LES MÊMES, LE MARÉCHAL DE TAVANNES M. DE SAUVES
CATHERINE
Monsieur le maréchal, j'étais impatiente de vous voir.
TAVANES
La reine me fait honneur. Je me pressais, mais M. de Sauves m'a voulu expliquer...
CATUERINE.
Oui, je l'avais chargé de vous dire l'état des affaires.
TAVANES
Je le sais de reste, je l'ai prévu de longue date, et, sans reproche, vous en avais maintes fois avertie. Madame.
Mon Dieu! que voulez- vous?... M. de Sauves vous a dit que je fais demander au roi un entretien?
TAVANES
Un entretien ?
CATHERINE
Oui, je l'attends dans cette pièce à son retour de la chasse... Monsieur de Sauves, votre message^ sera parvenu jusqu'au roi ?
SAUVES
La reine peut y compter.
TAVANES
Ainsi, Madame, vous en êtes au point de correspondre avec le roi, votre fils, par ambassadeur ?
CATHERINE
Hélas, mon pauvre Tavanes !
LE DUC d'aNJOU.
Ne voyez-vous pas oii nous en sommes, Tavanes?
TAVANES
Si fait, dont j'enrage. Je l'avais bien dit dans le temps; mais, sauf votre permission, Madame, les bons et vigoureux conseils n'ont jamais été votre fait.
CATHERINE
C'est selon le moment. Monsieur.
Elle regarde Retz qui fait sigae qu'il ne faut rien dire encore. SAUVES.
La reine est la prudence même .
ÎAVANES.
La reine est dame de grand sens et, selon moi, l'État n'est bien qu'en ses mains. Mais elle me permettra de lui dire qu'elle ne connaît pas sa force ; n'est-il pas monstrueux qu'elle soit réduite à négocier avec monsieur son fils, qui naguère ne marchait qu'à la lisière ?
, CATHERINE
Ah! il est bien changé.
LE DUC d'aNJOU.
Si vous saviez comme il est ! Pour moi surtout !....