Voir PiOmanovitcu-Slavatinsky, La noblesse en Russie
en une classe dirigeante fermée. Il fallut que le gouvernement contraignît Je dvorianstvo, à prendre les mesures qui pouvaient sauvegarder son prestige, comme classe. C'est le gouvernement qui ordonna \ instruction obligatoire des nobles. La noblesse comprenait si mal ses intérêts qu'elle se dérobait opiniâtrement à l'instruction : le gouvernement dut la surveiller comme des écoliers K Le gouvernement s'occupait de son éducation avec une minutie ridicule. Pierre le Grand, par exemple, ordonnait aux nobles : a qu'ils ne se couchassent pas dans leurs lits avant d'enlever leurs bottes ou leurs souliers-.
La noblesse ne comprenait pas davantage les autres mesures protectrices du gouvernement. Celui-ci créa le majorât pour préserver du morcellement les domaines des nobles. Les nobles firent à cette mesure une résistance si opiniâtre qu'après plusieurs dizaines d'années il fallut la supprimer. Plus tard, les nobles usèrent aussi mal du droit de sotf-fjovernment que le gouvernement mit en leurs mains : non seulement ils n'avaient aucune hâte à jouir de ce droit, mais ils le considéraient comme un demir ennuyeux et même avilissant. Les empereurs furent obligés de les contraindre par une série de décrets à ne pas éluder les élections et l'ac-
1. Les jeunes nobles étaient obligés de venir subir leurs examens à Moscou ou à Saint-Pétersbourg, la première fois à 7 ans, puisa 12, à 16 et 20 ans. Le noble qui n'avait pas subi le dernier examen était obligé de servir dans la marine comme simple matelot iam avancement. C'est au moyen de mesures aussi rigoureuses que le gouvernement les contraignait à s'instruire. — VoirRoMANOviTcn Slavatinskt, La noblesse en Russie, page 126.