ACTE DEUXIÈME. i
RETZ
Il serait pourtant difficile de prétendre que ce soit un parti mené par de petites gens.
Il dit cela asser haut pour être entendu de tous, hormis du maréchal. TAYANES.
Hein! Monsieur?... comment?... Je dis que c'est pour n'avoir pu réussir avec les bourgeois qu'ils se sont adressés à la noblesse et aux grandes maisons de Bourbon et de Goligny, au moyen desquelles ils ont excité tant de troubles dans le royaume. Or, maintenant, qu'ils deviennent les maîtres, comme ils le seraient par le succès de la guerre de Flandre, on verra reparaître le fond du parti, si ce n'est sous les chefs actuels à qui je veux croire meilleure intention, du moins malgré eux ou sous d'autres meneurs qu'on saura bien trouver. Leur vraie nature se produit naïvement aux Pays-Bas : c'est là qu'on peut voir comment ils entendent la religion et le gouvernement.
LE DUC d'aNJOU.
Mais, maréchal, vous parlez toujours comme si cette guerre flamande devait réussir ; et vous savez bien....
CATUERINE.
Laissez-le donc dire.
TAYANES.
C'est où j'en vais venir, monseigneur. Et sien effet la royauté court risque au succès de la guerre, que sera-ce en cas de défaite, et c'est le plus probable? Car enfin les gueux de Flandre nous appellent, c'est
donc à dire qu'ils sont trop faibles ; et monsieur le duc d'Albe, lui, ce grand homme de guerre, est en tête d'une armée qui ne crie point au secours, tandis que le roi ne lui peut opposer que des troupes en mauvais ordre, au point que si l'idée venait au duc d'Albe de passer la frontière, je ne vois pas qui l'empêcherait de pénétrer au cœur du royaume.
CHARLES
Pour cela, on y a songé. L'amiral m'a offert dix mille hommes, quand je voudrai.
TAVANES, vivement.
Sire, celui de vos sujets qui vous porte telles paroles, vous lui devez faire trancher la tête. Gomment vous offre-t-il ce qui est à vous ?
Eh! mais?... maréchal
TAVANES, sans l'entendre.
Il est donc chef de parti à votre préjudice ! 11 les a rendus siens, ces dix mille de vos sujets^ pour s'en servir au besoin contre vous !
CHARLES
Vous croyez ?
LE DUC d'aNJOU.
Gela est sensible. Monsieur, j'ai toujours vu avec regret que vous sjouffrissiez que les huguenots continuassent à lever comme ils font troupes et deniers par tout le royaume.
CHARLES, se tournant vers lui.
Vraiment, Monsieur ?
n le regarde fixement;