ACTE QUATRIÈME
CHARLES
Bonjour, monsieur de Lisieux, bonjour.
HENNUYER
Je suis sur le point de partir pour mon diocèse ; je serai ce soir à Pontoise. Je venais prendre congé de Votre Majesté.
CATHERINE
Dieu vous conduise, monsieur de Lisieux : serezvous bientôt chez vous ?
HENNUYER
Il me faut trois jours au moins. Madame.
CATHERINE
Je VOUS conseille de vous hâter; il pourrait d'ici là survenir telles affaires qui réclameraient votre présence.
LE DUC d'aNJOU.
Oui, des affaires... dont vous ne vous doutez pas.
Avez-vous beaucoup de huguenots à Lisieux?
HENNUYER
Hélas ! oui, madame.
CHARLES
Patience, seigneur évoque; on vous en délivrera avec le temps.
HENNUYER
La grâce est, je le sais, bien puissante ; je demande à Dieu chaque jour qu'il touche leurs cœurs ; mais cependant...
CHARLES
Patience, je Vous dis.
UENNUYER.
Ah ! Sire, la patience ne nous manque pas, c'est une obligation de notre état, et je ne désespère point de les ramener...
LE bue d'anjou.
Ainsi soit-il, mon père.
CATHERINE
Que ne pouvez-vous ramener ou emmener tous les nôtres ! Vous nous laissez bien mal entourés, monsieur.
HENNUYER
Votre Majesté a tant de religion, qu'il n'y a nul danger pour elle. Je voudrais être assuré de la foi de tout mon diocèse autant que je le suis de la sienne.
Oh ! pour de la foi, Dieu merci, mes fils et moi...
HENNUYER
C'est une grande consolation pour la religion.
CHARLES, avec expression.
Et ce sera son salut.
HENNUYER
Il est certain que l'exemple des rois de la terre est très- efficace.
CHARLES
Mais à l'exemple il faut joindre l'action ; à la foi, l'œuvre?
HENNUYER
Oui, la foi sans les œuvres est morte... Vos bonnes