ACTE QUATUIÈME
CDARLES.
Ne badinons pas. — Qu'avons-nous à faire maintenant?
LE DUC d'aNJOU.
Rien qu'à prendre du bon temps, jusqu'à ce que l'heure sonne.
CHARLES
Par le Ciel! je ne respirerai pas jusque-là.
Il se promène avec agitation.
CATHERINE , lui prenant la main.
Calmez-vous, tout ira bien. (Elle prend aussi la main au duc
d'Anjou.) Mes chers enfants, je suis heureuse de vous voir ainsi de bon accord.
LE DUC d'aNJOU.
Et pour si belle entreprise !
CATHERINE
Chariot, mon fils, désormais nous marcherons toujours ensemble?
CHARLES
J'admire votre sang-froid sur monâme. Eh morbleu ! ce n'est pas le moment de se perdre en caresses... N'avons-nous rien à faire ?
CATHERINE
Je crois que nous avons pensé à tout.
CHARLES
Non, non, mordieu,non! Songez qu'il faut que tout ceci se fasse à mon contentement... Par la messe! ce n'est point un jeu d'enfants.
LE DUC d'aNJOU.
Quel beau réveil demain ! Tous nos ennemis par terre !
CATHERINE
Douze années vengées en une nuit !
CHARLES
L'autorité royale relevée !
LE DUC d'aNJOU.
L'honneur de notre race satisfait.
CHARLES
J'en veux faire chanter dimanche un Te Deum à Notre-Dame.
LE DUC d'aNJOU.
Amen.
Bruit à la porte.
CATHERINE
Qu'est-ce ?
UN PAGE, entrant.
Monseigneur révêque de Lisieux demande à voir la reine.
CATHERINE, au roi.
Voulez-vous qu'il entre?
Volontiers. Nousluidonnerons une bonne nouvelle.
Catherine fait un signe au page qui introduit l'évêque.