‹ La Russie politique & sociale [microform]Chapitre 87 sur 103 · U RUSSIE POLITIQUE · texte numérisé non relu

U RUSSIE POLITIQUE

ble. Celte dictature fut pénible pour tous, mais tous en comprenaient la nécessité. On s'habitua aux tzars. L'idée de vivre sans tzar, l'idée d'agir contre le tzar, c'est-àdire d ébranler l'ordre, l'autorité centrale indispensable à la Russie, cette idée ne put naître que peu à peu, a mesure que disparaissaient les faits qui avaient rendu les tzars indispensables. Cette idée est aujourd'hui encore étrangère au peuple. Voila pourquoi la société, même libérale, même profondément imbue des idées constitutionnelles, a peur d'agir ouvertement contre le tzar. C est cette peur qui permit à l'autocratie de sortir sans limitation aucune de la crise qui suivit la campagne de Crimée. Mais si on ne peut agir contre le tzar Il est évident qu'il faut tacher de s'arranger avec lui' Co.-nment le faire? La question n'est pas facile à résoudre.

Le parti libéral essaya d'agir à l'aide des fragments d institutions libérales qu'on avait arrachés ù Alexandre II. Il essaya de créer une presse politique, une justice indépendante qui naturellement aurait limité l'arbitraireadministratif ; elle essaya d'agirdans leZemstvo dans les municipalités. Le gouvernement se tint aussitôt sur la défensive. Notre self-goveniment fut dès le début organisé de la plus détestable manière. Les villes furent livrées au pouvoir de l'oligarchie industrielle et commerciale. Le self-govcmment municipal se trouva placé sous la surveillance d'un conseil municipal élu, mais représentant le capital et non la population. A Saint-Pétersbôurg, sur le nombre total de la population, 962000 âmes, il n'y a que 19233 électeurs. Ces électeurs se divisent encore, d'après

le Chiffre d'imposition payé par eux, en troii catégories ; à la première catégorie appartiennent 261 mdu-.dus à a deuxième 777, à la troisième J^lOo Chacune de ces catégories a un nombre égal de représentant, au conse municipal. De cette manière 2/3 des vou appariennent a loSs individus, 1/3 a 1B105. Le reste e la population qu'on ne peut évaluera moms de 80 0. 0 individus n'a aucune participation aux affaire» d la ville. Oue peut-on faire, étant donnée une organisation aussi ahsurde, grâce a laquelle une immense ville peiiplée d-un million d'habitants, se trouve livrée a un millier d'individus appartenant u l'aristocratie financière^ C'est cela qui explique, pourquoi chez nous nombre de petites villes prient le gouvernement de ^^^^^^ ser au rang des villages, car dans les villages tou. le, ha bilants prennent part u l'administration. Dans la municipalité, que ferait un homme qui nourrit des plan, de Réformes d'utilité publique? Aussi le parti hberal n y

est-il pas en force !

Dansle Zemstvo, la situation est un peu diffe ente Le gouvernement, de même qu'il donnait dans les viUe Te pouvoir aux capitalistes donne ici, comme je 1 ai di rhr haut la prépondérance aux nobles, et du coup il n'd Te Zem'stvo impuissant, en y introduisant l'ammosié des classes. Heureusement, le parti libéral es S considérable dans la noblesse ; il se saisit donc du Zet^o avec une espérance toute particulière. Le gouvernement eut soin d'entourer le Zemstvo de conditions elle que tout ce qu'on y faisait équivalait, comme on dU à battre l'eau avec un bâton. Le rôle du Zemstvo se borne selon la loi, à défendre les intérêts économiques

LA RUSSIE POLITIOUE

min?s!rate';!'i''"f " ^^^"^^^^^^^^^^^^^^ dT d ' ' ri '" ''''"' °^''^^ ^' f^ire une énorme

La mn • .' f''' ' '''""•^"^" ^' l-administration La niultitude de ces dépenses obligatoires, que îe Zemstvo n'a pas Je droit de mettre aux voix en^ut t

p::;r L"f 7 '' ''' r^^^-' ^' bavant; ei

parfois. Ams le Zemstvo du gouvernement de Tver depuis qu i existe, en seize ann.es a dépensé plus de 12 m. Jion. dont plus de 6 millions en frais ././U^ '

,23lZ7r"'T '?'"""' i^b-iseide 1880 ISgoOû de r " ^' "^'P^"^^^ obligatoires et

ÎTe cuJ^""'"\ '^V "' ^' ^°"' P"^ '■ ^'°"^ voyons par ce, chiffres que le Zemstvo est extrêmement limité,

m me pour disposer de ses propres ressources. li e»t obligé, avant tout, de céder aux exigences du Kouvernement et ensuite s'il lui reste que^e chose est libre de faire des dépenses, non okigioires. ï le, d penses non obligatoires ce sont les dépenses pour

penslb'le. ' ^°"' '""' '' "i"' '^' ^' P'"^ •"'^'^-

Etroitement garrotté sur le terrain financier, le Zemstvo est en même temps placé sous la dépendance de 1 administration. Toutes les décisions prises par lui son. soumises au contrôle du gouverneur, qui peut les suspendre s i les trouve illégales, ou bien contraires aux ntérets généraux de l'Etat. Le gouverneurja même été investi du droit de destituer les fonctionnaires du

ISsà/l!"'"' *'"'""•'<"« pour servi,- à t histoire du zemstvo de Tver. 2. Hecueildu zemstvo de K/terson, 183i.

ment usé de ce droit illimité. Souvent ses acte, ont un Ta Ltère très perfide ; souvent on ne peut les expliquer nue par le désir de discréditer aux yeux du peuple le Lstvo. Amsi par exemple.les zemstvos, voulant couper

court aux abus, intercédèrent pour que les pei.onne en retard pour le paiement des impôts provmciaux, et les entrepreneurs quise chargeaient de fournitures pour compte des zemstvos, ne fussent pas éligibles auxfonctions publiques. Le gouvernement refusa^ Leszemstvo ne puLt obtenir pour leurs membres le droi de n re pasarraésparlesagenlsinférieursdelapohce.LefeOU er

nement refusa quoiqu'il y eut des cas ou 1 admmi.t, at on emplovuitlesarrestationspour exercer une pression tlectorale.'Pour faciliter la participation ^es paysans aux affaires les zemstvos demandèrent la permission de votei des appointements pour les députés. Le gouvernement refusa! Les pétitions des zemstvos pourdes question» d intérêt local sont déclinées systématiquement^ Les gouverneurs se mêlent arbitrairement de ^^^f-'f^^'l';^"^^: en 18-7 le gouverneur de la Taur.de défendit le» recherches statistiques surla situation de la population. Les écoles primaires des zemstvos sont soumises a un contrôle si minutieux par le ministère que les zemstvo. ne sont plus maîtres chez eux et perdent même le desu' de faire quelque chose pour les écoles. En revanche e gouvernement est beaucoup plus mdulgent ». le» femstvos sont entraînés par l'esprit de spéculaUon^ C'est ainsi qu'il leur accorde des concessions de chemms de fer, pour lesquelles le zemstvo paiera plus lard de» garanties Le gouvernement se tait aussi quand le zem»tvo

Après plusieurs années d'une pareille pratique le I^-t. . éra comprit de plus en plus claiLent qu an» ahmitation de l'autocratie sur laquelle s-appu"e 1 arbitraire administratif, il est inutile d penserT une activité sociale quelconque. Dès lors, la con'vocl ton de rcpre^cmauls dic peuple, sous quelque forme que ce ili devmt son rêve. Une assemblée l représerant ' peuple, même non investie par le gouvernement de pouvoirs particuliers, serait naturellement u^ force morale, qui refrénerait même inconsciemment labso !

r M '''' 'ï"' ''"'^^"' t°"'es les pensées des libéraux. Ils profitent de tout prétexte pour'essay r de persuader aux empereurs de convoquer soit des repré sentants du peuple soit au moins, ceux du zemstv Les zemstvos ont plus d'une fois fait des démarches pou obtenir e droit pour leurs représentants, déformer des a»»emblées générales où ils traiteraient les affaires de leur compétence. Pour commencer ils ne demandaient le droit de s assembler que pour les gouvernements limi- .0^^.. et représentaient au gouvernement que dans le ta. d epizoo tie, ou pour combattre les sauterelles qui

dévastent le sud de la Russie, etc. , des mesures ,.wvX prises simultanément dans plusieurs gouvernement sont mdispensables. Autant les libéraux tenaient ù obtenir ces assemblées, autant le gouvernement craignait de les leur concéder. °

Le mouvement révolutionnaire fut pour les llbérauv un prétexte de multiplier leurs démarches, mais leur politique est généralement pusillanime ; elle manque de

• ."Z^tT^^^i^Tf^ît^er ses tentatives. Au lieu dm-

crele gouvernement que ce. mesure .^

pour r.x/»>/>.//<'^« '''' /« «''''""^"' "^""t n, lui démontra du gouvernement et des e-P---; -:^;;l.

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^pteM^ts rp^;;:" rer^ent avec b^ucoup plus ^ucc^s l'n journal révolutionnaire, ^-" «'^^'.'''- " ÎaVrar^e saLstique que "- J^^^^J^^^^^

tzar de les prendre y...- ['f ' l/^^ltes la liberté allait droit au but. Les 'berlé= polU que, de la presse, etc. semblaient dire «' l>bmux nécessaires que pour -^^^'^^^^^^^^^^Se' utreson

impuissance des libéraux, ^^^^^^^iJ^^^^Z nient qu ils n'osera.ent jama , entrer en avec lui. En même temps, elle ne ^^^^ "^ ^,,,^.,;,, le gouvernement, q^i comprenait paitaitemenlie

pai^nté qui existe entre les f^^ ^^^f j/^ '"dant

:::i-^:st=a^r::r.uriesen-

sous ce rapport que, sous Alexandre 11, déjà il éUi étroitement rapproché des réactionnaire,. Le com e S Tolsto^'imi et élève de ^^t;;^^; -^^;^^^^ d'un représentant de la Gazette de Moscou prè.

cabinet de Saint-Pétersbourg. Katkov dénonçait continuellement les menées des libéraux. Le gouvernement lui-même montrait parfois fort clairement qu'il ne se laissait nullement abuser. Une fois, il engagea pour rédiger un journal subventionné Le Bord, le professeur Tsitovitch. Le Bord parut consacré simplement a démontrer qu'entre les séditieux sous-tprrabu c'est-à-dire les révolutionnaires et les séditieux surterrabis (les libéraux), il n'existait nulle différence. Je ne sais à quel point ces révélations furent utiles au gouvernement. Toujours est-il qu'il y dépensa 200000 roubles, si la mémoire ne me fait pas défaut ^ mais en tout cas il les fit. Cette démonstration est le passe-temps favori de la presse réactionnaire et les articles les plus spirituels de Katkov sont ceux qui traitent cette question.

Cependant, je n'ai pas dit encore ce que c'est que nos conservateurs ou réactionnaires. A proprement parler, il est bien difficile de \q^ appeler conservateurs; ils ne défendent nullement l'ordre actuel et tâchent de le modifier tout aussi résolument que les autres. Leur vrai nom Q?>i réactionnaires : ce sont les antipodes des révolutionnaires. Tandis que ceux-ci ont pour idéal une société libre, formée d'individus libres et instruits ; l'idéal des réactionnaires, c'est la société de tous côtés contenue par le pouvoir, l'individu dont l'esprit et la conscience sont enchaînés par le prestige de la religion, des traditions, etc. Leur idéal, c'est la Russie de Nicolas ^^ Trèspeu nombreux, nos réactionnaires sont d'au-

1. Un des collaborateurs de Tsitovitch, Diakov (pseudonyme Niezlobine), a publié dans les journaux russes ces détails qui se sont un peu effaces de mon souvenir.

tant plus acharnés qu'ils ont con cen e ^^J^l le courant selon l'expression de l'un d eux M Lioub mov Contre le courant, c'est leur vraie devise , il. Zt en effet non seulement contre la société progresse niais aussi contre les tendances e "otre P^ nle Leur force est dans le gouvernement et au^idan» î us ceux qui exploitent le pays, et qui, pour leurs ten breu L menées ont besoin de l'absence de la publ - 0 té de l'arbitraire administratif, etc. On peut génealement dire, et cela sans le moindre parti pris, que no Xctionnaires sont le fléau de la Russie, moins par leurs principes vaincus d'avance dans la Ru«ie ac tue e Jue par le personnel de leur parti compose de la lie de la sociélé, des éléments les plus perverfi lelutes les classes. Mais grâce justement a ce

mode de recrutement, nos ^^^'^^^'^^f'^^'Z manque à nos libéraux : l'énergie, la décision, la pas "on la qualité de tout risquer pour tout gagner, e Tous' ce 'apport ils rappellent nos révol-^^-'^^Jf. n'est pas pour rien qu'ils donnent asile a ^on.J^^r^ très révolutionnaires, dont ils peuvent apprécier 1 énergie mieux que qui ce soit.

La deuxième moitié du règne d'Alexand e H fut lé poque d'un rapprochement ^e . pl- . en plus ét^^^^^^^^^^^^ gouvernement et du parti réactionnaire. Le développe Lut du mouvement révolutionnaire donna, cep^^^^^^^^^^^^^ aux libéraux plusieurs nouveaux prétextes d instance,, aupr s du gouvernement; il leur donna même une cera?ne mpulion. Les libéraux voyaient avec honte que nendant que leurs journaux et leurs revues devenaient Tplus e'n plus impuissants devant l'arbitraire admi-

nistratif, - les révolutionnaires publiaient clandestineraent une série entière de journaux, le Début. Trrre et Liberté, le Partage Noir, la Volonté du Peuple, etc. .< Pendant que le nombre des organes clandestins ne fait que croître, les organes de la presse légale sont obligés de disparaître l'un après l'autre, .. dit avec amertume en 1879 la déclaration officielle de l'assemblée du zemstvo de Tver. Pendant que les révolutionnaires organisent leurs sociétés et rendent des arrêts de mort contre les hauts dignitaires de l'Etat et même contre 1 Empereur, les libéraux, les membres des zemstvos représentants élus du peuple, n'osent s'assembler pour délibérer sur leurs plus humbles besoins, et sont obligés de se soumettre à l'arbitraire du moindre policier quand celui-Gi dispose sans façon de leur personne. Sous l'influence de ces circonstances, il vient aux libéraux la pensée de s'unir en société. Du moins les rapports policiers affirment qu'en 1878 les membres les plus marquants du Zemstvo, tinrent des réunions secrètes à Moscou, Kiev et Khorkov '. Les mêmes rapports mentionnent l'existence d'une certaine Ligue libérale qui de concert avec les membres du Zemstvo, organisa en 1880 un congrès secret, au cours duquel il fut décidé d obtenir à tout prix la représentation du peuple Ces premières tentatives d'union furent très peu nombreuses et très maladroites, quoique peut-être elles n'aient pas été sans influence sur l'apparition de déclarations du Zemstvo en faveur de la Constitution. Ces déclarations eurent heu en 1879 et 1880, quand l'Empereur, poussé par le mouvement terroriste au milieu des révolution-

i. La Cause gé?iérale, n» 54.

naires, déclara publiquement à Moscou aux représentants des diverses classes qu'U avait foi dans le concours de la société et que ce même appel a la société fut renouvelé ensuite dans le Messager du gouver>,emmt. D-un côté, on frappe la société; de l'autre, 1 on exige son concours ; les plaintes amères des zemstvos répondirent comme un écho. L'assemblée du zems vo de Tver dit dans sa déclaration officielle, qu elle est prête à lutter avec le mal toujours croissant, c'est-a-dire avec les révolutionnaires, mais qu'elle a les pieds et les mains liés par l'administration. Le ministère de 1 mstvuction publique interdit au zemstvo toute participation ù l'instruction du peuple, et lui-même n'est pas en état de proserver les écoles des inHuences pernicieuses. Chaque année, les écoles secondaires rejettent de leur sein 1 '8 des élèves, avant qu'ils aient fini leurs cours, et en les privant ainsi de tout avenir, elles forment un milieu, où toute idée subversive trouve un accueil favorable. Les étudiants sont entoures de suspicion et de contraintes, qui les aigrissent et détruisent en eux tout respect pour la loi. Le zemstvo est tellement humilié par l'administration que non seulement ses plus humbles démarches ne reçoivent aucune satisfaction, mais sont laissées sans réponses. La dignité des tribunaux est sapée à sa racine par les mesures admmistratives. Les tribunaux et la loi ne peuvent plus sauvegarder l'individu et il reste entièrement livré a 1 arbitraire de l'administration. La presse est opprimée. Ainsi, dit le zemslvo, nous sommes privés de la possibilité de faire quoi que ce soit. L'Empereur a récemment reconnu indispensable d'octroyer à la Bulgarie délivrée le vrai

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sf-fforernment, l'inviolabilité des droits individuels, 1 mviolabi ité de la justice, la liberté de la presse. Le zemstvo du gouvernement de Tver espère que le peuple russe jouira des mêmes bienfaits qui seuls peuvent lui permettre d'entrer au signe donné par l'Empereur dans lavoie dudéveloppementgraduel pacifiqueet légal' Tel est encore l'esprit du rapport fait par la commission du zemstvo de Tchernigov en 1879. Après avoir énuméréles mêmes vexations, le rapport conclut en ces termes : « Le zemstvo du gouvernement de Tcherni-ov constate avec une tristesse indicible son entière impuissance a prendre des mesures quelconques, pour combattre le mal et considère comme un devoir civique d'en informer le gouvernement '. » Le gouvernement cependant ne daigna même pas accorder son attention a ces déclarations. Il ordonna simplement aux gouverneurs et aux maréchaux de la noblesse \ de surveiller plus sévèrement les zemstvos.

A la fin de l'année 1879 eurent lieu pourtant des événements qui produisirentsur l'Empereur uneimpression plus forte que celle qu'il avait été donné à la voix du pays de produire sur lui. Le 19 novembre 1879 sous es murs de iMoscou, on fil sauter le train impérial et le o février 1880 eut lieu au Palais d'Hiver, l'afTreuse explosion qui en détruisit la salle à manger. L'Empereur, qui se trouvait accidentellement en retard pour le repas, vit la terrible catastrophe du pas de la

i. Les opinions des AssemhUes de zemstvo sur la situation actuelle d; la Russie. 1883, Berlin.

2. Les maréchaux de la noblesse sont, aux termes de la loi pré- »i lents des Assemblées de zemstvo.

'ZZ^^[Z^^^mî^\^em de ne pas franchir quelrue^inlnts plus tôt. De nombreuses an.stat.ons eu- •

îent lieu dans la ville entre ces deux «^Pl ^^ 'lines alors la main sur deux imprimeries clande^lme. e t des bombes à dynamite. D'antres év nemenls du

L^e temps: le meurtre de V-^-^^;^ ^

résistance désespérée, opposée, lors de la saisie ae

'imprimerie de la Narodnaia Volia, au courant de

"u^rLixante coups de revolver furent tir s de pa It rt'iutre révélèrent à l'Empereur la force qu avait p i'e le m;u ement révolutionnaire. On l'exagérait alors

L'Empereur se croyait près de sa perte, e oudam ^^ se décida ù faire des concessions. Il manda un libéral Inu; le comte Loris Mélikov et rinvest. d'un pou.o. illimité pour le rétablissement de 1 ordre. ''" ommence une période très intéressante de 1 h.toire contemporaine de la Russie II -'est pas^^^^^^^^^^^ narler • tout est encore couvert d'un mystère que les ^m^^^^^^^^^^^^ la ville dissipent d'un côté, -is qu eU^^ croissent en même temps, et nous nous trou von. maigre nous confinés dans les domaines du ----; f J^ ^ necdote. Je suis certain que je commettra, dan^e r^c^ oui va suivre une foule de bévues, tout autre le ferait r mLe et3'ai la franchise d'en avertir le lecteur La vleur de mon récit consiste umquement en ce que e tâche d'être absolument impartial et qu ^-^J^^'^^^ VesDère plus près de la vérité que la plupart de ceux î,rfnt\int'é la fin du règne d^^^^^^^^^ commencement de celui d'Alexandre lll.

Le parti libéral n'eut jamais un moment aussi favorable pour agir. L'empereur appelait au pouvoir un homme que les libéraux russes étaient prêts à considérer comme leur représentant et leur chef. Le comte Loris Mélikov jouit en Russie d'une immense popularité. Pourquoi? Il est difficile de le dire. La popularité, comme la chance, a ses favoris et le comte Loris Mélikov avait une grande chance. De capacités éminentes, beaucoup plus intelligent et beaucoup plus instruit, que ne le sont ordinairement les hommes d'Etat russes, le comte Loris Mélikov acquit sa réputation, lorsqu'il était ataman de l'armée cosaque du Térek. Il est vrai qu'alors aussi il y avait des gens, qui remarquaient chez le comte beaucoup plus de ruse mesquine que d'esprit vraiment large, vraiment apte aux affaires. Arménien d'origine, le comte a conservé dans son caractère quelque chose d'asiatique. Il est très énergique, mais goûte peu la droiture des procédés, semble ne pas avoir foi en elle, et préfère les ruses de toutes sortes, les détours, les chemins tournants. Ces qualités, il les a manifestées même à la guerre, où il a acquis une gloire retentissante par la prise de Kars. Ses talents de général sont incontestables; la bravoure personnelle du comte est même admirable, et pourtant, il a pris Kars plutôt par l'or et l'intrigue, que par la force. Du moins tout le monde a affirmé que l'assaut de Kars avait été fictif, et que la forteresse succomba aux suites des négociations secrètes du comte avec les autorités turques et les meneurs arméniens de la ville, négociations abondamment arrosées par une pluie d'or. Ensuite le comte fut, pendant un certain temps, gouverneur gé-

nél^e KhaAov, poste auquel il fui nommé pour luUer avec la sédition et dans lequel il sut mériter de nouveau la reconnaissance de la population. Dans ce temps, où à Saint-Pétersbourg, Kiev, Odessa la ve des habitants était a la lettre le jouet des policiers, Kharkov formait comme un îlot, où un habitant dormait tranquille avec l'assurance que les gendarmes ne feraien pas irruption au moins sans une raison particulièrement Lave dans la chambre a coucher de sa femme.

En 1879, Loris Mélikov eut aussi une autre occasion de sedistinguer. Verslafin de 1878, laRussie futconslernée paruneterriblenouvelle. Lapesteavait fait son apparition !vietiianka(embouchureduVolga).L-Empereurnomma

Loris Mélikov pour diriger la lutte avec la con ag.on^ On dit que le comte exécuta avec beaucoup d énergie les mesures d'assainissement de la contrée, mais il est difficile de dire où finissent ici ses mérites et ou commence la simple chance, car en réalité, ^u momen de sa nomination, l'épidémie avait déjà disparu '. Quai qu il en soit, après son arrivée, il n'y eut pas un cas de peste .ur le Volga et le succès sembla stupéfiant. Aussi quand se produisit la catastrophe du Palais d'Hiver, le comte fut-il appelé à Sain-Pétersbourg.

L'appel au ministère de Loris Mélikov de préférence à un autre, était déjà une concm/o». Le comte jouissait de la réputation d'un homme libéral. Kochelev parle plus d'une fois dans ses Mémoires de ses conversations avec Loris Mélikov et des rapports a^^'^aux qui existaient entre lui et le comte, qu'il considère comme partageant entièrement ses opmions. Or, les

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