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Statistique du zemtuo de Mos:ûUj VII, III« partie

en 1882 de 934970 individus seulement, et ce nombre, eu égard à l'accroissement de la population, reste stationnaire. En 1866, selon le Recueil statistique militaire, le nombre total des ouvriers employés par les fabriques était 1,3 Vo de celui de la population, en 1882, il est 1,2 Vo de celle-ci, c'est-à-dire, qu'ii va même en diminuant comparativement. Ainsi le salaire se trouve placé par rapport à l'offre et à la demande, dans des conditions telles qu'elles ne peuvent que l'abaisser. Et la masse de paysans ici comme en agriculture, quand elle voit décroître sa petite industrie indépendante, n'a pas l'espoir de trouver un dédommagement à ses pertes en travaillant dans les fabriques comme salariés.

Quelle peut être dans de telles conditions la situation matérielle de la masse populaire?

Voici quelques chiffres qui en donnent une idée : M. Sémiénov, observateur très circonspect appelle famille aisée, pour la province de Riazan, celle qui composée de 10 membres (les enfants compris), a 340 roubles de revenu annuel, c'est-à-dire en moyenne 34 par membre. Une famille indigente^ comptant 4 membres, a U2 roubles de revenu, c'est-à-dire en moyenne 28 roublespar tête. Mais, dans lamême région, on trouve des familles tellement misérables, que pour quatre membres elles n'ont que 20 roubles de revenu, c'est-à-

dire en moyenne par tête o roubles *. Naturellement une famille aussi pauvre est obligée de mendier... Dans les villages russes, la mendicité n'est pas une chose rare. Un grand nombre de cultivateurs sont, chaque année, obligés pendant un certain temps, en attendant que la moisson mûrisse, d'aller mendier leur pain... chaque paysan considère comme un devoir d'aider le nécessiteux, qui l'année suivante, lui rendra peut-être à lui-même pareille offrande...

On peut juger par là à quel point est précaire la situation du paysan. Dans le gouvernement de Tver la statistique du zemstvo déclare indispensable pour une famille médiocrement aisée de paysans (membres : o ,7 ) un revenu de 191 roubles, c'est-à-dire prés de 34 roubles par individu. Pour le paysan ihiest pas toujours possihlo d'atteindre ce revenu '.

Les salaires des ouvriers sont fort variés. Us dépendent du genre d'occupation et de l'état de l'industrie. M. lanjoul, qui en sa qualité d'inspecteur officiel connaît bien le sujet, affirme que le salaire de l'ouvrier russe est de 400 *^/o inférieur au salaire de l'ouvrier américain et de 300 Vo au salaire de l'ouvrier anglais ^

Dans le gouvernement de Moscou, tout l'argent gagné par les paysans dans l'agriculture, les fabriques, le Koustarnitchestvo ou toute autre industrie forme une

1. SoKOLOVSKY. Recueil des matériaux pour l'étude de la commune

agraire, p. 140 et seq.

2. Comment est rétribué le travail d'une famille de paysans médiocrement aisée du gouvernonent de Tver.

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