Les hiboux; Vulg. les drag07!s
satyre, litt. le velu : dans I'opinion des anciens Juifs, les demons habitaient les lieux deserts sous la figure d'animaux impurs, de boucs le plus souvent. Delitzsch, les dei)ioiis des champs.
22. Le chacal., Vulg. le chat-hua7it. — Ses palais; il y a en hebreu, ^alineiwthav, litt. ses veiivesj on suppose qu'une erreur de copiste a mis un / k la place d'un r, et que la vraie le^on est arinenoihav, palais ou chateaux. Delitzsch, au contraire, conjecflure que le prophete aurait choisi a dessein, par ironie, le mo.t ''almenoth pour designer des palais vides, veiifs de leurs habitants. — Chiens sauvages, Vulg. syrhies.
Son temps est proche, etc. : cette fin de
verset est placee dans la Vulgate au commencement du chapitre suivant.
La ruine de Babylone est decrite ici dans un tableau unique, mais la prophetie ne s'arcomplit que par degre's, avec des phases successives. Prise par Cyrus en 538, cette ville se revolta contre Darius fils d'Hystaspe, qui la reduisit apres un long siege, en abattit les murailles et la depeupla. Alexandre le Grand lui rendit un eclat passager; mais a partir du jour ou Seleucus Nicator fonda a quelques lieues de la, sur le Tigre, une nouvelle capitale, Seleucie, I'ancienne declina rapidement. Elle finit par tomber dans un oubli si profond,que son emplacement meme fut ignore durant des siecles. Ce n'est que de nos jours qu'on a reconnu et fouille la colline de decombres qui fut la grande Babylone; le village de Hillah en occupekpeu pres le centre. Comp. Apoc. xviii ou S. Jean decrit la ruine de la Babylone occidentale, la vieille Rome corrompue.
ISAIE. Chap. XIV, i— 16.
Ch. XIV. I Car Jehovah aura pitie de Jacob,
et il choisira encore Israel ; il les retablira dans leur pays; les etrangers s'adjoindront a eux et s'attacheront a la maison de Jacob. ^Les peuples les prendront et les rameneront chez eux, et la maison d'lsrael se les appropriera,commeserviteursetcomme servantes, dans la terre de Jehovah, et ils feront captifs ceux qui les avaient faits captifs, et ils domineront sur leurs oppresseurs.
3Et au jour ou Jehovah te fera reposer de ton labeur, de tes anxietes et de la dure servitude qu'on t'avait imposee, 4tu entonneras ce chant sur le roi de Babylone, et tu diras :
Comment a fini le tyran, a cesse I'ojopression? s Jehovah a brise le baton des mechants, le sceptre des dominateurs, ^qui frappaient avec fureur les peuples de coups sans relache, qui, dans leur colere, tenaient les nations sous le joug par une persecution sans repit. 7Toute la terre est en repos, elle est tranquille, elle eclate en cris d'allegresse. ^Les cypres memes et les cedres du Liban se rejouissent de ta chute : « Dcpuis que tu es couche la, personne ne monte plus pour nous abattre! »
9Le sombre sejour dans ses profondeurs s'est emu pour venir a ta rencontre; il reveille pour toi les ombres, tous les monarques dc la terre ; il a fait lever de leurs trones tous les rois des nations. ^^Tous ils prennent la parole pour te dire : « Toi aussi, tu es dechu comme nous, et te voila semblable a nous! » ^^Ton faste est descendu dans le sombre sejour, avec le son de tes harpes ; les vers sont ta couche et la vermine ta couverture.
12 Comment es-tu tombe du ciel, astre brillant, fils de I'aurore? Comment es-tu renverse par terre, toi, le destru6leur des nations.'' ^sTu disais en ton cceur : {< Je monterai au ciel, j'eleverai mon trone au-dessus des etoiles de Dieu ; je m'assierai sur la montagne de I'assemblee des dietix, dans les profondeurs du septentrion; ^4je monterai sur le sommet des nues, je serai semblable au Tres- Haut! » — ^sTe voila pourtant descendu au sombre sejour, dans les profondeurs de I'abime!
'6 Ceux qui te verront fixeront sur toi leurs regards, ils te considereront avec attention : « Est-ce la I'homme qui troublait la terre, qui ebranlait
CHAP. XIV
1. Les vers. 1-2 annoncent le letour glorieux d'lsrael captif, et forment la transition entre la prophetic du ch. xiii et le chant de triomphe de xiv, 3-21.
Les etrangers^ des pa'iens frappds des merveilles de Dieu envers son peuple s'attacheront \ la maison de Jacob, se feront proselytes : on appelait ainsi les patens affilies ^ la religion juive -.voy. Esih. viii, 7; AH. ii, 10; xvii, 4, 17.
2. Les prendro7it par la main ou dans leurs bras. — lis feront captifs, etc. : sous cette retribution accordee a Israel, et exprimee en langage de I'Ancien Testament, il ne faut pas voir autre chose que la conversion des paiens et leur annexion au royaume de Dieu, annexion c]ui sera pour eux la source des plus abondantes be'nedictions. Comp. ix, 2-4; xi, 14, al.
4. Ce chant, un des plus beaux morceaux poetiques de I'anc. Testament ; en hebr. maschal. Ce mot signifie propr. comparai-
son, discours figure, parabole (Vulg.); il se dit ensuite de toute composition litteraire ou poetique, plus spe'cialement de la poesie sententieuse ou gnomique (proverbes,fables, enigmes). — Le roi de Babylone en general, non un roi determine. — ^oppression, Vulg. le trihiit.
8. Les cypres, ou les pins (\' ulg.). — Pour nous abattre : les Chaldeens coupaient les plus beaux arbres du Liban pour leurs grandioses constructions et pour leurs flottes.
9. Le sonib?e sejour, le sejour des morts, le scheol personnifie, s'est ami a I'arrivee d'un bote si extraordinaire. — Les ombres, Vulg. les geants ; le mot hebreu signifie propr. les defaillants, qui n'ont plus de force, comme tous les defunts dans le scheol; il a aussi le sens de geants, peut-etre parce qu'on attribuait aux ombres une grandeur surhumaine. — Tous les monarques de la terre, et parmi eux sans doute les vidlimes de la tyrannie de Babylone; ils sont invites i\ accueillir le grand roi avec tous les honneurs dus a son rang.
PROPHETIA ISAI^. Cap. XIV, i— 16.
— :i:— CAPUT XIY. — :i:—
Vaticiniiim de Judjeorum consolatione et a Babylonica captivitate liberatione, Babylonioriimque contritione, quorum ingens superbia, amplitudo dominii et crudelitas explicantur, una cum punitione Philisthinorum, ac ceterorum qui ob calamitatem Judaeorum Isetati sunt.
ROPE est ut veniat tempus ejus, et dies ejus non elongabuntur. Miserebiturenim Dominus Jacob, et eliget adhuc de Israel, et requiescere eos faciet super humum suam :
adjungetur advena ad eos, et adhasrebit domui Jacob. 2. Et tenebunt eos populi,et adducent eos in locum suum : et possidebit eos domus Israel super terram Domini in servos et ancillas : et erunt capientes eos, qui se ceperant, et subjicient exactores suos.
3. Et erit in die ilia : cum requiem dederit tibi Deus a labore tuo, et a concussione tua, et a servitute dura, qua ante servisti : 4. sumes parabolam istam contra regem Babylonis, et dices :
Ouomodo cessavit exactor, quievit tributum.^ 5. Contrivit Dominus baculum impiorum, virgam dominantium, 6. casdentem populos in indignatione, plaga insanabili,
subjicientem in furore gentes, persequentem crudeliter. 7. Conquievit et siluit omnis terra, gavisa est et exsultavit : 8. Abietes quoquetetatas sunt super te, et cedri Libani : ex quo dormisti, non ascendet qui succidat nos.
9. Infernus subter conturbatus est in occursum adventustui,suscitavit tibi gigantes. Omnes principes terras surrexerunt de soliis suis, omnes principes nationum. 10. Universi respondebunt, et dicent tibi :
Et tu vulneratus es sicut et nos, nostri similis efFectus es. 11. Detracta est ad inferos superbia tua, concidit cadaver tuum : subter te sternetur tinea, et operimentum tuum erunt vermes.
12. Quomodo cecidisti de coelo lucifer, qui mane oriebaris.^' corruisti in terram, qui vulnerabas gentes.'^ 13. Qui dicebas in corde tuo :
in coelum conscendam, super astra Dei exaltabo solium meum, sedebo in monte testamenti, in lateribus aquilonis. 14, Ascendam super altitudinem nubium, similis ero Altissimo. if;. Verumtamen ad infernum detraheris in profundum laci :
16. Qui te viderint, ad te inclinabuntur, teque prospicient : numquid iste est vir, qui conturbavit terram, qui concussit regna,
10. Toi aiissi : ces paroles sont I'expression, plutot de I'etonnement que de i'ironie.
11. Les vers, a la place des riches tapis qui formaient jadis ta couche. Ouelques interpretes font entrer ce verset dans le discours des ombres ; mais il semble peu naturel de leur faire adresser au roi de Babylone des paroles qu'elles pourraient s'appliquer aussi bien a elles-memes.
12. L\istre hrillant, auquel est compare le roi de Babylone, est I'etoile du matin, Venus, ou Lucifer, qui parait avant le lever du soleil et semble naitre de I'aurore. — Au sens spirituel, les saints Peres ont entendu ces paroles du prince des demons, le meme orgueil qui a perdu le prince des anges, a cause la ruine du roi de Babylone, que Ton doit considcrer comme ne faisant qu'une
seule personne morale avec I'ange rebelle, et tons ceux qui dans la suite des siecles feront opposition h. I'oeuvre de Dieu dans le monde. Comp. Luc. x, 18.
13. Sens : je serai I'egal de Dieu. Les Orientaux plagaient le sejour des dieux sur une montagne sacree situee dans I'extreme nord : mont Meru des Indous, al-Bordj des Perses, Olympe des Grecs. Le prophete prete au roi de Babylone un langage conforme a ses croyances ; il se regardait comme une incarnation de la divinite. Comp. /s. 47, 8; Dan. iii, 15".
15. Te voila, etc. la Vulg., iu descendfas potirtant, etc.; le chant d'Israel se fond insensiblement dans le discours du prophete, ici et dans les versets suiv. — L'abii/ie, litt. lafossej ce mot qui signifie souvent sepulcre est ici un autre nom du scheol.
ISAIE. Chap. XIV, 17—30.
les royaumes, ^7qui faisait du monde un desert, detruisait les villes et retenait dans les fers les captifs loin de leur pays? i^Toiis les rois des nations, tous, reposent avec honneur chacun dans sa maison; ^9 Mais toi, on t'a jete loin de ton sepulcre, comme un rameau qu'on meprise, convert de morts egorges par I'epee et precipites dans les flancs rocheux du sombre abime, comme un cadavre qu'on foule aux pieds.
2oTu ne seras pas avec eux dans la tombe; car tu as ruine ton pays,
tu as fait perir ton peuple! on ne nommera plus jamais la race des mediants. 21 Preparez a ses fils un massacre pour le crime de leurs peres, de peur qu'ils ne se relevent, qu'ils ne conquierent la terre et ne couvrent de villes la face du monde!
22je me leverai contre eux, dit Jehovah des armees, et j'aneantirai de Babylone le nom et le reste, la race et le rejeton, dit Jehovah ; ^set j'en ferai un nid deherissons etun etangd'eaux, et je la balaierai avec le balai de la destru6lion, dit Jehovah des armees.
Ch. XIV.
CHAP. XIV, 24 — 27. — Oracle contre I'Assyrie.
Ehovah des armees a jure en disant : « Oui, le dessein qui est arrete s'accomplira, et ce que j'ai decide se realisera. ^sje briserai Assur dans ma terre, et je le foulerai sur mesmontagnes.Alors son joug sera ote de dessus mon peuple, et son fardeau sera enleve de leurs
epaules. ^sc'est la le dessein qui est arrete contre toute la terre, et c'est la la main qui est etendue contre toutes les nations. ^zCar Jehovah des armees a decide, et qui I'empecherait? Sa main est etendue, et qui la d^tournerait?
Ch. XIV.
CHAP, XIV, 28 — 32. — Oracle sur les Phili.stins.
'Annee de la mort du roi Achaz, cet oracle fut prononce :
29 Ne te livre pas a la joie, pays entier des Philistins, de ce que la
verge qui te frappait a ete brisee; car de la race du serpent sortira un basilic, et son fruit sera un dragon volant. 30 Alors les plus pauvres trouveront leur pature, et les malheureux
17. Les captifs^ les rois vaincus. Comp. II Rois, XXV, 7, 27; II Par. xxxiii, 11.
18. Dans sa t/int'son, dans un sepulcre de faraille construit dans ses domaines ou dans sa capitale.
19. Loin de ion sepulcre, du toml)eau qui t'etait destind, ou tu devais ctre depose. — Comme ufi rameau, une brnnche fletrie qui s'est detachee de I'arbre et que personne ne tire de la poussiere; ou, comme Delitzsch traduit de preference, comme ini rejeion mal venu, inutile, qu'on arrarhe et qu'on rejette. — Da7is les flancs rocheux du sombre alnme, les assises souterraines de rocher dans les profondeurs desquelles est creuse le seiour des morts ; ici encore (comp. vers. 15) nous donnons ci bor le sens de sclieol. Le propliete nous montre le roi de Babylone tue sur le rhamp de bataille, et avec lui la multitude de ses guerriers dont les cadavres recouvrent le sien, et tous ensemble precipites sans sepulture dans le
sejour des morts. Delitzsch explique un peu autrement cette partie du verset : bor, c'est la fosse commune, la tranchee ouverte a la hate, ou Ton jette les cadavres des soldats tu^s, et que Ton comble avec des pierres ; mais le cadavre du roi n'est pas meme jugd digne de ce triste honneur; il reste 1^, foule aux pieds.
20. Avec eux, avec les autres rois. — Tu as mine ion pays par tes guerres incessantes. — On ne nommera plus, etc. : la pens^e est expliquee au verset suivant.
21. De villes et de forteresses, comme font les conquerants pour assurer leur domination.
22 sv. Conclusion ajoutee au chant d'Israel, laquelle correspond aux vers. 1-2.
23, Un diang deaux : les canaux et les digues del'Kuphrate n'etant plus entretenus faute d'habitants, la plaine de Habylone deviendra un vaste marecage.