Au milieu : a mesure que le globe de
feu se rapproche, les details apparaissent plus disiintls aux yeux du prophete. Qicatre etres vivants (comp. Apoc. iv, 6), si etranges et d'une apparence si complexe que le voyant ne salt encore les designer que par cette vague appellation. II arrivera plus tard (x, 20) a reconnaitre en eux les Clierubins mentionnes precddemment dans I'Ecriture {Gen. iii, 22 sv. Exod. xxv, 18, al.). Nous sommes done ici en presence d'esprits celestes d'un ordre superieur, occupant avec les Seraphins {Is. vi) le sommet de I'echelle des creatures; les Seraphins, comme representants de I'adoration de Jehovah, se liennent devant le trone; les Cherubins, comme ministres, dans la nature, de la toute-puissance de Dieu, volent en portant le trone {Exod. xxv, 18-22). — Une 7-essemblance huviaine : au speftateur placd en face, c'est tout d'abord un visage d'homme qu'ils presentent, sans parler des mains et surtout de Tattitude droite de I'ensemble. Comp. les kiroubi ou taureaux ail^s de Ninive au musee du Louvre. — Voy. Vigour. Bible et Decouv. t. IV, 1. i, ch. iii.
6. Quatre figures o\\ aspects : voy. vers. 10. Le mot facies semble signifier ici, non pas visage, mais apparence (comp. ii, 10). Le mot hebreu pdnini admel cette signification.
PROPHliTIE D'ltZECHIEL Chap. I, 7—18.
quatre fif^ures, et chacun avait quatre ailes. 7Leurs pieds etaient droits, et la plante avait la forme de la plante du pied d'un veau ; ils etincelaient comme de I'airain poli. ^Des mains d'hommes sortaieiU de dessous leurs ailes, sur leurs quatre cotes, et tous les quatre avaient leurs faces et leurs ailes. 9 Leurs ailes etaient jointes I'une a I'autre; ils ne tournaient point en marchant, chacun allait devant soi.
^°Voici quelle etait la ressemblance de leur forme : une forme d'homme par' devant, une forme de lion a droite a tous les quatre, une forme de taureau a gauche a tous les quatre, et une forme d'aigle a toiis les quatre.
Telles etaient leurs formes, i' Leurs ailes se deployaient au-dessus d'eux; chacun avait deux ailes qui rejoignaient celles de I'autre, et deux ailes qui couvraient son corps. '^ (Chacun allait devant soi ; la ou I'esprit
les faisait aller, ils allaient; ils ne tournaient pas en allant. isL'aspecl de ces etres vivants ressemblait a des charbons ardents, brulant comme des torches; le feu circulait entreces etres, il etait eblouissant. et il en sortait des eclairs. ^Et ces etres couraient en tous sens, pareils a la foudre.
i5En regardant les etres vivants, j'apercus une roue a terre aupres d'eux, devant leurs quatre faces.
i^L'aspecl deces roues et leur forme etait celui de la pierre de Tharsis, et toutes quatre etaient semblables; leur aspe6l et leur forme etaient comme ceux d'une roue traversee par une autre roue. i7En avancant, elles aliaient sur leurs quatre cotes, et ne se rctournaient pas dans leur marche.
18 Leurs jantes etaient d'une hauteur effrayante, et les jantes des quatre roues etaient remplies d'yeux tout
Or elle semble etre la seule qui convienne ici, soit parce que la .representation d'un animal k quatre visages presente un canictere de monstruosite qu'il ne faut pas accepter sans y etre contraint par le te.xte; soit parce que le mouvement de I'etre mysterieux vu par le prophete, tel qu'il est decrit dans le v. 9, ne se pourrait guere expliquer dans I'autre hypothese; soit enfin, parce que en effet les /w><7//<^/ assyro-chaldeens, decouverts en ce siecle, et qui repondent a la description d'Ezechiel, n'oiit qu'un visage, lout en offrant par la conformation de leur corps I'apparence de quatre etres : de I'homme, de I'aigle, du lion, du boeuf. — Quixtrc ailes : embleme de I'acflion divine rayonnanl a la fois dans toutes les diretlions de I'espace.
7. Leurs pieds, ici, la jambe tout entiere (LXX r/J/rj), etaient droits, non plies ou courbes dans une direcflion, mais descendant droit vers le sol, et se terminant par une plante semblable a celle d'un taureau, non allongee en avant comme le pied de riiomme, par consequent pouvant se mouvoir en tous sens, sans avoir k se retourner (vers. 12). — lis (les pieds) etineelaient, etc. (comp. Apoc. i, 16); les pieds des kirouhi du Louvre ne sont pas moins brillants.
8. Des mains d^honiine, synibolc d'une adlivite inteiligente et mesurtfe, probablement au nombre de quatre, comme les ailes. Au lieu du qeri iadei^ Knabeiibauer prefcre
le ketib iadav : sa main, la main de chacun d'eux, etait une main d^hommej on ne dit pas combien il y en avait. — Et tous les quatre avaient leur aspeft et leurs ailes, tels qu'on va les decrire ; ou bien avec Vigouroux, tels etaient Vaspefl et les ailes de ces quatre. Les LXX n'ont pas ce membre de phrase, qui en effet enibarrasse la description ; Knabenbauer le rejette comme une addition fautive. Dans les vers. 8-1 1, en general, le texte des LXX parait meilleur que celui de I'hebreu a(!:l;uel ; les formes et les ailes y sont decrites a part, sans confusion et sans repetition inutile.
9. Leurs ailes, les deux ailes d'en haul seulement (vers. 11), etaient jointes Vune <? I'autre : le bout de I'aile droite de chacun venait toucher le bout de I'aile gauche des autres, au moins quand ils etaient en mouvement. — Ils ne se tournaient point, etc., Knabenbauer se demande si ces mots sont bien ici a leur place : comp. vers. 12.
ID. Leur forme, leur hgure, I'apparence qu'ils presentaient au spe(i\ateur. — Forme tf/iomme : voy. vers. 5. — Forme de lion : outre des kiroubi ou taureaux ailes, il y avait aussi en Chaldce des nirgalliow lions ailes, mais on n'y a trouveaucune figure qui fut a la fois kirouh et nirgal. Les quatre etres de la vision ne sont pas une copie servile des produits de Fart chaldiien que le proplicte et ses freres captifs avaient sous les yeux a Babylone ; ils offrent des differences dans la combinaison de leurs elements. — Une
PROPHETIA EZECHIELIS. Cap. I, 7—19.
tuor pennae uni. 7. Pedes eorum pedes recti, et planta pedis eorum quasi planta pedis vituli, et scintillas quasi aspectus asris candentis. 8. Et manus hominis sub pennis eorum in quatuor partibus : et facies, et pennas per quatuor partes habebant. 9. Junctasque erant pennae eorum alterius ad alterum : non revertebantur cum incederent : sed unumquodque ante faciem suam gradiebatur. 10. Similitudo autem vultus eorum : facies hominis, et facies Jeonis adextris ipsorum quatuor : facies autem bovis, a sinistris ipsorum quatuor, et facies aquilae desuper ipsorum quatuor. 11. Facies eorum, et pennae eorum extentas desuper : du^ pennas singulorum jungebantur, et duas tegebant corpora eorum : i 2. et unumquodque eorum coram facie sua ambulabat : ubi erat impetus spiritus, illuc gradiebantur,nec revertebantur cum
ambularent. 13. Et similitudo animalium, aspectus eorum quasi carbonum ignis ardentium, et quasi aspectus lampadarum. Hasc erat visio discurrens in medio animalium, splendor ignis, et de igne fulgur egrediens. 14. Et animalia ibant, et revertebantur in similitudinem fulguris coruscantis.
15. Cumque aspicerem animalia, apparuitrota una super terram juxta animalia, habens quatuor facies.
16. Et aspectus rotarum, et opus earum, quasi visio maris : et una similitudo ipsarum quatuor : et aspectus earum et opera, quasi sit rota in medio rotae. 17. Per quatuor partes earum euntes ibant : et non revertebantur cum ambularent.
18. Statura quoque erat rotis, etaltitudo, et horribilis aspectus : et ^totum corpus oculis plenum in circuitu ipsarum quatuor. 19. Cumque ambularent animalia, ambulabant
forme d'aigle par les ailes que chaciin avait de chacjuecotd.
" Le Hon., dit iin savant interprete, est le roi des animaux sauvagei, le taweau celui des animaux domestiques, Vaigle celui des oiseaux. V/ioniine celui de la terre entiere. Les Cherubins paraissent done bien representer la creation avec toutes ses forces : I'intelligence qui agit (i'homme) et I'intelligence qui contemple (I'aigle), la puissance creatrice (le taureau) et la force destru6live (le lion)." Selon d'autres, le taureau signifie la force, I'aigle I'agilite, le lion la puissance, et rhomme I'intelligence.
Desuper n'est ni dans I'hebr. ni dans les LXX; il n'y a pas a en tenir conipte.
Tell es etai cut leiirs fnt jiies : ce mot qui, en hebr. conime dans la Vulg., commence le vers. 11, appartient en realite au vers. 10. Les LXX I'omettent, et Knabenbauer le rejette comme n'appartenant pas au texte.
I 1 . Leurs ailes, les deux ailes superieures. en se deployant,rejoignaient, I'une a droite. I'autre a gauche, les ailes correspondantes des Cherulains voisins. — Qici couvraieiit la partie inferieure dii corps.
12. C/utcun allait devant sot : c'est dans i:e l)ut qu'est configure le char vivant de Jehovah. — L'esprlt, I'impulsion divine ;ou bien le divin souffle de vie qui reside dans les ([uatre etres (comp. x, 17), qui les anime et les conduit, mais sous la dire6\ion de la volonte divine.
13. Visio n'est pas dans le texte; //^f, pour hie, se rapporte k ignis.
15. Une roue en face de chaque cherubin, par consequent quatre roues, ^? /^r;^', au-dessous des Cherubins. La Vulg. traduit les derniers mots : (une roue) aya/if qual re faces,c.-h.-d. compose'e de deux cercles secoupant a angle droit, comme il sera dit au verset suivant.
16. Vaspefl (litteralement : ceil) se rapporte spdcialement a la pierre de Tharsis et la forme a la roi<e traversee par une autre roue. La pierre de Tharsis, appelee par les Grecs chrysolithe ou pierre d'or, figurait snr le perioral du grandpretre {Exod. xxviii, 20); c'est probablement la topaze, de couleur jaune d'ambre, embleme de la lumiere divine dans tout son eclat. Vulg. , couleur d'eau de mer, ou bleu celeste.