en marcs (p. 173).

300 V., et ensuite*!) par zoues

Les prix s^élèvent par verste jusqu^à inégales (v. ci-dessous).

Ilre cl.

De 1031 à 1510 V., toutes Us 40 F., 50, 90 et 30 k. :

De 1610 à 3010 V., toutes les 60 F., 50, 90 et 20 k. :

De 3011 V., toutes les 70 F., Ir., 60 et 40 k.:

SSBOV 136.-

3e el.

3«cl.

pratiques. CHEMINS 1)K FER, XIX

Depuis le QO déc. 1900, on prélève «ar chaque billet une aurUve de 5 k. au profit de la «Soeiété de la Croix Kouge*.

Les billets (ÔHJiérB) sont valables: 1 jour, pour 1 à 200 verstes: — 2 jours, pour 201 à 800 V.; — 3 jours, pour 501 à 800 V.; — 4 jours, pour 801 a 1100 V. •, — 5 jours, pour 1101 à 1500 V.; — 6 jours, pour 5101 à 1900 V.; — 7 jours, pour 1901 à 2300 V.; toutes les 400 verstes die plus prolongent de 1 jour, la validité du billet; le jour où Ton n pris le billet n''entre pas en ligne de compte.

Les prix des billets indiqués dans le texte de ce manuel sont ceux de l*"® et de 2» cl.

Pour les trains express il faut payer, outre le billet de surtaxe,

un supplément ou billet pour la place (njaiiKapTu) numérotée, «ù

l'on peut dormir.

Les BILLETS POUR LA PLACE se prennent au guichet (et non auprès

du conducteur) ; ils coûtent: 1 r. 50 (75 k. sur la ligne de Varsovie

à Vienne) en 1** et 2® cl., et 75 k. (1 r. sur la ligne Nicolas) en 3* cl.

Un voyageur seul, qui désire avoir pour lui un compartiment de

deux pers., paye 6 r. au lieu de 1 r. 50. En prenant ce billet; on

indiquera si l'on veut une place pour fumeur ou dame , une place

d'en bas (HHSHee m^cto) ou une d'en haut (BépxHee MtcTO; formét^

en relevant le dossier du siège, v. p. xviii). Le conducteur loue des

draps de lit. (1 r.). On a le droit d'occuper la place réservée pour

dormir de 9 h. du soir à 9 h. du matin.

On trouve des uxigons-lUs de la Société des wagons-lits sur les lignes de St-Pétersbourg à Virballen (Berlin), à Vienne (par Varsovie) et à Moscou, et de Moscou à Nijny -Novgorod, à Varsovie, à Sébastopol et en Sibérie. En prenant deux billets de surtaxe un voyageur peut obtenir, en 1**® cl., un compartiment pour lui seul. Il est bon de retenir sa place d'avance (75 k. à 1 r. par billet); draps de lit, 1 r.

Sur quelques lignes, le chef de train prend les billets en dépôt en échange d'une contre- marque et il les rend avant la dernière station. — Si l'on veut s'arrêter à une station intermédiaire, il faut immédiatement après l'arrivée prier le chef de gare ( Hanâ JbHHRi» ctéhuih) de constater l'interruption du voyage (OTM^TKa oôi» ocra- HÔBKt), et en continuant son trajet (même d'une station plus rapprochée du but), on doit présenter son billet au guichet (Kâcca) pour le faire timbrer au plus tard 10 min. avant le départ du train. Pour les bagages, la franchise est de 16 kilogr. (1 poude), et l'excédent, calculé par 10 livres russes, se paie selon la distance. — Pour les bagages qui seraient perdus par la faute du personnel du chemin de fer, le voyageur de 1*"® cl. est dédommagé à raison de 3 r. et celui de 2® cl. à raison de 2 r. par livre.

Les gares sont vraiment bien organisées, sur la plupart des lignes. Les buffets (ôy^éri») des prineipales stations sont excellents, sans être chers; il y a un tarif fixé par l'administration et les prix sont indiqués aux plats. Le thé, qui se sert à toute heure, est préférable au café. Avant les stations importantes, les conducteurs viennent les annoncer dans les voitures, en disant combien il y a d'arrêt. On fera fermer à clef par le conducteur son compartiment de 1'® cl. ou bien l'on confiera la surveillance de son bagage à un commission-

XX VOITURES DE PLACE. Renseign.

iiaiie (20 à 80 k.) durant les arrêts (surtout aux stations les plus fr«^qu entées). — Dans les librairies des gares principales on trouve généralement, outre des livres russef:, un petit choix d'ouvrages français (chers). Les journaux étrangers sont rares.

Voyages en poste. — La poste (nôqxa) aux chevaux est seulement organisée en vue de fournir au voyageur la possibilité de louer des chevaux, conformément à un tarif. Il y trouve aussi une voiture ou, en hiver, un traîneau, dit «kibitka», et muni d'une capote. Si

les voitures sont mauvaises, les chevaux n'en sont que meilleurs. La téléga (Te.Kéra) est un véhicule des plus simples à quatre roues grossières et iewx essieux, dont chacun supporte une sorte de clievalet •, une caisse, offrant deux places, repose sur les deux chevalets. Une course en téléga est naturellement des plus fatigantes. — La taranteus- téléga (nepeitaaffHàH rejiéra), presque partout en usage actuellement, est un peu meilleure que la précédente. — Le taraniass proprement dit est une chaise de poste à capote et supportée par des tiges de bois ; mais on ne peut ^ëre en louer que dans les grandes villes. — La tarataîka (TapaTéâna) est a 4 roues, comme la téléga, ou seulement à 2 roues, surtout en Finlande.

La taxe (progon, nporÔHHaji njàra) est en moyenne de 3 à 7 k. par verste (1067 m.) et par cheval; il y a, en outre, un impôt d'Etat (rocyAapcTBeHHuii côopi), généralement de 20 k. d'une station à l'autre, et parfois aussi un péage (moçcéiiHHS côopt). L'attelage se compose de 2 à 6 chevaux, selon les chemins et le temps qu'il fait. La voiture se paie à part. On change de chevaux et de postillon à chaque relais, et aussi de voiture, quand on n'en a pas loué une pour tout le trajet. Le postillon reçoit toujours un petit pourboire, 20 à 30 k. (onj paiera à l'arrivée et en présence du postillon suivant). On fait bien aussi de donner quelque chose, 5 à 10 k., aux garçons d'écurie qui attellent.

Voitures de place. — L'étendue considérable de la plupart des villes russes fait qu'on est obligé d'y prendre souvent des voitures. Les chevaux courent très bien (le cri du cocher: ôeperricb signifie garel) et les prix sont relativement peu élevés. Les voitures se nomment tantôt izvochtchik (les likhatchi à St-Pétersbourg et à Moscou sont meilleures), tantôt jfcaréVa, tantôt drojM^ etc. Le nom d'izvochtchik (HSBÔmHKi»), qui désigne en même temps le cocher, est le plus usité. La plupart des voitures sont à 1 cheval, avec l'archet de brancard («douga^)) et n'ayant bien juste que 2 places-, elles sont souvent découvertes et n'ont pas de stations fixes comme la karéta^ qui est à 2 chev. et qui ne se trouve que dans les plus grandes villes, et la troïka^ qui en a 3. Les voitures à 3 chev. sont assez commodes, mais relativement chères ; le cheval timonier, animal vigoureux, court seul entre les brancards; les deux autres, attelés en bricole et la tête très en dehors, sont lancés au galop^ tandis que le cheval|timonier ne doit jamais quitter le trot le plus rapide; le cocher se nomme iamchtchik (flHmi^'b). La lineïka (iHHéHKaj est une voiture à quatre roues, dont les deux essieux sont reliés par une longue planche, plus ou moins large et faisant

pratiques, HOTELS. XXI

ressort. — Dans le Sud de la Russie, en Caucasie et en Trans-

casple 11 y a des pha^tons : voitures à quatre roues et à 2 chev. avec

un dais.

Même dans lea villes oii il y a un tarif, il faut bieu e^eutendre sur les prix avant de monter en voiture. Les promenades en ville (KaraBie nu rôpcAv) ne sont généralement pas eomprises dans le tarif. Les eourses désignées dans le tarif ne sont pas payées d*après la taxe des voit, à l'heure. En eas de contestation, s'adresser au gardien de la paix (gorodovoï) le plus proche ou à un poste de police. Le cocher ne sait souvent pas lire, parfois même il ne connaît pas bien la ville, ou bien il fait des difûcultés pour changer une pièce de monnaie un peu forte. Il faut se montrer bien décidé et parler le moins possible. Il est bon de ne pas prendre de voiture près de son hôtel, car les cochers qui y stationnent demandent davantage. Il n'est pas d'usage de donner un pourboire. — Voir aussi le Manuel dé langue russe.

Le prix d'une course de 15 à 20 min., avec une voit, à 1 chev., est de 20 à 30 k. dans presque toute la Russie. On ne paie pas plus la nuit que le jour, dans les villes où il n'y a pas de tarif, mais il y a une augmentation sensible dans les prix les dimanches et jours de fête et quand le dégel rend la circulation plus difficile (50 à 60 k.). Les petits traîneaux à 1 chev. (caHH), dans les villes, sont plus larges et plus commodes que les voitures. Dans une course rapide, il faut se bien tenir pour ne pas être précipité dehors. Des traîneaux plus commodes sont les troïka d'hiver^ peintes en plusieurs couleurs claires.

Les tramways à traction d^ chevaux (KÔHKa) vont lentement. L'étranger préférera généralement prendre une voiture. On ne donne pas de pourb. aux conducteurs (KOflAyKTOpT.).

Domestique de place, nommés commissionnaires j en Pologne «facteurs». — On en trouve dans beaucoup d'hôtels des villes russes, et on les loue 4 à 5 r. par jour, 2 à 3 r. pour une demi-journée. Il n'est pas rare qu'il vous facilitent en été Taccès de collections souvent fermées à cette époque. — Les possylnié ou nossilchtchik (nocfaUbHuâ, HOCMibmHKi») sont des commissionnaires proprement dits. On leur paie pour une course 20 à 40 k. Ils sont tout à fait dignes de confiance, car ils forment uuq association (apréib), avec cautionnement.

£. Hôtels. Chambres garnies. Bestaurants.

Hôtels (rocTiÎHHau, gostinitsy). — Ceux de St-Pétersbourg , de Moscou, de Varsovie, de Riga, d'Odessa et de Kiev ne sont pas inférieurs à ceux de TËurope occidentale ; ceux des grandes villes de province ne sont convenables que si l'on n'est pas trop exigeant et ils ne laissent que trop souvent à désirer sous le rapport de la propreté. Toutefois ils portent souvent des désignations, p. ex.^Grand-Hôtel , qui ne correspondent pas à la réalite'. Les lavabos sont généralemejU insuffisants. Ils se composent d'ordinaire d'une petite cuvette, derrière laquelle se trouve une boîte en ferblanc, d'où s'échappe un maigre filet d'eau. Même dans les meil-

XXII RESTAURANTS. RenêHgn,

leurs hôtels à la russe , il faut d'abord tout préciser et débattre ; il faut entrer dans les plus petits détails. Le linge, c.-à-d. les draps de lit, est compté souvent à part. Chaque bougie est portée en compte au prix de 10 à 15 k. Le service n'est pas compté. Pour une note un peu importante, on donnera env. le 10% du montant; pour un compte de 3 à 10 r., on remettra 20 à 25 k. au domestique, au concierge et au garçon d'hôtel. On trouve un restaurant (v. cidessous) dans la plupart des hôtels. Il y a très peu de journaux étrangers, même dans les meilleures maisons des grandes villes.

Il y a des auberges simples dans beaucoup de couTents situés liurs des grandes villes.

Dans le texte de ce manuel on sous-entend le mot gostinitsa (hôtel) dans rénumératiou des hôtels à côté des adjectifs terminés, en aïa, p. ex. hôtel: Rousskaïa signifie Bousskaïa Gostinitsa, c.-à-d. hôtel de Russie.

Chambres garnies, dites Numéros (MeôJHpÔBaHHUfl KÔHHani, Hovepâ ou noABÔpbe). — Elles ne sont que pour les voyageurs qui ont riutention de rester longtemps dans une grande ville et qui trouvent les hôtels trop chers, et il importe de se bien renseigner avant de loger en garni. Le prix d'une chambre est en moyenne de 20 à 30 r. par mois, linge et pourboire non compris.

Bestaorants (pecxopàHi). — Suivant leur grandeur et leur genre, on distingue ceux de 1®' ordre et ceux de 2® ordre et les magasins de comestibles fins, puis les brasseries, débits de thé (rpaxTâpi, traiteur) , gargotes (KyxMUCTepcKiir) , etc. ; ces derniers ne sont fréquentés que par les basses classes. — Il n'y a de cafés que dans quelques villes (p. ex. à Varsovie, à Odessa).

Les restaurants de f ordre sont des plus luxueux. C'est là que l'étranger peut bien apprécier la cuisine russe. C'est du moins particulièrement le cas à Moscou; à St-Pétersbourg, elle subit déjà notablement les influences française et allemande. Une particularité de beaucoup de ces restaurants, ce sont les énormes jeux d'orgues de leurs salles à manger. L'étranger est en outre surpris du nombre extraordinaire de garçons (souvent tatares) qui s'y trouvent. On les appelle en se servant du mot tchelloviek (homme). On dépose pardessus, caoutchoucs et chapeau (qu'il n'est pas d'usage de garder) au vestiaire, et l'on donne si l'on veut, ô à 10 k. On ne reçoit pas de contre-marque. — Dans les restaurants de 2^ ordre on peut dîner à midi à 50 k. et 75 k. La bière de Riga passe pour la meilleure (25 à 30 k. la bouteille). — Dans quelques grandes villes, les magasins de comestibles fins dits gcutronomii (racrpoHÔHiH) forment des espèces de restaurants, qui se recomn^udent surtout pour le déjeuner à la fourchette. — Les vins étrangers sont chers ; ceux du pays: de Bessarabie, de la Crimée (caves des domaines impériaux, yA^JbHoe BéAOMCTBO, etc.) et du Caucase (de Kakhétie) sont bons et moins chers (dep. 1 r. la bouteille). Dès 1901. le monopole de l'eau -de -vie a été introduit dans tous les gouvernements; la meilleure se nomme Monopolnaïa 1.

praHquéà, POSTE AUX LETTRES. XXÎH

Oolsin* zoMê. — Tout eat réglé d*n8jeett« euisine. Chaque saison a ses potages, sa volaille et sa pâtisserie. Pour bien des mets, on peut indiquer la date de leur apparition sur la table russe. On eommenee à manger du fruit le ë août; la glace et le kvass froid se servent pour la première fois le jour de Pâques. La religion a son influence sur le menu ; il n'est pas le même le samedi que le dimanche, le mercredi et le ven* dredi, jours de. jeûne, que le lundi et le jeudi. Il y a aussi des plats particuliers pour Noël, les jours gras et Pâques. Le cuisinier voit de bon œil qu'on choisisse la viande soi-même et qu'on assiste à sa préparation,

11 y a encore une particularité, la zakouêka (aas^CKa) ou le bors-d'œuvre. Les grands restaurants ont toujours un buffet,iet même une salle à part pour cela. On y trouve du caviar, diverses sortes de poissons et de viandes, des concombres, etc., des spiritueux, de Teau-de-vie, qu'on prend comme apéritifs avant le diner ou comme second déjeuner, etc. On trouve aussi la sakouska chez les particuliers. — Voir aussi le Manuel de langue ruêu.

F. Consulats. Sûreté pnbliqne. Polioe.

Consulats. — Ils sont importants pour les étrangers, qui font bien de s'adresser à celui de leur pays en cas de difficultë et surtout de différend avec les autorités russes.

Sûreté pnbliqne. — Elle ne diffère pas en Russie de ce qu'elle est dans le reste de l'Europe. II est tout à fait inutile de porter des armes (v. p. xvi), si ce n'est pour la chasse. On pourrait même, avec des armes, s'exposer à de grands désagréments, à cause des lois d'exception en vigueur dans quelques villes.

Polioe. — Les agents, dits gorodovoîs (ropoxoBÔ8)', sont polis et prévenants, du moins dans les grandes villes.

^G. Poste aux lettres et télégraphe.

Poste aux lettres. — Le service est en général tout à fait digne de confiance, mais l'adresse des lettres devrait être toujours écrite en russe. Les lettres qui attirent de quelque façon l'attention sont ordinairement ouvertes à la poste. Il n'est pas rare que celles qui dépassent le poids ordinaire et dans lesquelles on suppose de l'argent ou des objets de valeur y disparaissent. Les envois d'argent doivent être déclarés sous peine de confiscation. Les lettres recommandées causent bien de l'embarras, lorsqu'on est à la campagne. On y reçoit, à l'arrivée d'une lettre de ce genre, un avis du bureau de la ville (noHTâMTT»). Il faut alors s'adresser à la police de l'endroit pour avoir un certificat 4' identité (v. ci-dessous), et se rendre à la ville avec ce certificat pour retirer la lettre. — Les bureaux sont généralement ouverts de 8 h. du matin à 2 h. du soir (les dim. de 11 h. à 2 h.). On reçoit les paquets env. 24 h. après leur arrivée. — Les timbre^poste (v. p, xxiv) ne se vendent dans la plupart des magasins, des restaurants et des hôtels qu'avec une surtaxe. U vaut donc mieux s'en procurer un nombre suffisant

au bureau de poste le plus rapproché.

Tous les bureaux de poste sont fermés : les jours de fête de l'empereur (6 déc), de l'Impératrice (23 avril) et de rimpératrice douairière (33 juillet); le:» 1^' et 6 janv.; les i^^ et 2« jours de Pâques; le dim. de

XXIV TÉLÉGRAPHE. Memeig^i.

Pentecôte \ le 36 dée. Néanmoins les lettres sont distriboéea^ à dtinicile, ces jours-là comme d'ordinaire.

Taxes. — Lettre» (saKpiiToe nHCfcMé.. lettre fermée): pour la Russie, 7 k. par lotii (12 gr. 80) \ pour les pays de TUniou postale, iO k. par 15 gr. (1 loth Ve)- — Carie» postales (oTxpiÂToe nHCbMO, lettre ouverte): pour la Russie, 3 k.; pour les pays de rUnion postale, 4 k. — Lettres recommandées (saïasHÔe ornpaBJiéHie) : le port ordinaire, plus 7 k. pour la Russie ou 10 k. pour les pays de TUnion. — Envois sous bande (6aHAepÔJbHbiB ornpaBJiéHifl), 2 k. par 4 loth pour la Russie ou par 50 gr. pour les pays de l'Union ; maximum de poids pour ces pays, 2 kilos. — Paquets ordinaires ou recommandés (nociÂJiKH ôesi iraHià h x^Îbebih), jusqu'à une valeur de 5000 r. , en Russie, jusqu'à 2 livres, 20 à 60 k. suivant la distance; jusqu'à 7 livres, 40 k. à 1 r. 20. Colis postal de 5 kilos pour la France, 90 k. — Envois d^aryeni et de valeurs (AénescHue h nÎHHBie naiéTbi). On peut les présenter ouverts ou fermés. Ceux qui sont présentés ouverts peuvent peser jusqu'à 20 livres et atteindre une valeur de 15000 roubles. Ils doivent être alors fermés à la poste, de 5 cachets. Les envois présentés fermés^ ne peuvent peser plus de 10 livres ni valoir plus de 500 roubles. Les lettres chargées

{»ayent en Russie 7 k. par loth, pour les pays de l'Union 10 k. par 5 gr., plus les droits d'enregistrement. — Les itumdats de poste et télégraphiques peuvent être expédiés à l'intérieur de la Russie jusqu'à 100 r., moyennant 15 à 25 k.

On doit mettre sur une lettre recommandée, aaKaande ; sur un paquet contenant de l'argent, dans le haut, à dr. , AénesHuA («dénéjny»)? sur un paquet recommandé, nrfcHR&iâ («tsiénny*); sur un envoi contenant des valeurs, dans le haut, à g., naenaa («tsiénnaïa*); sur un paquet de livres, cil KHiiraiiH («ss knigami»). Les paquets recommandés pour l'étranger ou pour des endroits de la Russie non desservis par un chemin de fer, de même que ceux qui pèsent plus de 5 livres, doivent être enveloppés dans de la t9ile> sur laquelle il ùiut^ écrire l'adresse et le nom de Texpéditeur. L'administration les fait elle-même ficeler et sceller. Ceux qui sont à destination de l'étranger doivent de plus être accompagnés d'une déclaration. Le mieux est de préparer tous les paquets comme des envois de valeurs. Quand une lettre recommandée ne doit être remise qu'à la poste, on ajoute à l'adresse, no noaictiKa (tpo poviéstkié*, sur demande), et si elle doit être gardée (4 mois), «o BOCTpe6oBaHia (»do vostrébovaniia, jusqu'à ce qu'on la démande). Toutes ces mentions doivent être écrites en russe, eu au moins en caractères latins. — Timbres -poste (uonrônhia ifàpKH). II y en a de 1, 2, 3, 4, 5, 7, 10, 14, 20 k. et au-dessus.

Après l'arrivée d'un envoi recommandé ou chargé, le destinaire recpit un avis (noBÎcTaa, poviéstka), et s'il n'est pas connu à la poste, il taut que son identité soit attestée sur l'avis par la police (v. p. xxiii).

Pour la poste en Finlande^ v. p, 173.

Télégraphe. — Une dépêche peut être rédigée en n'importe quelle langue, mais, si elle n'est pas en russe, elle doit être écrite en lettres latines. Les dépêches peuvent être envoyées aux endroits où il n'y a pas de bureau : 1, par la poste, au tarif ordinaire; 2, par estafette; 3, par exprès (cb HapÔHHUH'B) ; 4, par les télégraphes des chemins de fer.

Tarif. — Pour la Russie: pour la Russie d'Europe, 5 k. par mot; pour la Russie d'Asie, 10 k., plus 15 k. de taxe initiale dans les deux cas. Dépêche «urgente* (cpôiaaa), passant avant toute autre, triple taxe. Les mots de plus de 15 syllabes comptent double. — Pour la ville: 1 k. par mot, plus la taxe initiale de 15 k. — Poiir Vétranger: France, 16 k. par mot; Allemagne et Autriche, 11k.; Angleterre, 22 k.; Belgique, Suisse, 17 k. ; Danemark, 15 k.; Espagne, 21 k. i Hollande, Suèdp, 14 k.; Italie, 18k.; Norvège, 16 k.; Portugal, 23 k. — Un télégramme de la France pour la Russie d'Europe et le Caucase se paye 40 c. par mot, pour la Russie d'Asie 1 fr. 90 à 3 fr. 02 c.

prafiyiwf. THÉÂTRES. CONCERTS. XXV

H'Thékttffl4hn»wU, DiTtrtittfm^nti.

Théâtrei. — Ceux des] capitales sont très élégants et presque tous largement subventionnés par TËtat. On n*y donne pas seulement des [représentations en russe, mais aussi en français, en allemand et en italien.

Le talent dramatique russe ,se distingue surtout dans la oomidfo et é9in9 Vopéra comique. Les &a</et«{sOBt dignes de l*opéra, qui est très brillant}, sans néanmoins surpasser ceux des grands théâtres au reste de TEurope; les danses nationales sont ce qui intéressera le plus Tétranger. — Il est aussi intéressant de Tisiter les théâtrei popuUUrei organisés dans les grandes Tilles «t subventionnés par le gouvernement.

Les prix des places varient beaucoup ; les plus élevés sont ceuf

de l'opéra. Aux représentations ordinaires, le fauteuil coûte de

2 à ô r. Les prix sont considérablement plus élevés aux représen-

tajbions à bénéfice qu'aux autres.

Les grands théâtres sont fermés en été, de même que tous les'thé&tres à la veille des grandes fêtes^religieuses , ainsi que plusieurs semaines durant le earême.

Concerts. — Des concerts'militaires et autres se donnent en été tous les jours dans les?parcs et les lieux de divertissement aux environs des grandes villes. Mais en hiver ils n'ont lieu que dans fort peu de villes. D'autre part, on a souvent l'occasion d'entendre des chœurs de bohémiens russes fort originaux, dans les restaurants élégants des faubourgs, où la jeunesse dorée se rend la nuit en troïka ou en traîneau, et l'étranger ne devra pas manquer d'y aller, s'il ne craint pas de payer iin souper cher ni de se trouver dans une société plutôt mélangée.

\,^^ Russes aiment beaucoup la mus^ut. Il m'y a guère } chez eux, 4e fête sans musique; le Russe c^aiit^ même volontiers «n travaillant. La balalaïka^ sorte de cithare d'origine tatare à trois cordes, est redevenue à la mode depuis peu. L'instrument le plus répandu eat toutefois Vcuncordton. — Les chansons russes ont en général i)i| car^^tèr^ uniforme et mélancolique^ — Les chants nationaux des Petits*Russieos sont pluft vifs.

Les di^nies nationalfs (xopop^AU, branles) ont un élément dramatique très prononcé.

Les dan?es nationales r^sses sont: la vcsnicrnfca , la d^use du Printemps; \% galoubets, la dansa des Colombes, r^résentant la querelle et la réconciliation de deux amants ; la Jeamarinskaîa , le katatchok (la cosaque) , etc. On aime aussi beaucoup le<i danses polonaises , comme le mazout :et le krcûcoviak. — Un trait caractéristique de toutes les danse§ ru-<ses est u^e révérence originale, une ^orte de génuflexion, dite «v'prissadkou» (de upHctA^^Tb, plier le genou). — ;|l y a très souvent bal dans les clubs , les théâtres, mais les dansas russes n'y sont pas en usage.

Ij9I Busse? ont aU99i des divertissements particuliers , tels que les montagnes ru^es, les «gouUanié» (v. p. xiçvi) et les courses, notamment les courses au trot en été et les courses en traîneau,

XXTl TABAC. BAINS. lUMeipn.

durant l'hiver. On a surtout Poceasionf d'y assister aux réjouissances de la maslénitsa (■àcjeHHaa) ou « semaine de beurre» , les jours gras de la Russie. — Les montagnes rt<a«e<(rôpjii) proprement dites se composent d'une charpente haute de 10 à 15 m., qui supporte dans le haut une galerie, d'où part la glissoire en pente. Cette dernière est garnie de dalles de glace qu'on inonde d'eau qui gèle, de sorte que la surface devient polie comme un miroir. Un conducteur dirige les traîneaux étroits qui descendent la pente. — Les gouïiàniù (ryiéHbe, de ryjÂTi», se promener) sont surtout des promenades en voiture, le Russe n'aimant pas se promener à pied. Ces promenades ont lieu les jours de grande fête, et les izvochtchiks ne sont pas admis aux plus importantes. Les «goulianiés», organisées de temps à autre dans certains lieux de divertissement, sont des sortes de kermesses.

La chasse n'est permise que dans les bois particuliers. Cependant les étrangers peuvent obtenir des gardes la permission de chasser le petit gibier dans les forêts de la couronne.

Temps prohibé: pour la chasse à l'élan, du 1^*" janv. au 15 août; — au cerf, du 1*"" mars au 15 juillet; — au chevreuil, du l**' nov. au 31 mai; au grand et au petit coq de bruyère, de la mi-mai à la mi-juillet; — à la grande et à la petite poule de bruyère, à la gelinotte et à la perdrix blanche, du ler mars «u 15 juillet; — à la bécasse, du i^^ iuin au 16 juillet; — au canard, du 1^^ mars au 39 juin; — à la perdrix, du l^'^ dée. au 15 août; — au faisan et au lièvre, du 1^** févr. au 31 août.

/. Tabao.

L'habitude de fumer est générale en Russie et commune aux deux sexes. Il n'y a que les vieux-croyants (p. xlxvi) qui s'en abstiennent. Les classes moyennes et les classes supérieures fument surtout des cigarettes (naimpôcu, papyrossi ; 25 cigarettes à 25 ou ÔO k. et au-dessus). Le Russe fume continuellement, si possible même à table, entre les divers . plats. I:es cigares importés sont chers, les droits étant «^levés, mais on peut en prendre 100 avec soi sans payer de droits d't*ntrée, ce qui se recommande. La défense de fumer (Kypéme raôaié BOcnpemàeTcn) ne s'applique qu'à certains endroits, au voisinage de certains édifices, par ex. à la douane, et pour le public, aux bureaux des autorités.

Le Uà>ac employé à faire les cigarettes vient surtout de la Russie même, de la Beasarabie, de la Crimée et du Caucase. Ceux qui ne sont pas con* naisseurs confondent très souvent le tabac de Crimée avec. le tabac turc.

K, Baini.

Baini (ôâhm). — A St-Pétersboutg, à Moscou et dans les grands chefs-lieux de gouvernement, il y a des établissements qui n'ont que de grandes salles pour la basse classe (npocTOHapÔAbe), avec un compartiment pour les hommes et un pour les femmes ; puis il y on a qui, à côté des salles communes (ôômiii), <>nt dés -cabinets (■OHOpé). On peut prendre à l'entrée d'un bain un baigneur ou, pour les dames, une baigneuse (ubanchtchik, banchtchitsa» ; 20 à 40 k.

pratiquée. POIDS ET MESURES. CALENDRIER. XXVII

de pourb.)* Les bains en commun, qu'on ne saurait recommander aux étrangers, sont bien moins chers que les autres, mais aussi bien moins propres, il y eu a à partir de 5 k. Les bains en cabinet particulier se paient de ÔO k. à 3 r. et davantage. Ces cabinets se composent ordinairement de trois pièces: une pièce très confortable pour la toilette, un petit yestibule, avec une baignoire et le bain de vapeur proprement dit, où il y a plusieurs bancs de bois disposés en amphithéâtre et sur lesquels on peut se coucher, en face d'un grand fourneau en pierre, dans lequel brûle un grand feu. La manière de prendre le bain russe est connue. Les établissements de bains sont surtout fréquentés lé samedi, où l'on y compte des milliers de personnes. Voir aussi le Manuel de langue russe.

Page 1