ACTE QUATRIÈME
terminer au plus tôt et dès qu'il en trouve les facilités. Or, il y a de présent nécessité, j'ose dire, car ces gens sont si insolents qu'ils nous bravent en pleine rue, et le Gascon Pardaillan va prôchant sur les toits qu'il est, lui et les siens, résolu à tirer raison de ses ennemis : bravades que nous ne devons pas endurer; et si le roi n'y met un terme, je suis bien décidé à prévenir par les armes de telles entreprises, et à ne point souffrir que des sujets rebelles s'ingèrent de venger leur cause sans le congé du roi,
leur maître Mon avis est que le roi doit donner
le signal, et nous, courir sus à nos ennemis comme aux siens.
LE DUC d'aNJOU.
Allons, ma mère, il me semble que tout le monde est d'accord, hors un seul.
CHARLES
Un seul, Mon sieur !
CATUERINE, à Charles.
Oui, Sire, tous, hors un seul, s'accordent à vous donner le même conseil, et ceux même qui ne vous le donnent pas se rangeront, j'en suis certaine, de l'avis que vous adopterez.
RETZ
C'est mon devoir d'obéir.
TAVANES
Et de quel cœur n'obéirons-nous pas, nous qui, après avoir parlé comme nous pensons , agirons comme nous avons parlé !
CATHERINE
J'ajoute que le parti que nous hésiterions à prendre^ d'autres le prendront, au grand détriment de l'autorité royale.
BIRAGUE
Et que le roi en portera tout le fardeau quand on saura quelles mains ont chargé l'arquebuse qui a manqué l'amiral.
CATHERINE
Et sans doute, on le sait déjà. — Monsieur de- Birague, passez là dehors, et nous amenez quelqu'un que vous savez.
Birague sort. CHARLES, bas à sa mère.
Qui donc?
CATHERINE
Vous le verrez, et connaîtrez les hommes qui allaient vous séduire.
Birague rentre avec Bouchavannes.
CHARLES, regardant Catherine.
Bouchavannes, ma mère