SCÈNE XIII
CATHERINE, LE DUC D'ANJOU, LE COMTE DE. RETZ, LE MARÉCHAL DE TAVANES, M. DE BIRAGUE, LE DUC DE GUISE.
GUISE , mettant la main sur la bouche du page qui veut l'anauncer.
A quoi bon m'annoncer? la reine m'attend... Pardon, Madame, mais j'étais muni d'une clef qui ouvre
toutes les portes . (ll jette le mouchoir sur le fauteuil.) Quoi !
tous ici, sans lumière ?
CATHERINE
Nous n'avions rien à écrire...
BIRAGUE
C'est une de ces séances dont on ne dresse pas procès-verbal.
Le page allume et se retire.
LE DUC D ANJOU, allant au duc de Guise et l'embrassant.
J'avais bonne envie de te voir ici.
GUISE
Je le crois, Monsieur. — Eh bien. Madame?
CATHERINE
Vous devinez. Monsieur, ce qui nous occupe et pourquoi je vous ai fait mander?
GUISE
J'attendais votre message. Madame, depuis tantôt huit heures.
CATHERINE
Et que pensez-vous de tout ceci, Guise ?
242 LA SAlNT-BARTIlÉLliMY.
TAVANES, à la reine.
Puisque vous avez si bon conseiller, Madame, permettez que je me retire.
GUISE
A votre aise, monsieur de Tavanes ; deux avis importunent où un seul suffit.
CATHERINE
Non, restez, maréchal, vous êtes notre père et tuteur à tous.
TAVANES, avec humeur.
Hum, hum !
LE DUC d'aNJOU.
Ma mère, ne perdons pas de temps, (au duc.) C'est que, vois-tu, mon enfant, nous sommes en grand péril...
GUISE
Aucun péril, si vous laissez faire ceux qui savent vouloir et agir.
CATHERINE
Apprenez d'abord...
GUISE
Quoi, Madame? Que vous avez fait assassiner l'amiral de Ghâtillon, que vos mesures étaient mal prises, et que le coup a manqué?
CATHERINE
Comment nous'7 mes mesures! Qui vous a dit que ce soit wows?...
GUISE
Vous ou moi. Madame, mais pas un autre. Ce n'est pas moi, car il est vivant; c'est donc vous.