‹ La Saint-Barthélemy, drame inédit, publiéChapitre 174 sur 237 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

CHARLES

C'est bien le moins qu'il nous doive, car ceci l'aidera à réduire ses Pays-Bas.

LE DUC d'aNJOU.

Ma mère a prévenu aussi

CATHERINE, l'interrompant.

Oui, on a dit au duc de Guise quelque chose de tout ceci.

CHARLES

Il est parti; il m'est venu dire adieu.

BOUCHAYANNES.

Je. dois informer Votre Majesté qu'en venant ici, je l'ai rencontré à cheval avec sa suite et se dirigeant vers le faubourg Saint- Antoine. Mais les gens des halles, les marchands d'herbes se sont émus, et, sur ma parole semblaient disposés à le contraindre à rebrousser chemin.

CATHERINE

Il se laissera faire, croyez-moi.

CHARLES

Tant mieux! qu'il revienne, et mettons-le de la partie. Au besoin, nous rejetterons tout sur lui.

CATHERINE

Henri, vous êtes sûr de votre compagnie ?

LE DUC d'aNJOU.

Gomme de moi-môme. Je la conduirai...

CATHERINE

Non, non, ne paraissez pas; donnez-la au maréchal.

TAYANES.

Nous l'emploierons comme il faut.

NEVERS

Si Votre Majesté le trouvait bon, je passerais la Seine avec un fort détachement ; au premier coup de feu, les huguenots ne songeront qu'à fuir par cette voie. Embusqué dans le Pré-aux-Glercs, je les prendrais au passage.

CHARLES

On verra.

CATHERINE

C'est soin superflu ; ils n'auront pas le temps de fuir. L'amiral est au lit et hors de combat; les princes sont des enfants, les autres sont divisés et pleins de confiance. En quelques minutes, vous pouvez vous délivrer des chefs, et le reste ne compte pas.

CHARLES

Si fait, ma mère. Tous, tous ! je ne veux pas qu'il en réchappe un seul pour venir me narguer.

Le roi a raison.

NEVERS

Ah ! oui, tous.

BIRAGUE

Le roi doit sa justice aux petits comme aux grands.

CATHERINE

Quant aux princes, il faudra, mon fils, les retenir cette nuit près de vous.

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