Convogua par des messagers {Est/i
iii, '5)-
4. A vous, peuples, etc. : probablement formule officielle, qu'on retrouve Apoc. v, 9; xi, 9.
5. Chalumeau, la flute de Pan; ou bien fifre. — Sambuque, probablement une harpe
PROPHETIA DANIELIS. Cap. Ill, i i2.
— :i:— CAPUT III. — :i:—
Ananias, Misael et Azarias, nolentes adorare statuam quam rex Nabuchodonosor erexerat, ligati mittuntur in fornacem ignis ardentis; in qua illaesi manentes confitentur Domino, quod propter peccata suae gentis paterentur afflicftiones : et petentes ejus misericordiam, exhortantur omnem creaturam ad benedicendum Dominum : quod Nabuchodonosor animadvertens obstupuit, et illis de fornace egressis benedicit Deum ipsorum, jubens ut occidatur quisquis ipsum blasphemaverit.
ABUCHODONOSOR
rex fecit statuam auream altitudine cubitorum sexaginta, latitudine cubitorum sex, et statuit earn in campo Dura provincise Babylonis. 2. Itaque Nabuchodonosor rex misit ad congregandos satrapas, magistratus, et judices, duces, et tyrannos, et prasfedios, omnesque principes regionum, ut convenirent ad dedicationem statuae, quam erexerat Nabuchodonosor rex. 3. Tunc congregati sunt satrapas, magistratus, et judices, duces, et tyranni, et optimates, qui erant in potestatibus constituti, et universi principes regionum ut convenirent ad dedicationem statuas, quam erexerat Nabuchodonosor rex : stabant autem in conspectu statuas, quam posuerat Nabuchodo-
nosor rex : 4. et praeco clamabat va- ]enter:yobis dicitur populis, tribubus, et hnguis : 5. in hora, qua audieritis sonitum tubas, et fistulas, et citharas, sambucae, et psalterii, et symphonias, et universi generis musicorum, cadentes adorate statuam auream, quam constituit Nabuchodonosor rex. 6. Si quis autem non prostratus adoraverit, eadem hora mittetur in fornacem ignis ardentis. 7. Post hasc igitur statim ut audierunt omnes populi sonitum tubas, fistulas, et citharae, sambucas, et psalterii, et symphonias, et omnis generis musicorum : cadentes omnes populi, tribus, et linguas adoraverunt statuam auream, quam constituerat Nabuchodonosor rex. 8. Statimque in ipso tempore accedentesviri Chaldasi accusaverunt Judasos : 9. dixeruntque Nabuchodonosor regi : Rex inaeternum vive: lO.Tu rexposuisti decretum,ut omnis homo,qui audierit sonitum tubas, fistulas, et citharas; sambucas, et psalterii, et symphonias, et universi generis musicorum, prosternat se, et adoret statuam auream : 1 1 . si quis autem non procidens adoraverit, mittatur in fornacem ignis ardentis. 1 2. Sunt ergo viri Judasi, quos constituisti super opera regionis Babylonis, Sidrach,Misach, et Abdenago : viri isti contempserunt, rex, decretum tuum : deos tuos
de grande dimension. — Psalterion^ harpe plus petite. On sait que les Babyloniens avaient un gout prononce pour la musique instrumentale. Quant a I'origine grecque de plusieurs de ces noms, elle s'explique par les relations commerciales qui existaient entre les colonies grecques de I'Asie Mineure et I'Assyrie. Les produits de I'art grec, du peuple musicien par excellence dans I'antiquite, ont du arriver de bonne heure a Babylone par I'intermediaire des Pheniciens et des Tyriens.
6. Founiaise de feu ardent : que ce supplice cruel ait ete en usage chez les Chalddens, c'est ce qu'attestent les monuments du pays : comp. Jer. xxix, 22.
7. Totis les peuples : les pai'ens ne se faisaient aucun scrupuled'adorer d'autres dieux que leurs dieux nationaux; mais la religion
des Juifs excluait tout hommage religieux rendu a un autre dieu que Jehovah.
Apres psalierion la Vulg. ajoute cornemuse : ce mot aura disparu de I'original par I'omission d'un copiste.
8. Des Chaldecns, jaloux des hautes positions que des Juifs occupaient dans I'empire. Litteralement : Us iiiangereiit les viorceatix des Juifs. Expression figuree, comme en frangais : dechirer a belles dents; et en latin fainani lacerare, dente carpere etc.
12. Szdrac, etc. Daniel n'etait sans doute pas present a la ceremonie de la dedicace, soit qu'il en fut dispense par son titre de chef des mages ou par sa residence h. la cour, soit qu'il fut absent pour affaires ou pour maladie. Calmet, qui le suppose present, conjefture que son rang elevd imposa silence aux ddnonciateurs.
PROPHETIE DE DANIEL. Chap. Ill, 13—28.
^sAlors Nabuchodonosor, irrite et furieux, ordonna d'amener Sidrac, Misac et Abdenago, et ces hommes furent amcnes devant le roi. ^4 Nabuchodonosor prit la parole et leur dit :
" C'est done a dessein, Sidrac, Misac et Abdenago, que vous ne servez pas mon dieu et que vous n'adorez pas la statue d'or que j'ai dressee ! ^5 Maintenant si vous etes prets, au moment ou vous entendrez le son de la trompette, du chalumeau, de la cithare, de la sambuque, du psalterion, de la cornemuse et de toutes sortes d'instruments, a vous prostenier pour adorer la statue que j'ai faite... Mais si vous ne I'adorez pas, vous serez jetes a I'instant meme dans la fournaise de feu ardent, et quel est le dieu qui vous delivrera de ma main .'' ^^ Sidrac, Misac et Abdenago repondirent en disant au roi : " Nabuchodonosor, sur ce point, ce n'est pas a nous a te repondre. ^/Si vraiment notre Dieu que nous servons peut nous delivrer, il nous delivrera de la fournaise de feu ardent et de ta main, 6 roi. ^^ Sinon, sache, 6 roi, que nous ne servirons tes dieux et que nous ne nous prosternerons pas devant la statue d'or que tu as dressee."
i9Alors Nabuchodonosor fut rempli de fureur, et I'aspeft de son visage fut change envers Sidrac, Misac et Abdenago. Reprenant la parole, il
ordonna de chauffer la fournaise sept fois plus qu'on n'avait juge convenable de le faire, -°et il commanda a quelques-uns des plus vigoureux soldats de son armee de Her Sidrac, Misac et Abdenago et de les jeter dans la fournaise de feu ardent.
2iAlors ces hommes, avec leurs tuniques, leurs robes, leurs manteaux et tous leurs vetements furent lies et jetes dans la fournaise de feu ardent.
22Comme I'ordre du roi etait pressant et la fournaise extraordinairement chauffee, la flamme de feu tua les hommes qui y avaient jete Sidrac, Misac et Abdenago. 23 Et ces trois hommes, Sidrac, Misac et Abdenago tomberent au milieu de la fournaise ardente, tout lies.
Ce qui suit, je 7ie Vai pas trouve dans les livres /u'breiix.
24 Et ils marchaient au milieu de la flamme, louant Dieu et benissant Ic Seigneur. 25 Et Azarias se levant fit cette priere; ouvrant la bouche au milieu du feu, il dit :
^^Soyez beni, Seigneur, Dieu de nos peres; votre nom est digne de louange et de gloire a jamais. 27 Car vous etes juste dans tout ce que vous nous avcz fait, et toutes vos oeuvres sont vraies, vos voies droites et vos jugements equitables.^sCar vous avez rendu des jugements equitables dans tous les maux que vous avez fait ve-
14. A desseitt, de parti pris, avec reflexion, et non par oubli ou inadvertance; ou bien : c^est done avec mepris. Vulg. est-il vi'ai que. hyi^i, poii}qiioi...? — Mon dieu, Bel-Merodach. D'autres, avec la Vulg., nies dieux.
15. Que fai faite : le roi n'acheve pas sa phrase (comp. Luc, xiii, 9); sous-entendu : vous ^chapperez au supplice. Cette suspension n'existe pas dans la Vulg., qui traduit : prosternez-vous et adores, etc.
16. Au roi : " Nabuchodonosor : telle est la ponfluation du texte massoretique. Le grec et la Vulg. : mc roi Nabuchodonosor, etc. — Sur ce point, savoir, si notre Dieu nous delivrera ou non, nous ne pouvons rien affirmer; Vevenement repondra pour nous.
17-18. Si notre Dieu petit : le si porte non sur la puissance absolue de Dieu, mais sur sa puissance au sens moral, en tant que dc-
terminde k agir par sa saintete et sa justice. Lesjeunes H^breux ne se permettent pas de garantir qu'ils seront delivres; en reponse a I'affirmation de Nabuchodonosor, nut dieu ne peut, ils se contentent de s'en rapporter au fait tel qu'il va se passer. Mais s'ils ignorent les desseins de Dieu a leur egard, ils connaissent leur propre devoir envers lui : quoi qu'il puisse arriver, ils ne scrviront pas les dieux du roi (vers. 18). — Sinon, si telle n'est pas sa volonte.
Les anciennes versions et plusieurs interprctes modernes ir^dvuseint-.car notre Dieu... peut 7iflus delivrer; au fond, le sens reste le meme.
19. Sept fois : ici, comme souvent ailleurs, ce chiffre designe la pleine mesure, le niaxiniuin. — Qu^on }i\xvait juge convenable, car des la publication faite par le heraut (vers.6),
PROPHETIA DANIELIS. Cap. Ill, 13—28.
non colunt, et statuam auream, quam erexisti, non adorant.
13. Tunc Nabuchodonosor in furore, et ira prascepit ut adducerentur Sidrach, Misach, et Abdenago :
qui confestim adducti sunt in conspectu regis. 14. Pronuntiansque Nabuchodonosor rex, ait eis : Verene Sidrach, Misach, et Abdenago deos meos non colitis, et statuam auream, quam constitui, non adoratis? 15. Nunc ergo si estis parati, quacumque hora audieritis sonitum tubas, fistulas, citharas, sambucas, et psalterii, et symphonias, omnisque generis musicorum, prosternite vos, et adorate statuam, quam feci : quod si non adoraveritis, eadem hora mittemini in fornacem ignis ardentis :
et quis est Deus, qui eripiet vos de manu mea? 16. Respondentes Sidrach, Misach, et Abdenago, dixerunt regi Nabuchodonosor : Non oportet nos de hac re respondere tibi. 17. Ecce enim Deus noster, quem colimus, potest eripere nos de camino ignis ardentis, et de manibus tuis, o rex, liberare. 1 8. Quod si noluerit, notum sit tibi, rex, quia deos tuos non colimus, et statuam auream, quam erexisti, non adoramus.
1 9. Tunc Nabuchodonosor repletus est furore : et aspectus faciei illius immutatus est super Sidrach,
Misach, et Abdenago, et prascepit ut succenderetur fornax septuplum quam succendi consueverat. 20. Et viris fortissimis de exercitu suo jussit ut ligatis pedibus Sidrach, Misach, et Abdenago mitterent eos in fornacem ignis ardentis. 21. Et confestim viri illi vin6li cum braccis suis, et tiaris, et calceamentis, et vestibus missi sunt in medium fornacis ignis ardentis. 22. Nam jussio regis urgebat : fornax autem succensa erat nimis. Porro viros illos, qui miserant Sidrach, Misach, et Abdenago, interfecit flamma ignis.
23. Viri autem hi tres, id est, Sidrach, Misach, et Abdenago, ceciderunt in medio camino ignis ardentis, colligati.
QncE sequiintur in Hebrceis volumiiiibtis fton reperi.
24. Et ambulabant in medio flammas laudantes Deum, et benedicentes Domino. 25. Stans autem Azarias oravit sic, aperiensque os suum in medio ignis, ait :
26. Benedictus es Domine Deus patrum nostrorum, et laudabile, et gloriosum nomen tuum in sascula :
27. quia Justus es in omnibus, quas fecisti nobis, et universa opera tua vera, et vias tuae rectae, et omnia judicia tua vera. 28. Judicia enim vera fecisti juxta omnia, quas indu-
la fournaise ^tait dejk chauffee, pour montrer que le chatiment suivrait de pres la d^sobeissance. Vulgate, qii'on avait coutunie.
20. La fournaise avait probablement une ouverture par le haut; elle avait aussi, sur le cote, une porte grillee qui permettait de voir a I'interieur (vers. 92).
21. Avec leiirs tuniques, vetement de dessous; Vulg. , leurs caleqons; mais il ne parait pas que les Babyloniens en portassent {Herod, i, 195). — Leurs autres vcicmetiis, tels que chaussures, turbans. Ainsi ces dignitaires de I'empire furent jetes au feu dans leur costume officiel; mention est faite de ce detail en vue du vers. 94.
23. Tout lies : la repetition de ce mot prepare delies du vers. 92.
Ce qtn sjiii, etc. : Dans cette note, compldtee par celle qui vient apres le vers. 90,
S. Jerome fait observer qu'il n'a pas traduit le morceau suivant (vers. 24-90), sur le texte arameen, perdu de son temps, mais qu'il I'a emprunte a I'antique version faite sur le grec de Theodotion qui, lui, avait eu certainement sous les yeux la redacflion originale ou arameenne.
24. Ce verset, qui manque dans le texte original acfluel, et qui pourtant semble necessaire pou r rattacher le vers. 23 au vers. 9 1 , est un fort indice en faveur de I'authenticite de tout le morceau.