LA SEMAINE SAINTE
La semaine qui commence aujourd'hui s'appelle, dans toute l'Europe et dans les deux Amériques, la Semaine sainte. « Des colonnes d'Hercule aux arches du Pont-Euxin », comme une légende raconte qu'un de nos ambassadeurs écrivit dans une dépêche diplomatique, on est en fête, ou bien on le sera dans quelques jours, car l'Église grecque retarde. Voilà bien les théologiens I Le pape et le patriarche ji'ont même pu se mettre d'accord pour lire la même heure à l'horloge du Soleil! A ces quelques jours près, d'ailleurs, le monde civilisé va célébrer la même fête. Hier, c'était Pâques fleuries, dimanche prochain, ce sera la grande Pâques. Remarquons que la fête survit, chez bien des gens, à la croyance : le culte persiste, après le dogme aboli. Notre conseil municipal pense certainement sur Jésus de la même façon que cet excellent M. Monteil, qui en parle comme s'il avait sa photographie sur sa table : notre Chambre des députés est un véritable concile de libres-penseurs
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de province, et Toas n'en imposerez contes bleus, à ces esprits supérieurs le conseil municipal et la Chambre Pâque en allant se promener, ce qui part, une excellente idée et trop rare Diderot disait : < Faites-nous des quoi il se montrait trës bon philosc n'est pas seulement pour la sociétâjo; sie qu'il iï-équentait, qu'il faut des faut pour l'humanité toutentifere, de de toutes les conditions, et ils s'a] les légendes et les religions. Bien pei mains ont de la raison : mais presque l'imagination. C'est à cette imaginât laisser quelque pâture. C'est elle qui dates de ces jours, remuant les obscures, et montrant aux yeux les comme un éclair rapide et lointain d'idéal I
L'idéal humain se compose de deu:
Justice, et quelque chose qui lui m l'Amour ou la Charité, au grand sens comprend même l'idée de Beauté. C peuples d'Europe l'ont incarné dans le tien, bien plus que dans la foi ron dogme catholique a beaucoup varié, eeptions abstraites et subtiles : mais, points il reste iixe et immuable. O'est à laisser. Le culte, au contraire, où 1
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constamment interrenu, est chose souple, transactionnelle, qui ne s'adresse ni à la raison, ni à la foi, mais au sentiment et aux instincts. Je crois bien qu'il sera éternel. Les basiliques latines sont bâties avec les marbres des temples païens. Les Rogations catholiques sont les vieilles fêtes de Cerès. La Pâque même que nous allons célébrer, estce bien la Pâque juive, et ne s'y mêle-t-il rien du vieux culte ionien d'Adonis le Ressuscité, dont le sang a rougi les anémones printanières ?
Il est nécessaire, de quelque façon qu'on entende ce mot, c'est-à-dire il est à la fois fatal et utile, qu'un culte coexiste avec une société. Le culte a, presque toujours, une existence nationale indépendante, bien à lui, en dehors du dogme dont il est la représentation, et dont il s'éloigne souvent. C'est une sorte de musique, comme celle de l'Opéra, qu'on goûte sans entendre les paroles sur lesquelles elle a été écrite. Musique indispensable, et qu'on ne saurait brusquement supprimer, qu'on peut, tout au plus, remplacer par une nouvelle. Quand nos sages nous disent, avec raison, et après Voltaire, qu'on peut difficilement croire qu'un âne à quatre pattes ait conversé avec un prophète, je suis bien de leur avis. Mais il faut se séparer d'eux quand, sous prétexte de raison pure et de science précise, ils veulent arracher à l'âme humaine l'illusion dont elle a soif et l'idéal dont elle a faim. Ce qui importe dans la messe, ce n'est pas le symbole
B-- de Nicée, avec les extravagances mystiques des ;i vieilles écoles d'Orient : c'est le seul fait que des ' gens de classes diverses, de moralités différfintes ij- même, de croyances assez dissemblables parfois, ae '^'.- sentant les coudes, reliés, — dit le mot même de i('> religion, — s'inclinent ensemble devant quelque [■■■ chose qui n'est ni une pièce de cinq francs, ni un i'- gendarme. Ce quelque chose, c'est l'idéal. Fils de - l'Homme ou flis de Dieu, ou tous tes deux ensemble, Jésus ^t le sacrifié volontaire, et, comme tel, il peut recevoir l'hommage de tous. L'emportement du Conventionnel ou du soldat de 93, qui meurt pour la justice armée, la résolution froide du savant qui se dévoue à la vérité, fût-elle athée, la tendresse de la mère, tout relève également de lui. C'est le sang de tous les sacriQces que le prêtre élève, dans la calice, vers le Dieu inconnu !
Cette poussée de l'homme vers l'idéal, qui est à la fois un instinct subi par les peuples et une loi reconnue par les vrais philosophes, on ne le supprime pas plus qu'on ne supprime la sève dans un arbre, en cassant une branche. La sève va fleurir ailleurs en d'autres bourgeons. Certes, je ne suis pas catholique entêté, et, pour mon propre compte, je n'éprouve même pas le regret qu'avait Musset d'être
V«aa trop Uid daa« un siècle trop vieux, i
Mais, si on supprime un culte séculaire, il faut
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le remplacer. J'aimerais, je l'avoue, un culte plus philosophique que le nôtre, plus national, tout en gardant ce que notre race a de tendance à vivre pour le monde entier, ce qui est une de ses grandeurs, un culte rajeuni, en retournant aux sources païennes de l'éternelle jeunesse. Mais ce culte rêvé par tous les grands esprits, essayé par les théophilanthropes, peut-il être institué? J'en doute fort. Les philosophies viennent par en haut, les religions et les cultes par en bas. Pour un culte nouveau, il faut un courant qui s'établit dans les foules, que les sages ne créent pas et qu'il ne leur reste qu'à suivre, en le dirigeant. Presque toutes les cérémonies du catholicisme sont nées d'une pratique spontanée des fidèles, que les évêques ont reconnue et consacrée. Je regarde avec curiosité les banquets populaires, les réunions de tout genre, depuis les loges maçonniques jusqu'aux dîners végétariens ! Mais je n'en vois rien sortir encore, qui puisse être l'embryon d'un culte nouveau.
Laissons doncvi vreautour denous, respectueux, le vieux culte catholique, puisqu'il n'y en a pas d'autre prêt à naître. A Tidéal de justice et d'amour, ajoutons, le plus possible, notre idéal contemporain de science. La religion et la science sont brouillées pour le moment. Qui sait si, d'un grand effort, on ne pourrait pas un jour, faire cesser la brouille ? Quand le temps aura balayé nos misérables polémiques, nos préoccupations de budget, de crises
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ministérielles, d'élections, il D'est pas in de rêver d'un moment glorieux pour l'I où la raison sera assez raisonnable et le s assez sage poor faire bon ménage ensembi que la science peut ayoir une poésie, cb près d'une religion et d'un culte, le cath largement compris, s'accommode des coi sûlentiâques diverses comme il s'accom tous les états politiques. Le clergé lui-m§ l'avenir, pourra bien cliercher et trouver !
liberté d'esprit dans nn catholicisme qui It libre de prendre les dogmes pour des v pour des symboles. Saint Thomas a été le des Darwiniens quand il a écrit, dans 1; ces paroles : « Yirtus cali, toco spermati cum eUmentis et puirefiKtione ad generatio malium imperfeetorum. » Gb ioMT-ih, 11 me le prêtre n'était point en retard sur le sav Pâquejuive, Pâque chrétienne, Pâques tires d'Adonia, anniversaire du sacrifice d on de la mort d'an homme, fSte du prtnt fâte de l'humanité, réalité, mystère, lé$ salue la grande semaine I Le Figaro donne mes de petites recettes pieuses, élaborée couturier et le confesseur, et leur dit com doit se vêtir en ces jours, et où il est d'aller prier. Je voudrais faire entendre au. qui me font la grâce de me lire, et même i jnea, le conseil d'une dévotion plus haut
pouvons tous faire la promenade du dimanche de Pâques, avec ce grand païen de Goethe qui conduit Faust dans la campagne, au milieu de la foule échappée à la vie de tous les jours, < rendue à la lumière » et qui dit : < Christ est ressuscité ! » On peut s*abandonner sans danger à la poésie admirable du grand drame chrétien que ces jours nous remettent en mémoire. Chez nous ou dans TÉglise, en habit de deuil ou en habit de fête, croyants ou incrédules, tâchons d'apprendre quelque chose de l'avenir en revivant dans le passé. Au moral encore plus qu'au physique, il est d'une bonne hygiène d'avoir des journées de soleil où Ton sort de chez soi et de soi-même, où les choses de la vie de tous les jours sont oubliées pour celles de la vie universelle. Laissons sourire les sots, si notre femme ou notre enfant apporte au foyer le rameau vert de Pâque-Fleurie, baigné d'eau lustrale.
Ce rameau que les plus humbles portaient autour de Jésus, c'est le rameau vert de l'arbre qui ne se dépouille jamais, le rameau des espérances immortelles de la race. Il est de tous les cultes. Ne nous défendons pas de l'incomparable poésie dont lesarts ont entouré la légende née il y a diz-huit cents ans, au pied d'une croix. Cette poésie, indéfiniment transposée, appliquée à mille sentiments divers, est toujours renouvelée. Les sept plaies de la Vierge ont saigné chez nous tous, et l'humanité tout entière a pleuré les larmes du lamento du vendredi
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3aint. Nos espoirs s'éteignent et seratlum les ciresjaunes du chandelier mystique d Qui dira tous les grands crucifiés, qui le cri de désespoir, et qui sont ressuscité:
N'y a-t-il pas eu des patries mises en c pées au flanc, saignantes, qui ont pan qu'on a descendues au tombeau? Et on pierre blanche, sans y inscrire de nom, jusqu'au souvenir de la morte. Les sol sous l'armure, se sont assis sur la sépu sont endormis. Puis, un jour, un ange 1 du doigt, le sépulcre s'est ouvert et le Gessuscitée en sont sortis, une banniër comme l'ont montré Ids peintres de la S qui savaient ces choses, puisqu'ils les a'' nées. « Hé ! monsieur, vous croyez à c< Pourtant, on a prouvé... » — On n'a r que je sache, monsieur le philosophe, c nelle Résurrection de la Nature et l'asi rieuse des Idées, et il me plaît, dan:
joyeuse de Pâques, d'entendre un allel façon, un aUeluia de ma paroisse, dont aussi bien que Platon et Rabelais comni dont vous ne serez jamais, je le crains le philosophe!
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Nous sommes, mon cher Vingtras, de vieux camarades, el aussi de vieux adversaires. Peut-être même, à une heure, avons-nous été des ennemis? Encore j'imagine qu'en ces temps d'atroce folie, dont vous aimez à parler, vous auriez estimé que me « coller au mur » n'eût guère avancé les affaires : et, pour moi, j'aurais pensé, je vous le jure, que ce n'est point à coups de fusil que j'aurais pu faire entrer dans votre tête le respect du passé et l'espérance en l'avenir. J'ai été heureux de vous retrouver ici, parmi nous. Ces belleslettres contre lesquelles vous blasphémez volontiers, se vengent comme se vengent les muses, par une haute et divine ironie, en vous prodiguant leurs dons. Vous avez beau faire : vous écrivez en aristocrate. Que l'outil soit la pioche, l'épée ou la plume, l'outil égalitaire n'entraîne jamais l'égalité de l'ouvrier. Vous nous avez jadis donné un chefd'œuvre, les Ré fractaires. Il a fait la joie des délicats. Aujourd'hui, vous avez entrepris le tableau de
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notre Paris. Vous le gravez à la j'accroche votre eau-forte dans i vous fais ia malice de la placer h.
joyeuse estampe, à la manière ros ou de Boilly. Vous voyez que a douces I C'est que, par le talent, votre parti, vous vous évadez de v Je veui, aujourd'hui, parler da grèves redoutables pour l'ouvriei pour le patron, sur lesquelles les donnent à cœur-joie, mais d'un pensant à leurs électeurs. Et m que vous n'ayez pas eu l'idée de v{ aussi, à Bessèges, loin, bien loin d seurs d'enquêtes, votre crayon i main. Vous nous en auriez rappor tableau, et votre sincérité d'artist m'en garantir la vérité. C'est un qu'il est plus puissant que les par litique. On a coutume de dire que ] mensonge. C'est le contraire qu'il est la source de toute vérité.
J'ai vu naguère ces pays des M d'où sort la houille, et j'en gare mémoire. Nul spectacle n'est plus de la nature n'est plus hardi. Le jour, marche vers un inconnu. En rées, il vit de la vie d'aventures chacune de ces galeries étroites,
courbé, au clapotement sinistre des eaux, à Téclat des naicas qui sont des pierreries, on découvre une Amérique nouvelle ! Le métier est dur, parfois dangereux, mais il est noble. Au-dessus de ïa mine plane un immense idéal. L'ouvrier met la main sur
la force universelle du monde moderne. Ce qu'il jette hors de sa banne, ce qu'il arrache à la terre, c^est le mouvement, la vie, le progrès I C'est lui qui pousse les navires sur les océans, lance les chemins de fer sur les plaines et sous les montagnes, tord le fer de mille façons, est le père de la statue et le père de Tépée, jette la clarté dans les nuits. Et de même que, chaque soir, quand il remonte du fond de son puits, comme Dante sortant de l'Enfer et revoyait les étoiles, il trouve un plaisir nouveau et ineffable. Et, chaque matin, quand il reprend son labeur, il éprouve un orgueil inconnu aux besogneurs parasites. Un vague instinct dit combien il est utile au monde à ce pauvre ouvrier qui ignore que les cyclopes antiques étaient des demidieux. Aussi, et c'est là que j'en viens, appelant à moi mes souvenirs, il aime son métier. J'ai vu de vieux mineurs usés, regardant avec mélancolie les feux des usines et les panaches des cheminées, avoir la nostalgie de la mine. Descendons encore une fois? disaient-ils. Et presque tous descendent jusqu'au dernier jour. Les fils succèdent aux pères. La mine est une maîtresse, comme la terre pour le paysan.
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Voilà' ce que vous auriez vu, cequevous n'auriez pas pu ne pas voir de votre œil d'artiste, mon r.her Vingtras, vous qui avez la bonne fori être seulement un politioien, et de i gue sans redouter d'être appelé, par les, dans le«sein»d'un comité. Vous .
comme moi, les étranges populati tagnes-Noires, vous eo auriez com débrouillé l'idéal. Admirer, c'est a c'est ne pas redouter. Car, quoi qu'oi les aimons, nous autres « bourgeois leurs dont nous savons comprendre pacifique. Nous avons une pitié pro misères, mais nous ne les jugeons i parce qu'ils font une tâche humble, sommes plus démocrates que les ti leurs amis. Je ne veux pas entamer :
sion d'économie politique ! C'est seul ter un fait que de dire que les amél main-d'œuvre viennent toutes de capital. Mettre en guerre celui-ci ei une bêtise. C'est le combat d'Amph lui-même, c'est l'application, au corj plaisante médecine de Sganarelle qi le bras gauche à un homme pour qu profite mieus 1 Et cette médecine, 1 seule qu'on ait voulu pratiquer jusqi
Jamais une réforme ne m'effrayi révolution ne me fit peur. Je crois
possibles ; et, pour ce qui est de moi, je suis un ouvrier qui, comme le mineur emporte sa lampe et sa pioche d*une galerie épuisée aune galerie nouvelle, emporte sa plume sous sa blouse et ne s'émeut de rien. Si la maison s'écroule ici, j'irai comme tous, Yingtras, déployer ailleurs ma tente. Mais j'ai sinon peur, du moins une tristesse profonde de la sottise et de l'ignorance des réformateurs et des révolutionnaires ! Ils ont éternellement conduit le peuple à des holocaustes, et vous le savez bien, vous qui avez dit si souvent : « Ils sont trop bêtes ! » en parlant de ces sinistres Arlequins qui, pendant qu'on mourait pour eux, s'acharnaient à peigner le cheval de Bronze !
On ne peut eh disconvenir. Joseph Prud'homme a troqué sa redingote à la propriétaire contre le bourgeron : le vieux révolutionnaire orléaniste s'est fait socialiste. La bêtise s'est démocratisée, et pour être un peu plus menaçante peut-être, elle n'en reste pas moins la Bêtise. Une sorte de Bourgeoisie nouvelle pousse sur le terrain de la République, qui nous apporte des préjugés, des sottises, des déclamations et une rhétorique, — une rhétorique surtout I -— qui ne valent pas mieux que les préjugés, les sottises, les déclamations et la rhétorique de l'élève de Brard et Salnt-Oraer. Que vat-il rester de la grève du Gard ? Un héros, et le héros c'est M. Pournière. J'ai lu sesafiBiches, ses discours et ses conférences, — car il fait des conférences,
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le trwtre I Je veux mourir sur trouvé trace d'une idée. Si on dor refaire àdetels brouillons, au bou heures, ne sachant par où comme chercher le bon Dieu ! Et ces mai toucher à l'outil des réyolutions I cerveau mort jouent avec des allu grandes forêts! Ces ignorants du pa se donnent pour les ^crands-prêtres C'est une pitié.
Qrâce à la liberté dont nous joui grande, on entend partout des ( Ouvrez une cage à des oiseaux capi dront dans le buis voisin, et, à pie verront des appels d'amour. Ouvre hommes, ils pousseront, dès qu'il volée, des cris de haine! Donc, gui guerre au cléricalisme, guerre à guerre à Gambetta, guerre à Freyc assourdissante clameur,.. On racom Sénat a bien crié : Guerre à Dieu I parait invraisemblable. Ne pourrioi quelques douzaines, monter dans < Beuve appelait sa tour d'ivoire, et j grand cri de : Guerre aux nigauds l redoutables et a^sez nombreux pi fasse cet honneur, car il est des nig qu'on prend pour des inspirés et qu tes, tout aussi bien que le bon coloi
du salut ! J'aimerais, dans cette forteresse idéale, vous donner une place, mon cher Vingtras. Vous souffleriez ferme dans Toliphant ! Pourquoi ne seriez-vous pas un homme libre, vous qui avez admiré Proudhon de ce seul mot : c'était un homme libre ? N'est-ce pas vous, qui, avec une belle ironie, avez conseillé l'opposition comme une carrière ? N'est-ce pas vous qui avez dit que, dans les rangs de l'hostilité déclarée, on pouvait vite devenir officier € sans beaucoup de talent ni de courage ? > N'avez-vous pas demandé la mort des Pet-de-Loup de la démocratie ? Vous sauriez encore, ce me semble, dire leur fait aux Pet-de-Loup du socialisme, que vous connaissez mieux que personne, et à ces < Poupelin >^ qui ne portent plus leurs papiers aux Tuileries, mais qui les lisent dans les clubs ? Si bien qu'un jour le mineur de Bessèges, après quinzaine perdue, redescend à la mine, troublé et mécontent comme au sortir d'un rêve malsain, sentant sa pioche plus lourde, tandis que Poupelin politicien se rengorge, s'épanouit et rêve déjà à la prochaine caresse imbécile du suffrage universel.