‹ La Sainte Bible (volume 2)Chapitre 568 sur 752 · Praecepit autem rex, ut convoca · texte numérisé non relu

Praecepit autem rex, ut convoca

rus qui permit le retour des exiles. En supposant que Daniel fut age de 14 ans quand il vint k Babylone, il en aurait eu 85 quand Cyrus rendit cet edit. D'apres x, i, il vivait encore deux ans apres.

CHAP. II

I. La secondc annce. Cette indication chronologique offre quelque difficulte. En effet, des ce moment Daniel et ses compagnons nous apparaissent classes parmi les sages (ii, 13-48). Or leur admission dans cette classe (i, 18 sv.) fut pr^cedee d'une education preparatoire de trois annees (i, 5). D'ailleurs la dignite a laquelle Daniel se voit eleve (ii, 48) ne suppose-t-elle pas chez lui un age plus avance? Ces raisons ont porte plusieurs exegetes a admettre dans notre texte une erreur de copiste. Au lieu de seconde il faudrait lire douzihne annde : dans la combinaison des deux lettres qui signifient 12 le iod {^^ 10) serait tombe ; le

beih (= 2) seul serait reste. D'autres maintiennent le chiffre du texte a(5\uel. La seconde annee serait en realite la troisieme : soit que I'auteur sacre suive I'usage babylonien d'apres lequel la premiere annee d'un roi ne compte jamais ; soit qu'il n'ait voulu indiquer que les annees du regne personnel de Nabuchodonosor. — Nabtcc/iodonosor songea des songes. Vulg. : ayant eu un songe. Mais ce songe se composait en realite de plusieurs parties. De la le pluriel du texte hebreu. On peut aussi le regarder comme un pluriel de cat^gorie : pour ayant sojige. — Le so/n/ueil se retira de lid; Vulg., et son songe se retira de lui, de sa memoire ; au lieu de somnium il eut fallu sotnnus.

Le songe est une des formes de la revelation, d'autant mieux choisie dans la circonstance presente, que les Chaldeens attachaient aux songes une importance extreme, un sens prophdtique. Keil fait encore justement remarquer que ce ne fut pas le pro-

PROPHETIE DE DANIEL. Chap. II, 3—17.

lis vinrent et se tinrent devant le roi. 3Le roi leur dit : " J'ai fait un songe et mon esprit est agite, cherchant a connaitre ce songe." 4Les Chaldeens repondirent au roi en langue arameenne : "O roi, vis eternellement !

Dis le songe a tes serviteurs, et nous en ferons connaitre la signification." 5Le roi repondit aux Chaldeens, en disant : " C'est chose arretee par moi. Si vous ne me faites savoir le songe et ce qu'il signifie, vous serez coupes en morceaux et vos maisons seront reduitcs en cloaques. ^Mais si vous me dites le songe et sa signification, vous recevrez de moi des dons et des presents, et de grands honneurs ; ainsi dites-moi le songe et ce qu'il signifie." 7 lis repondirent pour la deuxieme fois : " Oue le roi disc le songe a ses serviteurs, et nous en ferons connaitre la signification." ^Le roi repondit: "En verite, je sais que vous cherchez a gagner du temps, parce que vous voyez que c'est chose arretee par moi. 9Puisque vous ne me faites pas savoir le songe, c'est que vous n'avez d'autre pensee que de preparer un discours mensonger et trompeur, en attendant que les temps soient changes; ainsi dites-moi le songe et je saurai que vous m'en au-

rez fait connaitre la veritable signification." 10 Les Chaldeens repondirent devant le roi en disant : "II n'y a pas d'homme sur la terre qui puisse faire savoir ce que le roi demande. Aussi jamais roi, si grand et si puissant qu'il ait ete, n'a demande pareille chose d'aucun lettre, astrologue ou Chaldeen. "La chose que le roi demande est difiicile, et il n'y a personne qui puisse la lui apprendre, hormis les dieux dont la demeure n'est pas parmi les mortels."

^^La-dessus le roi se mit en colere et en grande fureur, et il donna I'ordre de mettre a mort tous les sages de Babylone. ^sLa sentence ayant ete publiee, les sages etaient mis a mort, et on cherchait Daniel et ses compagnons pour les tuer. i4AIors Daniel fit une reponse prudente et sensee a Arioch, chef des gardes du roi, qui etait sorti pour mettre a mort les sages de Babylone. ^5 II dit a Arioch, commandant du roi : " Pourquoi cette sentence severe de la part du roi.'' " Et Arioch expose la chose a Daniel. ^6^1qi-s Daniel entra dans le palais et pria le roi de lui accorder un delai afin de pouvoir donner au roi I'explication. i7Aussit6t Daniel alia dans sa maison et informa de

phetehebreu, mais le roi paien,le fondateur de la premiere monarchie mondaine universelle, qui recent cette r^vdlation. Toutefois le monarque paien est incapable de la comprendre par lui-meme; ses sages ne peuvent pas non plus la lui interpreter; c'est un Israelite inspire de Dieu qui lui en donnera i'explication.

2. Les lettres, en hdbr. chartum/iiiiii, les scribes sacrcs d'Herodote, dont la fonflion etait de transcrire et d'inlerpreter les livres de magie. — Les Chaldeens^ pretres issus de la race la plus ancienne du pays; ils formaient la classe la plus consideree parmi les differentes categories de sages babyloniens (Herod, i, 171). Une 5= classe, celle des astrologues, qui annongaient I'avenir d'apres le mouvement des astres, est nommee plus loin (vers. 27).

3. A connaitre ce songe. Le roi avait-il reellement oublid le songe lui-meme? Le texte ne I'affirme nulle part. Plusieurs commentateurs pensent que Nabuchodonosor

use ici d'un artifice. S'il demande aux mages de lui raconter son songe, c'est afin de mettre a I'dpreuve leur science divinatoire, et d'avoir une solide garantie de la verite de I'explication qu'ils lui donneraient ensuite. Comp. vers. 9. — Toutefois il parait plus simple d'admettre avec S. Jerome que le roi ne se souvenait plus que tres vaguement du reve mysterieux qui I'avait tourment^. II demande aux mages de le lui reconstituer. L'explication qu'ils en donneraient aurait d'autant plus d'autorite aux yeux du monarque qu'il aurait aisement juge de leur veracite et de leur sagesse par leur premiere reponse.

4. La laui^iie araineenne, ou sj^'iaque (hebr. 'arainith), parlee en Syrie et repan^ due dans toute I'Asie occidentale, differait du dialecfle assyro-babylonien en usage a Babylone. Mais les sages de la cour devaient la connaitre, et ils auraient pu, pour une raison que nous ignorons, s'adresser au roi en aramden. Toutefois il n'est gucre

PROPHETIA DANIELIS. Cap. II, 3—17.

rentur arioli, et magi,et malefici,et Chaldasi : ut indicarent regi somnia sua : qui cum venissent, steterunt coram rege. 3. Et dixit ad eos rex :

Vidi somnium : et mente confusus ignore quid viderim. 4. Responderuntque Chaldaei regi Syriace : Rex in sempiternum vive: die somnium servis tuis, et interpretationem ejus indicabimus. 5. Et respondens rex ait Chaldaeis : Sermo recessit a me :

nisi indicaveritis mihi somnium, et conjecturam ejus, peribitis vos, et domus vestras publicabuntur. 6. Si autem somnium, et conjecturam ejus narraveritis, prasmia, et dona, et honorem multum accipietis a me :

somnium igitur,et interpretationem ejus indicate mihi. 7. Responderunt secundo, atque dixerunt : Rex somnium dicat servis suis, et interpretationem illius indicabimus. 8. Respondit rex, et ait : Certe novi quod tempus redimitis, scientes quod recesserit a me sermo. 9. Si ergo somnium non indicaveritis mihi, una est de vobis sententia, quod interpretationem quoque fallacem, et deceptione plenam composueritis, ut loquamini mihi donee tempus pertranseat. Somnium itaque dicite mihi, ut sciam quod interpretationem quoque ejus veram loquamini.

10. Respondentes ergo Chaldasi coram rege, dixerunt : Non est homo super terram, qui sermonem tuum, rex, possit implere :

sed neque regum quisquam magnus et potens verbum hujuscemodi sciscitatur ab omni ariolo, et mago, et Chaldaso. 1 1 . Sermo enim, quem tu quasris, rex, gravis est : nee reperietur quisquam, qui indicet ilium in conspectu regis : exceptis diis, quorum non est cum hominibus conversatio.

12. Quo audito, rex in furore, et in ira magna prascepit ut perirent omnes sapientes Babylonis. 13. Et egressa sententia, sapientes interficiebantur: quasrebanturque Daniel, et socii ejus, ut perirent. 14. Tunc Daniel requisivit de lege, atque sententia ab Arioch principe militias regis, qui egressus fuerat ad interficiendos sapientes Babylonis. 15. Et interrogavit eum, qui a rege potestatem acceperat, quam ob causam tam crudelis sententia a facie regis esset egressa. Cum ergo rem indicasset Arioch Danieli, 16. Daniel ingressus rogavit regem ut tempus daret sibi ad solutionem indicandam regi. 17. Et ingressus est domum suam, Ananiasque et Misaeli, et Azariae sociis suis indicavit nego-

vraisemblable qu'ils I'aient fait ; et comme c'est precisement apres les mots, en langue aramcenne, que le recit passe de la langue hebraique au dialecfle aram^en (jusqu'a la fin du ch. VII), la plupart des interpretes regardent ces mots comme une note de copiste avertissant le ledleur de ce brusque changement d'idiome.

5. Cest chose arretee, certaine. La Vulg. et les anciennes versions :La chose, \& songe, m\i echappe; de meme au vers. 8. — Coupes par morceaux, litt. vous seres faits {redttits en) niorceaux : supplice en usage a Babylone {Ezech. xvi, 40) et quelquefois chez les Juifs (I Sam. xv, 33). — RMuiies en cloaquesj Vulg. inises a Vencan. Comp. II Rois, X, 27.

9. La Vulg. traduit la F^ partie du verset ; si done vous 7ie mefaites pas savoir le songe, je parte siir vous un seul et meme jugement, savoir, que vous prepares, etc. — Eit attendant que les temps soietit change's, par e».

que le roi, distrait par d'autres affaires, ait oublie ce sujet. — Etje saurai : voy. la note du vers. 7.

12. Les sages de la ville de Baby lone ; W. n'est pas question de ceux des provinces. Cet ordre cruel n'a rien d'extraordinaire de la part d'un monarque oriental.

1 3. Les sages etaient mis a mart : la sentence commengait a s'executer. — On cherchait Daniel : il n'avait pas assiste a la reunion (vers. 3 sv.), les diverses classes de sages n'y dtant sans doute representees que par leurs chefs et leurs principaux membres.

14. Fit line reponse, etc. Vulg., sHfiforma de la loi et de la sentence. — Arioch, nom qu'il faudrait, d'apres Delitzsch, identifier avec le nom assyrien Eri-aku releve dans les cuneiformes.

16. Daniel pria le roi, par I'intermediaire de quelque officier du palais (vers. 25). Le delai demande fut accorde.

PROPHETIE I)E DANIEL. Chap. II, 18—37.

Taffaire Ananias, Misael et Azarias, ses compagnons, ^^\es engageant a implorer la misericorde du Dieu du ciel sur ce mystere, pour qu'on nc fit point peril' Daniel et ses compagnons avec le reste des sages de Babylone.

i9Alors le secret fut revele a Daniel dans une vision pendant la nuit, et Daniel benit le Dieu du ciel. ^oDaniel prit la parole et dit : " Beni soit le nom de Dieu,d'eternite en eternite, car a lui appartiennent la sagesse et la force. ^iC'est lui qui change les moments et les temps, qui renverse les rois et qui les elev^e, qui donne la sagesse aux sages et le savoir aux intelligents. 22C'est lui qui revele les choses profondes et cachees, qui connait ce qui est dans les tenebres, et la lumiere demeure avec lui. ^iC'est vous, Dieu de mes peres, que je celebre et que je loue de ce que vous m'avez donne la sagesse et la force, et de ce que maintenant vous m'avez fait connaitre ce que nous avons demande, en nous revelant I'affaire du roi. "

24Apres cela, Daniel se rend it aupres d'Arioch, que le roi avait charge de mettre a mort les sages de Babylone; il alia et lui parla ainsi : " Ne fais pas perir les sages de Babylone; introduis-moi aupres du roi,et je donnerai au roi I'explication. " ^sArioch s'empressa de faire entrer Daniel aupres du roi et lui parla ainsi : " J'ai trouve parmi les captifs de Juda un homme qui donnera au roi I'explication. " 26 Le roi prit la parole et dit a Daniel, qui s'appelait Baltassar :

" Est-ce que tu es capable de me faire connaitre le songe que j'ai eu et ce qu'il signifie.-"' ^zDaniel r(^pondit en presence du roi et dit : " Le secret

que le roi demande, ni sages, ni magiciens, ni lettres, ni astrologues ne sont capables de le decouvrir au roi.

28 Mais il y a un Dieu dans le ciel qui revele les secrets et qui a fait connaitre au roi Nabuchodonosor ce qui doit arriver a la fin des jours. Ton songe et les visions que tu as cues sur ta couche, les voici :

29Toi, 6 roi, des pensees s'elevaient en ton esprit sur ta couche au sujet de ce qui arriverait apres ce tempsci, et celui qui revele les secrets t'a fait connaitre ce qui doit arriver, 3oEt moi, ce n'est pas par une sagesse qui me soit propre, superieure a celle de tous les vivants, que ce secret m'a ete revele, mais c'est afin que I'explication en soit donnee au roi, et que tu connaisses les pensees de ton cceur.

3' Toi, 6 roi, tu regardais, et voici une grande statue, immense et d'une splendeur extraordinaire;elle se dressait devant toi, et son aspeft etait terrible. 32Cette statue avait la tete d'or fin, la poitrine et les bras d'argent, le ventre et les cuisses d'airain, 33lesjambes de fer, les pieds en partie de fer et en partie d'argile. 34 Tu regardais, jusqu'a ce qu'une pierre se detacha sans main, frappa la statue a ses pieds de fer et d'argile et les brisa. 35 Alors furent brises en meme temps Ic fer, I'argile, I'airain, I'argent er I'or, et ils devinrent comme la balle qui s'eleve de I'aire en ete, et le vent les emporta sans qu'il en restat aucune trace, et la pierre qui avait frappc la statue devint une grande montagne et remplit toutc la terre. 36Voici le songe; ce qu'il signifie, nous allons le dire devant le roi.

37Toi, 6 roi, roi des rois, a qui le

19. Dans une vision ; on ne dit pas dans tin songe : Daniel vit, etant eveille, le songe de Nabuchodonosor.

2\. C'est li/i qui preside aux revolutions qui s'accomplissent,.soit dans I'ordre de la nature, soit dans la marche des ^venements humains.

25. J\ii iroitve' : Arioch pouvait ignorer la requcte que Daniel avait adressee au

roi (vers. 16), requete qui d'ailleurs parait avoir ete presentee par un interm^diaire.

26. (2ni s'appelait lialtassar : c'est sous ce nom que le roi interpella Daniel.

28. La fin des jours, c'est la periode messianique. — Les I'isions que tu as cues, litt. /es 7'isions de ta tete.

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