La Cause commune, n. <», amcie . u<:.^. imt
lourievskaïa.
la femme de l'héritier du trône, dit-on, en fut tout spécialement froissée. Surces entrefaites, bientôt après l'entrée au pouvoir de Loris Mélikov, l'Impératrice mourut.
Nouvellecomplication.Jusquela,raconte-t-on,LorisMéhkov avait su entretenir les meilleurs rapports avec le tzarevitch. Les rumeurs de la ville disaient qu'ils [agissaient de concert dans le but de prédisposer le Tzar aux reformes indispensables. Après la mort de l'impératrice l'empereur se mit en tête d'épouser la princesse Doboroukovaqui, à en croire les renseignements donnés par JictorLaferté', exerçait sur lui une énorme influence Aussitôt Loris Mélikov de se rapprocher delà princesse de favoriser son mariage avec l'empereur, en même temps qu'il reçoit d'elle son appui pour ses plans de réormes. On affirme en tous cas qu'au débutla princesse lourievskaïa tenait les réformes pour indispensables et Il n'y a rien d'impossible à cela, car n'appartenant pas par son origine au monde des courtisans, la princesse avait certainement eu l'occasion de voir la situation de la Russie. Désiranir épouser l'Empereur, la princesse devait aussi savoir que toutes les hautes classes lui seraient contraires, et par conséquent, elle pouvait chercher à se créer une popularité dans la société en soutenant les mesures libérales. Son mariage projeté avec l'empereur était tenu dans le secret le plus sévère, surtout vis-iivis l'héritier du trône, de sorte que, lorsqu'un beau jour, l'empereur la présenta au tzarevitch et à la tzare-
1. Alexandre II, détails inédits sw sa vie et sur sa mort. L'auteur qui signe Victor Laferté est évidemment un des intimes de la princesse serénissime lourievskaïa (la princesse Dolgoronkova a reçu
vna comme sa femme et leur mère, ils furent frappés comme d'un coup de tonnerre. Le tzarevitch fut profondément indigné de la conduite du comte Loris Mélikov et ce sentiment causa probablement la chute future du comte. C'est du moins ainsi qu'on le raconte.
Etrange chose, dès que la princesse lourievskaïa devint presque impératrice, car selon la loi elle n'était pas tout de même impératrice, dès (|ue le bruit commença a courir que le tzar aurait l'intenlion de la couronner, bruit probablement faux; dès que Loris Mélikov fut l'ami intime de l'Empereur, on ne parla plus de réformes. Plus d'une année. Loris Mélikov demeura au pouvoir ; plus d'une année, les révolutionnaires n'employèrent aucune mesure violente; plus d'une année, la société russe attendit : nulle trace de réforme. Ce n'est pas encore tout. Loris MéUkov engage les libéraux a ne pas s'adonner aux illusions. Dans une conversation intime avec Kochelev, il déclara avoir déjà perdu l'espérance d'obtenir le consentement de l'Empereur ala convocation duZemsky-Sobor (assemblée
nationale) ^ Ce n'est pas tout encore: peu à peu on voit des reprt sailles contre la presse, des arrestations. 11 est vrai que Loris Mélikov élabora un plan de réformes indispensables à la Russie dans lequel entraient, à ce qu'on dit, l'extension du self-government du Zemstvo, l'ex- ■ tension de la liberté de la presse, certaines mesures tendant u l'amélioration de la situation des paysans, il nourrit même l'idée de convoquer une assemblée formée de gouverneurs, des maréchaux de la noblesse, et de représentants haut placés du Zemstvo et des villes