Semevsky, Les paysans sous Catherine II, p
tion des intendants, d'assassinats de propriétaires et de toute sorte d'excès. Aussi l'empereur Alexandre II avaitil parfaitement raison, quand il disait à la noblesse de Moscou en 1856 : « Il vaut mieux abolir le servage par une mesure venant d'en haut, qu'attendre le moment où il s'abolira'lui-même d'en bas '.»
Ainsi les privilèges accordés à la noblesse, loin de servir à consolider son autorité sur le peuple, rendirent, au contraire, cette autorité complètement impossible.
La propagation de l'instruction porta un nouveau coup à la noblesse. Le nombre des hommes instruits capables de servir l'Etat augmentait, et la noblesse, même comme classe de service, perdait sa dernière raison
d'être.
En outre, avec'h propagation de l'instruction, apparaissait dans la noblesse composée de parvenus, un nombre toujours croissant d'individus qui, au nom des intérêts du peuple, maudissaient et la noblesse et les tzars qui avaient créé et soutenaient cette noblesse. Le nombre de révolutionnaires et de démocrates auxquels a donné naissance la classe noble est vraiment étonnant. La conspiration dite des Décembristes (1825) recruta ses adhérents presque exclusivement parmi les nobles, et pourtant,
elle avait autant pour but l'abolition du servage que la promulgation d'une constitution. Les conditions générales dans lesquelles se trouvait la patrie l'emportaient sur les intérêts de la classe. Les nobles ne pouvaient se refuser à voir que les forces physiques, tout