UN GENTILHOMME
Si fait, Monseigneur.
PARÉ
Voilà le pansement fini. Il faut vous préserver de toute inquiétude.
COLIGNY
Je ne suis inquiet que du salut de mon âme et du salut de ma cause.
PARÉ
Et quand vous le seriez d'autre chose encore !....
TÉLIGNY
Mon Dieu!
GUERCHY
Ambroise, que dites-vous là?
PARÉ
Rien, mais si l'on ne m'avait appelé à temps !... Un doigt enlevé, trois incisions au bras ! . . . .
COLIGNY
On a averti le roi de Navarre ?
GUERCHY
Despruneaux y est allé.
PARÉ
Monseigneur, au nom de Dieu, tenez-vous en repos.
COLIGNY
Je voudrais voir aussi Rosny et M. de Rohan
Mais avant tout, M. Merlin ! Je me sens parfois de telles défaillances
176 LA SAINT-BAUTHELEMY.
PARÉ
Vous VOUS agitez toujours ! Respirez cela.
U lui présente un flacon, TÉLIGNY, se relevant pour soutenir l'amiral.
Mon oncle, je vous en prie, tranquillisez-vous... Nous prendrons tous les soins....
PARÉ, à Téligny.
jGhut! (A l'amiral.) Vous souffrcz fort, Monseigucur?
COLIGNY
Oui. — Téligny, je t'avais laissé près du roi ?
TÉLIGNY
Je le quittais, quand le capitaine Pilles est venu....
COLIGNY
Ainsi le roi sait?...
TÉLIGNY
Et vous auriez été touché de sa douleur.
GUERCHY
Nous verrons s'il fera bonne justice.
COLIGNY
C'est une pensée qui ne soucie guère à l'heure où me voilà.
TÉLIGNY
Mon père, au nom de Dieu !
u retombe à genoux en pleurant. — Coligny paraît souffrir davantage; tous les assistants sont émus et l'entourent.
PARÉ
C'est la blessure de la main droite Ces plaies
des extrémités sont douloureuses !....
UN GENTILHOMME, rentrant, et bas à Guerchy.
C'est M. Merlin.