ACTE QUATRIÈME. 28i
que de nom, et serais bien fâché que le roi pût me soupçonner d'une telle déloyauté que d'être leur ami.
LE DUC d'aNJOU.
Nous savons.:...
CATHERINE, Tite.
Parlez.
BOUCIIAVANNES.
Je disais donc. Madame, que les réformés n'ont plus de frein, que ce n'est parmi eux que conseils de guerre, approvisionnements d'armes, ordres envoyés
en tous les quartiers où nous sommes où ils sont
en force.
LE DUC d'aNJOU.
Vous entendez, Sire ?
BOUCHAYANNES.
Je puis attester que l'amiral, sitôt sa blessure, a dépêché en Allemagne pour traiter de l'engagement de dix mille reîtres, et qu'il a fait demander une levée de dix autres mille hommes aux cantons protestants des Suisses.
LE DUC d'aNJOU.
Voyez-vous?
BOUCIIAVANNES.
Quant aux capitaines qui sont des nôtres, je puis affirmer sur l'honneur que la plupart sont partis pour armer tout le royaume, et les rendez-vous sont déjà marqués.
CATHERINE
Quels propos avez-vous entendus dans les conseils où vous assistiez pour notre service?
282 LA SAlNT-BARTHÉLEMY.
BOUCHAVANNES.
Je ne sais si j'oserais les redire, Madame, mais la franchise m'y contraint. Ce ne sont que menaces contre la famille royale et contre l'Église, injures et blasphèmes que je ne puis répéter.
CATHERINE
Mais encore?
BOUCHAVANNES.
Les uns songent à s'emparer du Louvre pour y tenir synode; les autres soutiennent que l'État monarchique ne convient plus à un pays où l'on a rompu le joug de la superstition romaine
TAVANES
Inspirations de Satan !
BOUCHAVANNES.
Mais c'est contre vous. Madame, et contre monsieur qu'ils montrent le plus de fureur, vous accusant de perfide assassinat sur la personne de M. l'amiral et jurant d'en tirer sanglante vengeance.
BIRAGUE
Quelle horreur!
LE DUC d'aNJOU.
Et le roi, Monsieur?
BOUCHAVANNES.
A dire le vrai, ils n'en parlent guère, hormis quelques-uns pour se vanter qu'ils le tiennent dans leurs lacs et que l'amiral
CATHERINE
Et que l'amiral?
Le roi paraît très attentif.