ACTE QUATRIÈME
BOUCnAVANNES.
Fait du roi ce qu'il veut et le conduira pieds et poings liés à sa ruine et à sa damnation.
RETZ, avec intention.
Mais l'amiral n'en tombe pas d'accord?
BOUCHAVANNES.
Sur mon honneur, il sourit quand on le lui dit, et si ce ne sont pas ses paroles, c'est son jeu.
LE DUC d'aNJOU.
L'insolent !
BOUCUAYANNES.
Toutefois la plupart pensent qu'il est dupe et que le roi, complice de la reine, comme c'est, disent-ils, le louveteau de la louve, est leur mortel et secret ennemi, et ne les attire au piège que pour les déchirer à belles dents. Car, disent-ils, foi de gentilhomme, c'est un animal traître et carnassier
eu ARLES, éclatant.
Eh bien, damnation sur leurs têtes ! Qu'ils disent vrai une fois dans leur vie^ et qu'on ne m'en parle
plus Ma mère, mon frère, vous trouvez bon qu'on
tue l'amiral, je le veux aussi, pourvu qu'en récompense on tue avec lui tous les huguenots de France, afin qu'il n'en reste pas un pour me le reprocher après.
Mouvement géuéral.
CATUERINE, avec vivacité.
Ahl Sire! vous êtes un brave enfant.
Elle l'embrasse.
CllARLES, a\ec une agitation qui dure tout le reste de l'acte.
Mais qu'on ne m'en parle plus Messieurs, voici
l'heure de me montrer comme vous savez me servir.
TAVANES
Sire, il y a longtemps que Fépée que voilà a fait ses preuves.
LE DUC d'aNJOU.
Ah! monsieur mon frère, je ne vous ai jamais tant aimé.
CHARLES
Point de temps perdu. A l'œuvre, Messieurs, à l'œuvre !
RETZ
Croyez, Sire, que, si j'ai différé d'avis, c'est que je pensais que de vous seul devait venir si héroïque résolution.
CHARLES
Je le prends bien ainsi.
CATHERINE
Mon fils, vous voulez qu'on agisse? — Voyons, pouvons-nous compter sur les douze cents gardes qui viennent de Saint-Denis?
Oui, les huguenots croiront qu'ils sont venus pour leur siireté, car je le leur ai dit.
CATHERINE
Voulez-vous que nous prévenions l'Espagnol afin qu'il tienne un secours prêt à tout hasard ?