ACTE TROISIÈME
C A T n E R I N K , se reprenant.
A moins cependant, maréchal, que vous ne m'en indiquiez un meilleur.
TAVANES
Un meilleur que quoi, Madame?
LE DUC d'aNJOU.
Enfin, Tavanes, ne voyez-vous pas?...
TAVANES
Je vois tout, Monsieur; un fossé est devant vous, et vous y tombez, si vous ne le comblez des cadavres de vos ennemis.
LE DUC d'aNJOU.
Bien dit.
La blessure de l'amiral a rompu la paix. Reste à savoir si vous voulez attendre davantage, et laisser les huguenots s'éloigner, pour les rejoindre en rase campagne, ou s'il ne vaut pas mieux attaquer dans Paris et gagner la bataille sans sortir du Louvre. L'entreprise est vigoureuse, mais point repréhensible : car vous y êtes contraints par la nécessité des choses, et il est bien juste que l'autorité royale entreprenne contre les sujets, plutôt que de laisser les sujets entreprendre contre l'autorité royale.
LE duc d'anjou.
Que voilà des paroles qui réconfortent !
RETZ
M. de Tavanes estdanslevraide la chose. Madame. Voici la seule question : sur qui frapper et comment?
236 LA SAINT-BARTnÉLEMY.
LE DUC d'aNJOU.
L'amiral d'abord.
CATHERINE
€ela va sans dire, après ?
TAYANES.
Puis toutes les têtes du parti.
CATHERINE, à Birague.
Et VOUS?
BIRAGUE
Madame, ce ne sont point là des affaires où opine pertinemment un chancelier...
TAVANES
Toujours un chancelier!
BIRAGUE
La question de droit seule me concerne, et je dois dire que je n'y vois nulle difficulté. On objecterait que les rois ne peuvent procéder extraordinairement contre leurs sujets, vu qu'ils ont la justice en main pour les punir, que lorsque l'exécution précède l'information, c'est une marque que les souverains ne pourraient prouver ce dont ils accusent les coupables, et qu'il y a violation de toute bonne règle à faire ainsi courir la peine avant le jugement. Ce sont là, si je ne me trompe, les vraies maximes du droit français. D'oii il faut conclure que, lorsqu'on en est à prendre de si désespérés partis, il faut agir de sorte que personne ne puisse y venir trouver à redire, et s'arranger pour supprimer toute plainte qui mettrait l'autorité dans son tort.De cette façon, ne restant plus personne pour