SCENE III
COLIGNY, LANGOYRAN.
LANGOYRAN, à lui-même.
Oui, oui, la famille I au train dont les choses vont,
le cadet sera bientôt l'aîné, et touchera l'héritage de tous les cousins et arrière-cousins.
COLIGNY, revenant à Langoyran.
Êtes-vous dans votre bon sens, vous, de venir ainsi vous jeter au travers de mes affaires? Quand vous vous alarmeriez à bon droit (et ce n'est pas le cas, grâce à Dieu), serait-il sage de venir troubler ce comte Ludovic qui, sur la promesse du secours de la France, s'en va tout au moins nous ôter le roi d'Espagne de dessus les bras?
LANGOYRAN.
Se repaisse qui voudra de belles chimères! Pour moi, je ne crois pas sans avoir vu, sauf ce qui est au saint Évangile, bien entendu,
COLIGNY
Taisez-vous ; vous parlez des choses sans les connaître.
LANGOYRAN.
Je ne suis pas dans vos secrets, non ; mais c'est égal, je sens dans l'air quelque chose...
COLIGNY
Pauvre cervelle!... Eh bien, restez dans ce cabinet, j'attends de nos amis justement pour délibérer sur ce qui vous inquiète. Vous entendrez tout, et déciderez ensuite si vous devez toujours prendre votre congé.
LANGOYRAN.
Volontiers ; en pareil cas, un avis ^e plus n'est pas de trop.
Téligny eritr'ouvre la porte.