‹ La Russie politique & sociale [microform]Chapitre 72 sur 103 · La Volonté du peuple · texte numérisé non relu

La Volonté du peuple

de talent et ne sont pas choisis, cela va sans dire, en raison de leur valeur littéraire ^ Mieux encore, le gouvernement tolère, dans la presse politique, des marchands commeM.Souvorine,qui tournent du côté d'où souffle le vent. Enfin, dans l'opposition, onn'admetque des nullités. Comme elle ne manque pas de gens de talents, elle est sans cesse écrasée par le gouvernement d'Alexandre m. Ce fut le cas des Annalrs de la patrie, de La Voix, du Télégraphe de Moscou et d'un grand nombre d'autres périodiques.

Quelle est la situation actuelle de la presse, le lecteur pourra s'en faire une idée plus juste par la liste des sujets qu'il était interdit de débattre en 1881 et en 1882 -. La liste des livres défendus est aussi très instructive. En 1884, le gouvernement a défendu la lecture aux bibliothèques de toute une liste de livres : 125 titres. Toutes les meilleures revues russes qui aient jamais existé (le Messager de l'Europe excepté). Les œuvres de presque tous nos publicistes importants y figurent \ Des écrivains étrangers on a défendu divers écrits de Louis Blanc, de Proudhon, de Lassalle, de Marx; on a défendu même le livre de Sudre, Le communisme; cet auteur fait justement la guerre au communisme. Qu'importe ! Nos gouvernants sont si

1. Il y a bien de journaux en Russie qui touchent un subside; ceux qui le reçoivent le plus franchement sont La (Gazette de Moscou de M. Katkov, LaGazeUede Saint-Pétershourgei Le Kievien, etc. Du reste, ce dernier y a maintenant renoncé.

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