FETES NATIONALES
Ce ne sont partout que fêtes, et les Français, en se réunissant sous mille prétextes divers, justifient la réputation qu'ils ont d'être les plus sociables des hommes. Je suis, pour ma part, enchanté de toutes ces fêtes, où je ne vais pas, mais que je suis de loin. Elles ont un caractère particulier, et l'espritdémocratique se manifeste là, comme ailleurs, avec ses défauts et ses grandeurs. Pendant longtemps, on a pu dire que le pays entier s'amusait en la personne de ses rois et de leur cour. Les fêtes dites populaires elles-mêmes n'existaient qu'à Toccasion d'événements heureux dans les familles régnantes. Un dauphin qui naissait, une fille qu'on mariait à quelque prince étranger faisaient, comme sous la Restauration, couler des fontaines de vin aux Champs-Elysées, ou, comme sous l'Empire, illuminer les admirables salons de l'Hôtel de Ville, où n'entraient que les élus. Depuis quelques années, tandis que nos chefs politiques ne paraissent pas se divertir beaucoup, les fêtes populaires sont multi-^
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pliées par l'initiative des citoyens. Et, dans chacune de ces fêtes, on trouve une i' ou bien le culte d'un beau souvenii les rend intéressantes pour nous, pi Ions qui s'enlèvent, les mâts de Co( les boutiques où les jolies actrices, nous font des agaceries pour le bi vent, les malicieuses, se faire ente vanité en feignant de s'adresser à i Hier, c'est au profit des cholériqi amusé aux Tuileries. Le clou de laj voir un homme politique s'erabai voyage en ballon. Ce député, M. Clo aussi poète. Je comprends qu'il de s'envoler, fût-ce deux heures, Chambre des députés, et de monter bien haut, toujours plus haut, jnsi où l'on n'entend plus la sonnette du tonnerre en fer-blanc des orateurs, qui a coupé sa corde est peut-être I du monde où l'élu soit absolument à ses électeurs. Et M. Clovis Hugue:
et qui préfère le sein des Muses . commission », comme dit le baragc taire, s'est empressé de monter ei qu'on ait trouvé le moyen de les jour où les hommes pratiques qui s chose sauront donner h l'aérostat taine, adieu l'incertain, adieu la po
Les ballons ne seront plus que des diligences qui ne versent pas, des chemins de fer qui ne déraillent jamais, des bateaux qu'aucune tempête ne brise. Ils perdront le charme mystérieux qu'ils gîirdént encore, et qui fait que PuvisdeChavannes, dans la fresque si singulière de « Paris assiégé », a pu, au fond d*un de ces ciels pailletés d'azur et d or qu'il invente, placer un ballon, hésitant, comme un grand oiseau qui a perdu sa route et qui attend qu'une force inconnue décide de son sort et le ramène à la terre natale ou le perde sur les oréans.
En même temps que Paris s'amusait au compte des cholériques, Coulommiers était en fête et célébrait un de ses enfants, un soldat, le commandant Beaurepaire, qui se brûla la cervelle plutôt que de voir les Prussiens entrer dans la place de Verdun, quïl tenait pour la République. Après le siège, Paris a eu son Beaurepaire : un commandant d'un des forts du Sud s'est tué, quand il a entendu résonner les petits tambours de l'ennemi, venant prendre possession de ses batteries. A ma honte, je l'avoue, je n'ai pas gardé le nom de ce désespéré sublime, oublié comme un homme qui tombe à la mer au moment d'un grand naufrage. Beaurepaire a eu une meilleure fortune. Son histoire est restée dans nos souvenirs, et il a sa page dans le Plutarquo français. Sa ville natale lui élève enfin une statue, qu'elle inaugure en même temps que s'ouvre
LJL SAGESSE PARIStEHK£«
une Exposition de fromages. Naïv ' ' qui n'est pas déplaisante. Pourquoi ces bonnes gens appliquer à leur qoo toutes les gloires sont sœurs c'est M. Bourgeois qui l'a modelée d'Angers en avait sculpté une pour dun. Mais, an moment de passer à la maquette, on découvrit que l s'était pas tué. 11 aurait été, disait-c assassiné, sans qu'on pût établir qu à la capitulation ait été la cause d rapport d'un survivant du siège app roi Louis-Philippe, et ce vieux sce] gtia. Il eut tort. C'est bien assez qi savants que nous sommes, nous sa< des légendes. Ayons au moins la s:
de n'en montrer aux foules que la I rayon d'idéal. La belle affaire que J eu besoin de bromure de potassium bronne, couché au sol d'un coup parler comme Léonidas ! Lazare n'^ quand Jésus le ressuscita. M. le è nous a parfaitement expliqué la cho de l'avis des poètes, qui veulent s'éveillent de l'éternel sommeil, et i scellées, s'échappent ces beaux mer gende, qui éclairent les peuples de lei bien que les flambeaux de vérité c passer, de main en main, dans la nu
Le plus grand malheur qui peut arriver à un peuple, c*est quand l'esprit de critique descend trop avant dans les masses profondes de la nation. Ce vieil égoïste de Fontenelle disait un jour que, s'il avait la main pleine de vérités, il ne l'ouvrirait pas sans y regarder à deux fois. Il ne parlait qu'en poltron, craignant pour son repos et pour ses places ; il parlait aussi, mais sanss*en douter, en philosophe et surtout en politique. Il ne faut jamais, quand on estchef d'État.jeter à la merles poulets sacrésquine veulent pas manger : Tart de la politique, c'est que les poulets aient faim le jour de la bataille et pi-
corent le grain à coups de bec, comme l'ennemi sera percé par les lances des soldats. Croyez-vous qu'Homère ait vraiment vu, dans les mêlées d'Ilion, Athéné étendre son bouclier sur les Grecs en fuite vers leurs noirs vaisseaux? Croyez-vous que Dante ait entendu, de ses oreilles d*homme> le pape Boniface grincer des dents dans l'Enfer des simoniaques f Les Druides gaulois savaient mieux que personne que, dans les nuages, c^était Téclair qui brillait, et non le reflet de l'épée d'Odin. Mais c'est la grandeur et Tutilité des poètes de donner la vie à leurs rêves, et par là, grands politiques, ils font les nations, qui ne sont que des troupeaux d'hommes errant àraventure quand la légende commune ne les rassemble pas, au nom du passé, sur les chemins de l'avenir.
Le problème moderne, audacieusement abordé
LA SAGESSE FARtSIENNR
par la République, c'est de rèpandr truction, sans supprimer le sentinif ci disparaissait des âmes, on verra y supplée la connaissance des quati la géographie I Voilà pourquoi, pen choses s'équilibrent en ce monde grande importance, dans mon optii aux fêtes nationales et locales qui et qui ont toutes une idée généreuse ou la célébration d'une légende po elles, rimagination garde la place qi dans la vie d'un peuple. Et, heur nous, nous sommes un peuple plein Les mauvais tours que l'imaginât quelquefois sont amplement comper vices qu'elle nous rend. C'est à elle ( militaire doit de survivre à nos d joie j'ai eue ces jours-ci! Un jeune amis, un bourgeois comme un auti paresseux, boulevardier et gandin, cbignant pour les grandes manœuv le cercle, le cirque et quelque Ama tait ses impressions de vingt-huit jo' bien quelques doléances : l'ordinaire lieutenant est féroce sur l'astiqua) hasard ne sont pas dépourvus de voilà que les opérations sont comi s'agit de rien moins que d'emporter de couronner une colline bien déi
un corps ennemi prisonnier. Le canon tonne : la fusillade ne cesse pas. Il faut voir de quelle allure, par les mauvais chemins, les pièces attelées arrivent sur le champ de bataille! Le général a eu une idée admirable, un mouvement tournant où Ton a laissé ses semelles dans la boue, mais on a tout de môme surpris et étonné l'adversaire, quand, sur ses derrières, il a entendu le bruit de la poudre et vu monter au ciel les petites fumées blanches de la ligne des tirailleurs, en ordre dispersé et à plat ventre. Pincé, l'ennemi ! Oh! il s'est bien défendu- Mais le commandant a eu aussi une bonne idée, comme le général : nous avons tendu une embuscade aux uhlans, — non, aux dragons — et, d^un coup, détruit la cavalerie... Mais, mon garçon, vous n'avez rien détruit du tout, avec vos cartouches à blanc, et, entre nous, tout cela était convenu à l'avance. C'était à votre tour de faire les vainqueurs. — Hé ! oui. Mais pour de bon, c'est encore comme cola que ça marcherait...
Ah ! le « pour de bon » de ce gamin, brûlé en quinze jours de petite guerre, entraîné et enthousiaste, quel joli mot de jeune Gaulois, et pour ce mot-là, embrassez le petit soldat, mesdames î II le forait comme il le dit: Timagination, chez lui, a réveillé la foi. Il braverait les dangers réels comme les périls imaginaires. Dans le tumulte de la vie guerrière, dansl'éreintementdu corps, dans l'éveil do l'esprit, il a senti monter au cœur et au cerveau
l'accès de fièvre du courage. Ni i de philosophie abstraite, ni une a' voir, trop lourde pour sa tête où des aïeux, n'auraient fait ce que t tion. Et quand ce sera, un jour de la puerre véritable, si quelque rebord de la route, il regardera le vont de l'avant, et il dira, le bravt grand mot de ceux qui s'oublient :
que quand ce serait pour de bor tout de même ! »