‹ La Russie politique & sociale [microform]Chapitre 52 sur 103 · Par exemple la récolte de 1883 était · texte numérisé non relu

Par exemple la récolte de 1883 était

Terres de pomieclilcliiks.

Le seigle -i.S

Le froment 4.9

L'avoine 4.2

Le blé sarasin 3.9

Teres des paysans.

certain bénéfice : au total 40 millions de roubles. Lors de la translation de la dette des pomiccJitchîks sur les paysans, le gouvernement fit une spéculation analogue '. Pour cutte dette (:J00 millions de roubles) les poudechtchiks pa]j aient au fisc 4 "/o d'intérêt et 2 "^1^ d'amortissement. Des paysans, le gouvernement commença à percevoir 7 °/o dont seulement 0,5 à titre d'amortissement de la dette. J'entre dans tous ces détails pour montrer a quel point le gouvernement se trouvait peu a la hauteur de la situation et par quelles considéralions mesquines étaient dirigés ses actes, alors qu'il accomplissait la grande réforme d'où dépendait l'avenir du pays. Le paysan ainsi entravé dans la possession de la terre, et accablé d'impôts, allait sans doute se ruiner; or la ruinedupaysan est laruine de laUussie. L'hostilité du gouvernement contre la commune que j'ai signalée plus haut, avait aussi indirectement une fort mauvaise influence sur l'agriculture. La protection que l'administration accorde constamment aux richards du village, qui usurpent les terres communales, les obstacles que les chambres de goHvcr?icmc?it mMnienOx tout instant aux partages, le fameux article 165 de la loi sur le rachat

1. Au temps du servage, l'Etat avait créé un crédit foncier pour prêts à la noblesse. En 1S61, celle-ci devait à l'Etat sur ses propriétés plus de 300 millions de roubles. Aux termes des statuts d'affranchissement, les paysans devaient payer plus de 800 millions aux nobles pour racheter leurs terres. Le gouvernement prit ce paiement à sa charge à la condition de se substituer à la noblesse comme créancier des paysans. Seulement il ne paya que 500 millions, retenant ce qui lui était dû. Jusqu'ici rien que de juste et même de commode, mais,... il y a un mais, ce mais c'est la spéculation.

des terres ^ l'autorisation aux Assemblées rurales d'enlever provisoirement ses terres à un contribuable peu exact à payer l'impôt, toutes ces mesures et d'autres encore ruinaient une foule de paysans. Cela est d'autant plus facile que le gouvernement n'a rien fait pour l'organisation du crédit villageois. Les associations de prêt et d'épargne n'avaient aucun résultat vu la pauvreté des paysans: en 1883, le total des versements s'élevait a peine à 12 millions di roubles. En dehors de ces associations, le paysan ne pouvait avoir recours qu'au capital dit d'approvisionnement qui lui fait de petits prêts en cas de grande famine locale, ou lui donne des semences en cas de mauvaise récolte générale. Cette belle institution est trop pauvre pour pouvoir prêter vraiment un utile secours, d'autant plus qu'elle n'est destinée pour ainsi dire qu'à soutenir des villages entiers et non des individus.

Le paysan a une multitude de besoins qui le forcent à s'adresser à des usuriers ruraux. Une fois entre leurs griffes, il est perdu. Comme une araignée, le miroièd suce tous les sucs de sa victime jusqu'à ce qu'il la réduise à une misère complète. L'Etat est indifférent en présence de ce mal qui prend des proportions dangereuses. Avant la création de la banque foncière des paysans, on n'avait pris, à proprement parler, aucune mesure sérieuse pour soutenir la culture des paysans, mais la banque des paysans elle-même, si elle aide les paysans à acquérir des terres, tend en même temps par ses statuts à soutenir la propriété foncière individuelle

1. L'article 165 donne au paysan qui a payé le prix du rachat le droit de recevoir son lot à titre de propriété privée.

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et à pousser les paysans à abolir le mir. Si la terre du paysan est placée sous le régime communal, il n'a droit qu'a un prêt de 125 roubles au maximum, et si elle est propriété privée, on lui en prête 500 au maximum. Enfin, la banque n'a été fondée qu'il y a deux ans.

Sous la pression de ces faits, l'exploitation agricole paysanne s'est trouvée dans une position tout à fait critique ; dans la province de Moscou, par exemple, sur le nombre total des familles de paysans on en compte 15 Vo qui n'ont pas le moyen de continuer la culture. Encore faut-il remarquer que sur le nombre des familles ruinées, 42 V» Tontété par l'énormité des impôts perçus avec trop de rigueur et par la conscription. Dans quelques localités, la ruine de la culture paysanne est encore plus complète. Ainsi, dans la province de Poltava où il n'y a pas de commune pour sauvegarder les paysans, 38 Vo d'entre eux n'ont pas fait de semailles de blé en 1882; dans la province de Zenkov, ce chiffre est de40 Vo- Dans les autres provinces où la crise agraire n'a pas causé ces ruines, la culture est également dans un étatlamentable. Appauvri, criblé de dettes, lepaysan ne peut faire aucune amélioration dans ses terres. Il est forcé de les cultiver tant bien que mal. Le manque de bestiaux ne lui permet pas de fumer. En général, les bestiaux sont trop peu nombreux en Russie. En 1870, on estimait que la quantité des bestiaux était 3 et même 6 fois plus petite que le chiffre nécessaire aux besoins de l'agriculture; depuis lors, l'état des choses s'est encore empiré. D'après le recensement des chevaux de 1882, le quart des paysans n'en possèdent pas.

Il ne faut pas penser que les paysans ne déploient

pas assez d'énergie dans la lutte soutenue dans ces circonstances défavorables. Tout au contraire! Observant leurs efforts opiniâtres pour améliorer leur exploitation agricole, un des plus habiles agriculteurs russes, M. Engelgard se montre même assuré, du moins pour son pays (le gouvernement de Smolensk), qu'avec le temps les terres des propriétaires (pomiechtchiks) se changeront en terrains incuites, et celles des paysans en. gras potagers. Dans certains endroits, la culture pratiquée par le paysan a reçu beaucoup d'améliorations. Ailleurs on trouve des outils agricoles perfectionnés, par exemple des machines a battre le grain mises en mouvement par des chevaux. En comparant les récoltes pour une période de 15 à 20 ans, il est aussi impossible de ne pas remarquer que la culture des champs de paysans devient plus variée. Enfin, la quantité même du grain récolté ne diminue pas, elle augmente considérablement, au contraire; de 1834 à 1840, on récoltait dans la Russie d'Europe (sans compter la Pologne et la Finlande) 179 millions de tchetverts par an; de 18()4 à 1866, on récoltait sur le même territoire 200 millions de tchetverts; en 1883, plus de 272 millions de tchetverts. Mais cette victoire coûte cher.

La nécessité de travailler des terres de mauvaise qualité, le prix élevé du fermage, le manque de bétail et de capitaux, toutes ces causes ont une très mauvaise influence sur la qualité et le prix des produits. Dans les derniers temps elles ont commencé a porter leurs conséquences sur le marché international. Les espèces supérieures de grains, c'est-à-dire les différentes qualités de froment, dont les prix augmentent

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surtout SOUS l'influence de ceux du fermage, tendent de plus en plusà céder la place aux produits américains. Pendant les dernières années, la concurrence de l'Inde, qui produit le froment à un prix excessivement bas, est devenue plus redoutable encore que la concurrence américaine. Notre seigle se maintient plus solidement sur le marché international, peut-être parce que les paysans le cultivent le plus souvent sur leurs propres terres. Mais c'est un des grains qui donnent le moins de profit, qui valent le moins cher. La même concurrence atteint les autres produits de l'économie rurale. Notre lin, un des principaux éléments de notre commerce, est forcé de céder le terrain au lin de l'Italie et à celui de l'Inde. Dans le courant de Tannée 1885, le consul britannique, M. Mitchel,amême fait à notre gouvernement une représentation officielle, où il est dit que, si la culture du lin russe ne s'améliore pas, les commerçants anglais seront obligés de n'en plus acheter ^..

Qu'arrivera-t-il, si l'économie rurale russe est battue sur le marché européen ? Où prendrons-nous des ressources pour nous procurer les produits de l'industrie européenne? Rappelons-nous, que plus de 90 "/o de l'exportation russe consiste en produits agricoles. Ces questions prennent une singulière gravité par suite de la crise commerciale. En 1884, l'exportation russe diminue de 57282000 roubles comparativement a l'exportation de 1883. En 1885, du moins à en juger par les premiers mois, la situation semble empirer encore : l'exportation pour les mois dejanvier et février a diminué

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