‹ La Saint-Barthélemy, drame inédit, publiéChapitre 175 sur 237 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

CHARLES

On verra... Songeons à l'essentiel. Allons, Messieurs, dépêchons.

CATHERINE

Réfléchissez que vous ne pouvez rien faire avant la nuit.

CHARLES

Oui, la nuit, cela vaut mieux. Pardieu ! vous avez là une honne idée. La nuit, quelle aubade ! Je prétends qu'ils s'éveillent dans les griffes du diable.

BIRAGUE

Au fait, c'est les renvoyer à leur juge naturel.

RETZ, riant.

Ah ! ah! ah! Voilà un bon mot. L'entendez- vous?

Oui. — Ah! ah!...

U rit el Nevers aussi.

CHARLES, vivement.

Est-ce le temps de rire?... Vous rirez quand tout sera réglé.

TAVANES

Est-il convenu que le signal sera donné vers minuit par la cloche du palais?

CHARLES

Oui... ou plutôt par celle de Saint-Germain l'Auxerrois.

CATHERINE

Pourquoi donc?

288 LA SAINT-BARTIIÉLEMY.

CHARLES

C'est plus près du logis de l'amiral. Il ne faut pas qu'il ait le temps de se sauver.

CATHERINE

Voilà qui est judicieux.

CHARLES

Ma mère, il faudra mettre de l'affaire mon demifrère, le grand-prieur, cela lui va.

CATHERINE

Dites-le-lui.

Ainsi, recordons-nous : douze cents arquebusiers, plus la compagnie de Monsieur, deux cents hommes, puis la- garde du Louvre... Voilà pour les troupes régulières...

LE DUC d'aNJOU.

Et vous ne comptez pas les gens du duc de Guise?

, RETZ

Et les bourgeois de Paris ?

NEYERS.

Mais qui se charge de les conduire?

CATHERINE

Laissez-les à Guise. Il ne faut pas que le roi paraisse employer telle canaille.

TAYANES.

D'ailleurs c'est aux hommes d'armes à porter le poids du jour et de la chaleur.

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