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Tour Blanche . . . G

220 V.R.33. NOVGOROD. De Sl-PÙershourg

en deux parties, le «côté de Ste-Sophie» (Co^fiicKaji CTopoHé), et le

«côte du Commerce» (ToprÔBaa cxôpoHé). Un haut pont traverse le

Volkhov. Sur la rive g. ou le côté de Ste-Sophie sont le Kremlin et

la cathédrale; sur l'autre le Qostiny-Dvor.

Histoire. — Novgorod («ville neuve», par opposition avec Aldaigjeborg ou Ladoga, c.-à.-d. •vieille ville*) a été fondée sous le nom de Holmgard (ville d^île) par les Vikings Scandinaves aux premiers sièeles de notre ère. Les Variagues (Normands) vinrent dans le pays vers 863, sous les ordres de Rourik (p. xxxviij. Ils s'emparèrent de la rive g., où se trouve aujourd'hui le Kremlin. Oleg transféra en 883 le siège de sa domination à Kiev, et Novgorod fut administrée par des gouverneurs (namiestnik). laroslav I^^ (p. xxxvii) lui aceorda de grands privilèges. La puissance de Novgorod s'accrut considérablement au xi^ et au xii^ s. ; elle s'affranchit en même temps de plus en plus de la dépendance de Kiev et finit par s'ériger en république, la «république du Volkhov». Les gouverneur.^ virent grandir en face d eux le pouvoir de l'assemblée populaire, la Viétché (Béie), et celui du chef élu par cette assemblée, le possàdnik. Dans leurs expéditions jusqu'à la Baltique, les habitants de Novgorod entrèrent en rapport avec Visby, centre du commerce de la Baltique^ ils y eurent, ainsi que les villes allemandes, leiir factorerie, et ils laissèrent en retour une colonie allemande s'établir à Novgorod au commencement du xii^s. Novgorod remporta la victoire dans sa lutte contre les Mongols, mais elle fut assez habile pour vivre en bons termes avec le Grand-Khan de la horde d'Or. — Les habitants de Novgorod, qui avaient pénétré à l'O. jusqu'à la Baltique, s'avancèrent aussi victorieusement jusqu'à la Volga et au nord. De cette époque date le dicton : «Kto npoTHBi Bora m BejiûRaro HÔBropoAa?> Qui peut lutter avec Dieu et Novgorod -la -Grande? ainsi que le titre: ■TocnoAHH'b BejiHKiit HùsropoA'^» (Monseigneur Novgorodla-Grande). Mais le voisinage des princes russes ne permit pas à ce peuple de maintenir bien longtemps un si grand empire. Lorsque, sur la proposition d'une femme ambitieuse, Marfa Boretskaia (Potsadnitta)^ la Viétché décida que la ville devait se mettre sous la protection de Casimir IV, roi de Pologne, ce fut la fin de l'indépendance de Novgorod. Ivan JI/^ grandduc de Moscou, parvint à lui imposer en 1471 la reconnaissance de sa suprématie, après des batailles livrées près du lac Ilmen, et Marfa mourut en prison à Nijny-Novgorod. Des hostilités ayant éclaté de nouveau 6 ans plus tard, la ville fut prise en 1478 et rendit hommage à Ivan III. Enfin Ivan le Terrible anéantit en 1570 ce qui restait de la prospérité de cette ville. Si l'on en croit les chroniqueurs, 60000 hommes furent alors exterminés. La fondation de 8t - Pétersbourg et de nombreux incendies achevèrent la ruine de cette anc. ville libre, autrefois si florissante.

Le PONT DU Volkhov (pi. E2-3) offre une jolie vue au S. sur le couvent de St-Georges (p. 223) et le lac Ilmen, De là part, à l'O., une rue qui monte un peu et conduit au DiÛinets ou ♦Kremlin (^tTiiHem»; pi. D E3), citadelle située sur la rive gauche. L'enceinto actuelle, flanquée de neuf tours rondes ou carrées, date des années 1302-1490; les fortifications ont été restaurées en 1698 et en 1862.

Les assemblées populaires («viétché») se tenaient autrefois sur la grande place du Kremlin, au milieu de laquelle s'élève lo monument de Bonrik ou du Millénaire de la Russie ( n6MiiTHHr& TucjmejiTÎio PoccfH; pi. 2), sur les plans de Mikéchine, érigé en 1862, au millième anniversaire de Texistence de l'empire russe. Le piédestal, rond et orné de bas-reliefs représentant des célébrités russes, porte une sphère surmontée d'une statue de la Russie agenouillée et de celle de l'Ange protecteur de l'empire appuyé à une croix ; tout autour sont des statues de bronze qui personnifient diverses péri-

à Staraïa-Roussa. NOVGOROD. V. R. 33. 221

odes de l'histoire de Russie (les six principales sont, en commençant au S., celles de Rourik, de Dmitri Donskoï, divan III, de Pierre le Grand, de Michel Fëodorovitch et de St Vladimir).

Au N. de la place, en face du monument, se voient, à g., le Co7isistoire (^yxÔBHafl KoHGHCTÔpifl ; pi. 32), et derrière, le palais archiépiscopal (v. ci-dessous) ; à dr., la cathédrale Ste-Sophie et Véglise du Sauveur (aépKOBb 6ôra Cnacâreifl).

La ^cathédrale Ste-Sophie {Co*iiicvii^ coôôpi; pi. 26), construite d'abord en bois, en 989, puis en pierre, de 1045 à 1052, par des architectes grecs , est un monument splendide de l'architecture russe au temps du grand-duc Jaroslav I^*". Elle fut pillée en 1066 par Vseslav Bretcheslavitch , prince de Polotsk ; en 1570 par les gardes d'Ivan IV et en 1611 par les Suédois. Cette cathédrale a été restaurée de 1893 à 1900. A l'intérieur, les fresques ont été alors repeintes à l'exception de celles de la coupole centrale. A l'extérieur , le dôme principal a été doré et les autres revêtus de tôle

zlngùée. — L'église est ouverte de 5 h. du matin à 6 h. du soir.

On remarque partieuliërement à l'entrée principale, à TO., les célèbres portée d€ Korêoun. Elles sont en bois de chêne revêtu de bronze. Les plaques de bronze^ divisées en un grand nombre de champs, présentent quantité de petites figures, des scènes bibliques et mythologiques, à côté de têtes de saints et d^évêques et accompagnées dlnscriptions latines et slaves. Selon la tradition, c'est Vladimir le Grand qui a fait transporter ici ces portes en 988 , de la ville de Korsoun (Cherson) , en Crimée. D'après une autre version, ce seraient les portes d'une église de Posen (?) , faites par maître Rufin de Hagdebourg , et transportas à Novgorod comme butin. Il est probable que c'est un présent des villes hanséatiques à Novgorod et qu'elles sont un ouvrage allemand du xii^ s.

L'iNTÉKiEUR (20 à 30 k. au sacristain) de la cathédrale est insuffisamment éclairé par la coupole du milieu, et Taspect en est sévère. Les piliers massifs qui supportent la cpupole rétrécissent encore davantage cet espace déjà assez étroit; ils sont couverts du haut en bas de fresques modernes représentant des saints; Timage du Christ dans la coupole est du xi^ s. L'église a six chapelles et six autels. Les ornements en mosaïque derrière le maître autel sont faits de verres de couleur et considérés comme un travail byzantin du temps d'Iaroslav I^^. Viconostase^ du XVI® s., est richement incrustée d'or et d^argent. Les peintures de ricQHostase sont pour la plupart de l'école byzantine ; on remarque l'image miraciileuse de la Vierge qui «versait des larmes, lorsque Novgorod souffrait». En face, à l'un des piliers, le trône du tsar^ et à Tautre, le trône du métropolite^ tous deux en bois doré txvi® s.). — Non loin du maître autel, des poteries acoustiques (golossniki) sont encastrées dans le mur (il y en a aussi dans d^autres églises de Novgorod). — On montre des tombeaux de divers princes et archevêques, dont celui de l'archevêque Jean de Novgorod (m. 1186), fete. — A Tescalier de la tribune, des figures très anciennes gravées dans le calcaire et des inscriptions sous verre. — A citer encore comme curiosités : les grands lustres, et les portes de Sigtuna^ à rentrée de la chapelle de la Nativité. Ces portes ont été prises en 1188 à Sigtuna , ville de Suède , dans une guerre des habitants de Novgorod contre les Suédois. Elle sont en bois de chêne revêtu de bronze et moins vieilles que les portes de Korsoun. — Le trésor de la cathédrale, dans la galériens., contient beaucoup d'antiquités intéressantes.g

LeJpALAis ABCHiÉpiscopAL ( ApxiepéiicKiiif{AOM'i» ', pi. 37), élevé

au XVIII® s., se trouve au N. de Ste-Sophie. Derrière, une maison

intéressante de 1436, avec une^salle, la Qranovitaïa Palata, où les

archevêques recevaient les hommages^de la bourgeoisie, avec l'of-

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