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Stalislùjue de Moscou, VIT, 11^ partie, page

genre d'industrie cesse d'être avantageux, ils passent peu à peu à un autre. La diversité de notre petite industrie locale est comparativement de récente origine, quelquefois elle prend nîîissance sous nos yeux et le plus souvent elle n'a pas 100 ans d'existence. Cette flexibilité permet au petit industriel de lutter même avec les fabriques.

Lan passé encore, un Allemand, M. Blomkwist, après avoir étudié sur le vif notre petite industrie locale lui présagea de l'avenir. 11 me semble, cependant, qu'on n'en peut pas être sûr. 11 faut savoir que chez nous on ne fait rien pour le petit industriel (kouslar) ; il n'y a ni écoles techniques, ni musées modèles ni crédit pour les producteurs, ni entrepots pour faciliter la vente des produits. Grâce à tous ces desavantages, le petit industriel, privé d'instruction technique autant que d'instruction générale, n'étant pas en mesure de voir des bons modèles, souvent même ignorant où va la marchandise qu'il produit et par qui elle est employée — est forcément devancé dans la technique de son industrie par la fabrique. Puis il n'a pas de capital, et travaille ou tout seul ou bien en compagnie de deux ou trois ouvriers salariés, parfois (très rarement pourtant) en petite association. Toutes ces causes l'empêchent de placer ses produits sur une large échelle, d'employer les machines indispensables, etc., ce qui rend peu lucratif son travail. Généralement il ne continue d'exister que parce qu'il se contente du gain le plus minime. Ainsi, par exemple, dans la province de Moscou, l'ouvrier tisserand, employé par une fabrique, gagne 13 à 14 roubles par mois. Le petit industriel, qui tra-

vaille sur son propre métier n'en gagne que o à 6 ^ Cependant il préfère travailler à domicile, car cela lui permet de ne pas abandonner la culture de son domaine. Mais si minime que soit le gain dont il se contente, la concurrence avec la fabrique n'est possible que jusqu'à de certaines limites.

La i:rande production, plus perfectionnée, abaisse à un tel degré le prix du produit, que le petit industriel, s'il ne veut travailler pour l'ien, est obligé d'abandonner com[»lètement son industrie ou bien de s'adonner à quelque autre genre que la production manufacturière n'a pas encore envahi. Souvent il choisit une voie intermédiaire. 11 se met a travailler pour la fabrique à domicile. La faljrique devient son commissionnaire. Dans les fabriques do tissanderie de Moscou où on emploie encore le métier a bras, 80 '\ o des produits sont fabriqués par les petits industriels auxquels les propriétaires de ces fabriques distribuent la filasse qu'ils travaillent u domicile. 11 est évident que ce compromis n'est possible que tant que la fabrique n'est pas encore de force à employer les machines a vapeur. Sitôt la machine en fonctions, le petit industriel est obligé de choisir entre la ruine et le rôle de salarié.

Cependant l'industrie est loin de se développer avec assez de promptitude pour fournir du travail à tous les petits industriels. Selon les calculs approximatifs du Recueil statistique militaire^ plus de 5 millions d'âmes s'y adonnent chez nous. Quant au nombre des ouvri ers employés par les fabriques de la Russie d'Europe, il était

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